‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 44 sur 166 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

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son profil; la bouche est comme rentrée, donnant au visage une expression de douceur et d’humilité extrèmes. Des cheveux blancs, un peu raides, s'échappent d’une calotte ronde et tombent sur le cou. Cette figure ascétique et douce fait penser aux modèles de Philippe de Champaigne.

Aved exposait en même temps les portraits de Madame Brion prenant du thé ‘ et du marquis de Cambis *. Pour ce dernier, le livret indiquait que la tête n'était pas du peintre, ce qui s'explique si l’on songe que M. de Cambis, ambassadeur en Anpleterre, était mort à Londres dix ans auparavant ? et que l'artiste n'avait pu qu'utiliser un ancien portrait pour faire le sien.

Avons-nous beaucoup perdu en ne conservant pas ces toiles? Les éloges assez froids qu'en font les critiques du temps nous en feraient douter. Le comte de Caylus seul assure que les portraits peints par Aved ont paru cette année « aussi beaux que les années précédentes ». Baillet de Saint-Julien Juge, pour sa part, Aved plus monotone et plus froid que Tocqué ‘. Quant à Grimm, c'est pire encore. Il l'accuse de faire ressembler ses portraits mais « en laid et en dur », d’avoir une couleur « âcre, tirant sur le noir et la brique », un pinceau « lourd, dur et sec », de ne savoir « ni fondre, ni finir »°. Il est vrai qu'un peu plus loin, notre critique déclare que le coloris des chairs de Nhattier est « fort mauvais, plombé, gris, tirant à l'encre de Chine, à la brique et au noir ».

L'identité de ces reproches à deux peintres dont la couleur est si différente en fait voir le peu de sérieux. Aved, en réalité, n'avait pas moins de valeur, mais peut-être une évolution s’était-elle faite autour de lui. Nous avons dit quelle était en France, au début du dix-huitième siècle, la vogue du portrait. Or, vers 1750, la situation avait peu à peu changé. Le succès de la peinture

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