‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 43 sur 166 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

3. Procès-verbaux de l’Académie, t. VI, P. 23,33, 34. — Le » juillet de la même année, Aved était délégué avec Frontier pour aller visiter Jouvenet, qui était malade. Op. cit., t. VI, p. 32.

au Salon de 1746. Nous ne connaissons pas le portrait de M. de Moëtlien', ni celui de Madame Poisson de La Chabeaussière ?, femme de l'avocat, ami de Rousseau et d’Aved, dont il avait exposé le portrait au Salon de l’année précédente. Il en est de mème pour ceux du père de Linières > et de Crébillon!, mais, fort heureusement, ce dernier avait été gravé et nous pouvons au moins connaître sa disposition générale.

Crébillon est debout, dans un cabinet de travail sommairement meublé, entre une cheminée et une table qui porte quelques-uns de ses ouvrages. Il est vêtu d’un manteau étroit, bordé d’hermine. Sous une vaste perruque, le visage, tout en méplats, parait comme martelé. L'œil est petit et fixe. Des rides profondes sillonnent le front et les joues. La physionomie exprime la finesse, la ténacité. Le cadre austère convient bien à cet auteur convaincu de sombres tragédies, dont la carrière fut simple, pauvre et digne.

Le critique du Mercure de France déclare que ce portrait est un de ceux qui font le plus d'honneur au peintre et l'un des morceaux les plus frappants du Salon *. Mais la modération d'Aved, si conforme au caractère du modèle, n'avait pas été du goût de tout le monde. Lafont de Saint- Yenne, préludant à cette critique d'art « littéraire » que Diderot devait plus tard pratiquer, regrettait que ce portrait fût si calme. Il eût voulu voir le poète, en proie à l'enthousiasme sacré, réciter en gesticulant quelque beau morceau de ses tragédies f. Le temps de la peinture mélodramatique n'était pas encore venu. Aved, comme les bons artistes de son temps et de tous les temps, sut se contenter d'être peintre et non dramaturge ou comédien.

Le « P. Liniers » du Livret doit être le Père Claude Tachereau de

. Catalogue, n° 77. Voir p. 43 et 69. . Exposition de... 1746. Mercure de France de 1746. Bibl. Nat., Estampes, Coll. Deloynes, t. 47, ps 6. LA FONT DE SAINT-YENNE, Réflexions. avec un examen des... ouvrages exposés... 1746. Bibl. Nat., Estampes, Coll. Deloynes, t. Il, p. 151-152.

LA R Vs D

Linières, jésuite, confesseur du Roi. Il était mort le trente et un mai 1 746 :. Le peintre avait-il exécuté ce portrait auparavant ou l'a-t-il composé à l'aide de documents ? Quels rapports existérent entre cette toile et l’autre portrait du P. « Linières » qui figurera au Salon de 1750 *? Il est bien difficile de le savoir.

En 1747, Aved présentait M. de Villiers, secrétaire du Contrôleur général, dans son bureau, tenant l’{liade?, et Rüigoley de Juvigny, avocat au Parlement, appuyé sur les œuvres de Cicéron 4. Ces tableaux lui faisaient honneur, nous assure un critique ÿ.

L'année suivante, c'était, à côté du portrait d'un échevin ‘, celui du duc de Chevreuse, lieutenant-général 7, gendre de ce duc de Bisaccia qu'Aved peignait en 1737°. Enfin, trois portraits de femmes : Marie- Anne de Laval-Montmorency, tout récemment mariée au duc de Corswaren ?, et deux dames anonymes, l’une les mains dans son manchon ‘, l'autre appuyée sur son balcon ".

Le portrait du duc de Chevreuse est encore conservé par ses descendants, au château de Dampierre. Le duc est placé de face, devant un fond de paysage, la main droite appuyée sur la hanche, la gauche reposant sur un casque. Il est vêtu d’un habit bleu brodé d’or et porte une cuirasse d'acier, barrée par le cordon bleu, que dépasse le bord de velours rouge du plas-

tron. La perruque est courte et plate. Le visage, vivant et ouvert, exprime

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