‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 52 sur 166 · Procès-verbaux de l'Académie, t. VI, p · texte numérisé non relu

Procès-verbaux de l'Académie, t. VI, p

sue

Au Salon de 1753 Aved exposait quatre portraits : le comte du Luc: Sauveur-François Morand, membre de l'Académie des sciences, secrétaire de l’Académie de chirurgie * ; le père Jean-Marie Maubert, ancien supérieur des religieux Théatins, propriétaires de la maison où le peintre habitait depuis 1731: enfin le portrait d’une jeune fille costumée en laitière donnant à boire à un petit enfant ‘.

Nous ne connaissons aucun de ces tableaux, mais ce salon de 1753 a été étudié par de nombreux critiques. Une rapide revue de leurs écrits nous renseignera sur les œuvres évanouies... tout en nous inspirant quelque scepticisme : il est assez amusant de voir certains d’entre eux reprocher avec amertume à notre artiste l'absence de qualités que d’autres le louent avec enthousiasme de posséder au plus haut degré.

Nous devons à Lafont de Saint-Yenne une vue d'ensemble des envois du peintre qui demeure fort précieuse pour nous :

« On a exposé au Sallon, dit-il, plusieurs bons portraits de son pinceau, tel est celui de M. le comte du Luc, dans lequel on à cependant remarqué que les teintes du bas du visage, éclairé par les reflets de sa cuirasse, n'ont pas toute la vérité et la force qui y devroient être, défaut très léger et qui est bien effacé par les beautés qu'on y trouve. On y voit encore de la même main un portrait en grand du sieur Morand, célèbre dans la chirurgie, peint en chevalier de l’ordre de Saint-Michel, et décoré du grand cordon de cet ordre extrêmement apparent. Plusieurs personnes ont trouvé que la perfection de la ressemblance n'épalait pas celle de la beauté du portrait.

« Je pense, mon cher Monsieur que vous n'aurez point confondu avec les autres têtes celle d’un Théatin qui est singulière en beauté et de la même

main. Le pinceau ne sauroit donner plus de vérité et de vie que celle que

1. Catalogue, n° 31. — Aved était en relations d’affaires avec lui. L'inventaire dressé après son décès mentionne un contrat d’une rente de 750 livres, au principal de 15.000, à lui due par le comte du Luc. Pièce justificative VIII.

Page 1