Catalogue, n
2. Catalogue, n° 73. — Piron fut en rapports avec J.-B. Rousseau (voir plus haut, p. jo) et avec Rameau, avec qui il travaillait pour le théâtre de la foire. PRODHOMME, Écrits de musiciens, p.320.
expressive, la physionomie de ses modèles. Mais la conception générale de ses œuvres, de celles de Largillière, de De Troy, est toujours grandiose, théâtrale. La pose du sujet, les vêtements aux plis lourds qui le vètent, les tentures, les meubles qui l'encadrent, tout est grand, magnifique, mais un peu convenu.
Aved, au contraire, dédaigneux de l’effet, de l'accessoire, cherche avant tout la vérité, la réalité physique et psychologique. Pour voir l'intérèt d’une œuvre semblable à l’époque où elle parut, il suffit d'ouvrir n'importe quel manuel de l’histoire de l’art. Tous marquent avec raison l'importance de l’œuvre de Chardin, qui renoue la tradition française d’exactitude et de conscience sans prétention. Ce qu'a fait Chardin, Aved l’a fait en même temps que lui. L'importance qu'on attribue dans notre art à Chardin, il faut donc bien en donner sa part à Aved,
Nous ne voulons certes pas établir ici un palmarès, donner des rangs et des places. Pourtant, il ne faut pas méconnaitre l'utilité du rôle de notre portraitiste. Il a su se soustraire à une tradition de portrait « officiel » qui durait depuis près d’un siècle et, par cela même, il a rendu ses droits au portrait « psychologique ». Un La Tour, qui ne lui doit rien mais qui, dans l’ordre du temps vient à peine un peu après lui, ne fera que le suivre dans cette voie. Si son influence directe a peut-être été médiocre, puisque ses élèves : Mademoiselle Bouchot, Mademoiselle Allet, Antoine Lebel, n’ont guère fait parler d'eux, il a indirectement, par la réaction qu'il a aidée à commencer, rendu grand service à l’art français.
Il faut noter d’ailleurs que si son art marque une réaction, elle est tout inconsciente. Rien dans sa vie ne peut laisser soupçonner qu'il ait eu un système, une théorie exclusive. Il n’a été qu'un peintre. En d’autres temps, un artiste qui offre avec lui certains traits de ressemblance, Philippe de Champaigne, avait lui aussi, réagi contre les tendances de certains de ses contemporains qui, à la suite de Rubens et des Italiens, sacrifiaient
tout aux sens, à l'apparence. Mais il semble que son attitude était voulue,
réfléchie. Sa croyance avait guidé son art. Janséniste, il opposait sa foi austère au paganisme renaissant.
Chez Aved rien de semblable. S'il s'oppose à ses prédécesseurs, à ses contemporains, c'est simplement parce que son tempérament, son talent l'y obligeaient. Il a utilisé l’art des maîtres des deux écoles, combinant le style des Français et la franche vigueur hollandaise. S'il n’a pas eu d’illumination géniale, il a su montrer de la force aussi bien que du charme, et son œuvre traduit le goût inné de la vérité, de l’ordre, de la composition, de la mesure, qui étaient en lui.
Ce sont là des qualités que, depuis longtemps, on s'accorde à reconnaître au génie de la France. C'est avec leur aide qu'il a servi notre art.
Peu de peintres sont plus Français que ce Flamand.
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