ŒUVRE DE REMBRANDT
Îl faut aussi regretter que le Catalogue de la vente d’Aved ne donne pas le détail des estampes qu’il possédait. Elles devaient être intéressantes : un témoignage contemporain nous apprend en effet qu'un moment il posséda un bel œuvre de Rembrandt.
Voici ce que dit un amateur inconnu, dans des remarques manuscrites, faites en 1755, et placées en tête d'un catalogue de vente :
« M. Pond à Londres peintre et graveur à l’eau-forte, de tres bon-gout, ayant tres-bien imité les desseins de Rembrandt, est mort en l’année 1758. Il avait rassemblé en plusieurs années une superbe œuvre de Rembrandt. Celle que M. Remy a envoyé à M. Major, habille graveur en cette ville, qu'il avoit vendü à cet amateur, était tres ample et fort belle, ayant nombre de pièces de la première rareté, elle venoit de M. Aved célèbre peintre de portraits, qui s’étoit fait un vray plaisir de la rassembler, n°y ayant même rien épargné pour la rendre autant choisie et complette qu'il luy a été possible >.
(Catalogue de l'incomparable collection et la seule complette des Estampes de Rembrant, avec toute leurs variations… Recueilli depuis l'an 1728 jusqu’à présent, par M. Amadée de Burgy, dont la vente publique se fera dans s4 maison d La Haye, lundi le 16 juin 1755, par Pierre Gérard van Badlen... — Bibliothèque Nationale. Cabinet des Estampes. Catalogues annotés. Yd. 31. Pages manuscrites non numérotées placées en tête. — Cité par Georges DUPLESSIS. Gazette des Beaux-Arts, 1875, 2° période, tome 11, p. 480.)
À ces renseignements nous pouvons ajouter les suivants :
& Il semble que Rémy, surtout dans le début de sa carrière, se soit occupé du commerce des estampes. Nous avons relevé sa signature avec la date 1749 sur quelques très belles estampes anciennes, notamment de Rembrandt. Ces dernières faisaient peut-être partie du riche œuvre de ce maître que Rémy avait obtenu du peintre Aved et qu’il avait envoyé en Angleterre à Major (notice ms. dans le cat. Amadée de Burgy, 1755, du Mauritshuis à La Haye). Thomas Major (le graveur, 1720-1700), qui s'occupait de la vente de dessins et gravures, en céda évidemment à Pond, car nous avons relevé la signature de Rémy, en compagnie du cachet d’Astley, qui possédait, vers 1760, la collection de Pond. Il est possible aussi que Pond ait été un des acheteurs dans la vente que Major fit faire à Londres, chez Langford, le 17 janvier 1751 et 5 soirs suivants... Walpole (Anecdotes, 1762) raconte que Pond vendit sa belle collection d’estampes à un amateur de Norfolk, et ajoute : « They have since been sold by auction »; il fait ainsi allusion à la vente Sir Edward Astley, des 25 mars 1760 et huit soirs suivants. Cet amateur avait acquis de Pond, avec d’autres belles estampes, l’œuvre superbe de Rembrandt rassemblé par Pond avec le plus grand soin au cours d’un grand nombre d’années. Il y avait là nombre de pièces qui provenaient de l’ancienne collection Six, peut-être du bourgmestre même, l'ami de Rembrandt. Pond avait obtenu ces pièces choisies et rarissimes, directement ou indirectement, du graveur Jac. Houbraken qui fut, à ce qu'il paraît, l'acheteur de l’œuvre gravé de Rembrandt dans la vente Willem Six en 1734. Pond acheta aussi, au graveur Thomas
Major (1720-1799), qui les tenait lui-même de Rémy, de très beaux Rembrandt, provenant du peintre Aved. »
(Frits LUGT, Les marques des collections de dessins et d’estampes.… — Amsterdam, 1920, in-8°, p. 405 et 375:)
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