‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 51 sur 166 · Nouvelles d'Amsterdam, 19 décembre · texte numérisé non relu

Nouvelles d'Amsterdam, 19 décembre

le portrait de sa femme et le sien’. On peut penser qu'il prèta à Aved toute l'assistance possible. Mais cette affaire délicate ne pouvait être réplée que par les intéressés eux-mêmes.

Le premier janvier 1753, en présentant au nouveau directeur des Bâtiments, M. de Vandières, ses vœux pour la nouvelle année, Aved montre de l’optimisme ee ne sçais pas précisément, dit-il, le tems que je resterai encore icy parce que la princesse royale n'a point encore fini avec moy. Ces trois répétitions dessinées pour leurs hautes puissances sont placées et Jay tout lieu d’être satisfait de la façon dont ils ont agi avec moy. Quant à Son Altesse Royale, j'attends toujours les ordres pour sçavoir si elle me veut renvoyer ou faire peindre le jeune prince et la princesse Caroline, qui voudroit bien que ce fût dès à présent et qu'on n’attendit point à un autre tems. De mon côté je voudrois bien aussi que la Cour voulüt se décider promptement afin de ne pas perdre mon tems et mon argent... ? »

Sans doute, Aved exprime ici sa satisfaction des égards personnels qu'on

gnés car il ne fut jamais payé. Dans l'inventaire dressé après

son décès, sa veuve fait figurer, parmi les créances non recouvrées, les hono-

lui avait témoi

raires dus au peintre pour le tableau original et ses copies, sans d’ailleurs

en indiquer le montant, Heureusement, ce n'était pas le plus clair de l'actif 5.

1. Catalogue, n° 13 et 14. Les deux tableaux portent au dos, d’une écriture ancienne : « Peint par Avcd 1740.> Mais, en raison du costume ture de Mme de Bonnac, nous croyons ces portraits un peu postérieurs. Voir plus haut, p. 64.

3. « Plus, déclare ladite dame veuve Aved, qu'il est dù l’honoraire du tableau original et des différentes copies faites par ledit feu sieur Aved et par ses élèves sous ses yeux, du portrait du défunt prince stathouder; depuis le décès du dit feu sieur son mari, elle a fait des diligences pour parvenir au recouvrement desdits honoraires, auprès du prince stathouder régnant, dont elle ignore quel sera le succès. » Pièce justificative VIII. Nous nous étions informé en Hollande des traces qu'avaient pu laisser dans les comptes le paiement fait à Aved ou ses réclamations. De la réponse qu'a bien voulu nous faire le directeur des Archives royales qui, très aimablement, a fait faire pour nous les recherches nécessaires, il résulte que les archives de la maison royale de Hollande ne contiennent rien à ce sujet. Un examen serupuleux des comptes de la période du prince Guillaume et de la gouvernante sa femme ayant montré que les affaires de cette nature passaient au Conseil des princes, qui administraient leurs revenus, on a cherché aux archives du royaume, dans les résolutions, ordonnances et correspondances de ce Conseil. Le résultat a été négatif. Aved se plaignit sans doute à Paris du retard apporté à son paiement, car Mariette écrit : « Le dernier stathouder le fit venir à La Haye pour faire son portrait, qui réussit, mais qui, par rapport au payement, occasionna des tracasseries qui n'eurent point de fin et qui faisaient le sujet continuel des plaintes du peintre. > MARIETTE, Abecedario,

CNP

Le cinq janvier 1753, la gravure du portrait fut mise en vente chez le libraire de Hondt :.

Le vingt février, les Régents de la corporation des peintres de La Haye, réunis en corps, déclarèrent Aved Maître et membre honoraire de la Chambre des peintres de la ville. Le mème jour, on lui envoyait un extrait de cette délibération en lui rappelant sa promesse *. Il ne remercia, en s’excusant de son retard, que le vingt-neuf juin ?. Il paya les droits d'entrée et les frais ‘.

Les documents hollandais affirment qu’il n’envoya jamais la toile promise. Ce serait à une vente publique, à Paris, que les Régents de la Chambre auraient acheté le portrait de Guillaume IV, peint par lui, qui, depuis, orna le lieu de leurs réunions *. Nous devons constater pourtant qu'aucun portrait du Stathouder peint par Aved ne semble avoir figuré dans une vente parisienne.

Après cette tentative malheureuse pour commencer une carrière offcielle, Aved, de retour à Paris, dut reprendre ses travaux ordinaires et préparer

son « Salon » de 1753. -

Le trois mars, l’Académie l’envoyait, en compagnie de Massé, pour prendre des nouvelles de Tocqué, alors malade ‘.

r. « Le magnifique portrait de feüe S. A. S. Mr le prince d'Orange et de Nassau... peint par M. Aved, peintre de S. M. T. C. ct gravé avec autant d'art que de délicatesse d’après le tableau original de ce célèbre peintre, se trouve à La Haye chez P. de Hondt, libraire. » Nouvelles d'Amsterdam, 5 janvier 1753. C'était sans doute la gravure d'Houbraken, qui est datée de 1753.

2. Manuscrit de Pierre Terwesten, secrétaire de la Confrérie des peintres de La Haye, cité dans une lettre à M. Cournault de M. B.-W.-F. Van Riemsdyk, directeur du Rijks-Museum de La Haye (4 avril 1903). KRAMM (Chr.), De levens en werkens der bollandsche.… kunstschilders.… au mot Aved. — Délibération du 20 février 1753, signée de P. Terwesten, publiée par A. Bredius dans le « Boeken der Haagsche Schilders- Confrerye ». OBREEN, Archief voor Nederlandsche Kunstgeschiedenis, Rotterdam, 1881-82, in-8°, 4° partie, p. 114.

4. Le 7 juillet 1768, la confrérie réclamait à Ziesenis les droits d'entrée. Il allégua qu'il avait été invité et que, par conséquent, il pensait n'avoir rien à payer. Mais on lui répondit que tous les Hollandais payaient et que, même, M. Aved qui venait de France, avait payé, BREDIUS (A.), article publié dans Oud Holland, 1901, p. 177.

Page 1