CHAPITRE CINQUIÈME
VED compte au nombre de ces artistes dont l'œuvre a effacé a personnalité. Nous avons vu précédemment qu'il n'était pas toujours facile de suivre sa vie alors que les expositions de ses portraits
le mettaient en contact forcé avec le grand public. Maintenant que cessent ses œuvres datées notre tâche sera plus difficile encore et les résultats en seront rapidement exposés.
Notre portraitiste, s'il n'exposait plus, ne se désintéressait pas des arts. Il ne renonçait pas aux honneurs officiels que, depuis longtemps, il convoitait : logement au Louvre, pension. À chaque occasion il renouvelait ses sollicitations. Le succès de son Maréchal de Clermont-Tonnerre, exposé au Salon de 1759, n'était pas épuisé quand, apprenant la mort de l’horloger du Roi, Julien Le Roy, il demanda aussitôt son logement au Louvre. Il écrivit à
ce sujet, le vingt-deux septembre 1759, desa maison de Saintry *, à M. de
on LE PEINTRE AVED
Vandières, devenu marquis de Marigny . Mais le directeur des Bâtiments lui apprit, en l'engageant à patienter, que le logement était donné aux deux fils de l'horloger *.
C'est, peut-être, vers l'année suivante, 1760, qu'il patronna, à l'École de l’Académie royale, trois Jeunes peintres : Mosny, François Perdery et Jean Stouf le jeune. Cette même année, une de ses élèves, Mademoiselle Hallet ou Allais exposait place Dauphine à l« Exposition de la jeunesse », le jour de la petite Fète-Dieu, le portrait d’une dame faisant de la tapisserie, qui lui valut des éloges ?.
En 1761, toujours assidu à ses fonctions d’académicien — les procèsverbaux montrent qu'il assistait à presque toutes les séances —— il faisait partie du comité chargé d'examiner les ouvrages qui devaient être exposés au Salon. Le trente avril, il sollicitait le logement que la mort du graveur en médailles Jean Duvivier laissait vacant au Louvre. Mais, comme celui de Julien Le Roy, cet appartement fut attribué au fils aîné du défunt, Benjamin Duvivier 5.
Sur la vie privée d’Aved, les renseignements sont, bien entendu, encore plus'rares que sur les quelques actes publics qu'il pouvait accomplir. C'est un heureux hasard qui nous a conservé le souvenir d'un après-midi qu'il avait passé avec le peintre Casanova ‘, le graveur Marcenay de Ghuy?, le chevalier Damery, officier aux gardes, grand collectionneur de tableaux, d’estampes et de curiosités naturelles *, et le graveur Wille, qui note ainsi
le fait dans son journal :
1. M. de Vandières devint marquis de Marigny par lettres patentes de septembre 1754. MARQUISET (À), Le marquis de Marigny, Paris, 1918, in-8°, p. 57.