RU LE PEINTRE AVED
ment, avec un grand souci de la ressemblance, plaisaient au public par leur fini et leur touche délicate. Aved ne pouvait donc recevoir de lui qu’un solide enseignement des procédés et des traditions du métier. Il put imiter son appli-
cation, sa conscience. Îl gardait ainsi le meilleur des qualités de son maître.
Le deux août 1725 « Jacques-André-Joseph Camelot Aved, peintre, fils de défunt Jean-Baptiste Aved, médecin en la ville de Douay, et de damoiselle Marie-Marouerite Magotot, son épouse, ses père et mère, demeurant à Paris, rue de l'Université », et « damoiselle Anne-Charlotte Gaultier de Loizerolles ‘, majeure, fille de Jean-Jacques Gaultier de Loizerolles, capitaine réformé à la suite, de Bezançon, et de feue damoiselle Jeanne Angely, ses père et mère », signèrent, devant maître Lorimier, notaire au Châtelet de Paris, le contrat de leur mariage.
Ce contrat établissait entre les futurs époux la communauté de biens jusqu’à concurrence d’une somme de 3.000 livres, le surplus des biens et des acquêts demeurant propre à Anne-Charlotte Gaultier. Aved constituait à sa femme un petit douaire de 2.000 livres. Le préciput en faveur du survivant n’était que de 500 livres. Enfin tous deux se faisaient mutuelle donation de l’usufruit, leur vie durant, de la totalité de leurs biens. Ces dispositions montrent que l'artiste ne disposait, dans le présent, que de médiocres ressources, les chiffres cités étant des plus modiques. Une dernière clause, qui a été ajoutée à l'acte, d'une autre écriture, achève de le prouver. En voici la teneur :
« À ce faire étoient présens et sont intervenus M° Jean Heine Arlons, officier de M. le prince de Lambesc, et dame Marie Gaultier de Loizerolles, son épouse, authorizée dudit sieur son mary à l'effet des présentes, demeurant à Paris, rue des Saints-Pères, paroisse Saint-Sulpice, ladite dame
Loizerolle sœur de ladite demoiselle future épouse, lesquels, en considération
r. Loiserolles (Côte-d'Or), 20 habitants, commune de La Bussière-sur-Ouche. Dictionnaire des Postes, 1913. — C'est le seul dictionnaire géographique où nous ayons trouvé mention de ce hameau qui devait être, au xvin° siècle, un lieu-dit, où Jean-Jacques Gaultier, père de la future épouse, pouvait avoir une propriété.
et en faveur dudit futur mariage, se sont obligés et s’obligent par ces présentes, solidairement l’un pour l’autre, un d'eux seul pour le tout, de nourir seulement lesdits sieur et demoiselle futurs, dans leur demeure susdite, pendant le tems de trois années consécutives et à leurs frais et dépens, et commencer du jour de la célébration dudit mariage, sans que lesdits futurs puissent prétendre des présentes ny dédommagement en raison de ce, en cas de séparation de leur part avec lesdits sieur et dame Ârlons. » Suivaient les signatures : J.-A.-]. Aved, À. C. Gaultier de Loiserolle et Marie Gaultier de Loizerolle, Hein Arlon, M. Duchemin de Saint-Martin, Gautier de Saint-Edme, J. Junot, Edme Junot, Junot :.
Il est probable qu'Aved, brouillé avec sa mère, dont le consentement n’est même pas mentionné au contrat, avait sollicité de sa future famille l'aide matérielle dont il avait besoin pour atteindre sa majorité. C'est seulement à ce moment, sans doute, qu il pouvait disposer de ses biens. L'âge de la majorité parfaite, nécessaire pour pouvoir contracter, était en général, en France, de vingt-cinq ans. ÂAved, le deux août 1725, avait vingt-trois ans, six mois et quelques jours. Un délai de trois ans lui donnait exactement le temps d'attendre l’âge requis et de réaliser ce qui pouvait lui revenir.
Le mariage fut célébré, en l'église Saint-Sulpice, le vingt-quatre août suivant. L'acte, que Jal a publié en partie, ne fait qu'ajouter, aux renseignements que nous avons déjà, quelques précisions : la mariée avait trente ans et son père demeurait à Epoisses, au diocèse de Langres *. Par ailleurs, nous savons qu'il avait été capitaine au régiment de Rouergue ?. Les époux
habitèrent rue de l’Université 1.
1. Voir le texte du contrat de mariage. Pièce justificative II.