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CHAPITRE III

jÇnatomie superficielle du corps humain

Définition

L’ anatomie (du grec àvaxo^, qui signifie dissection) est la science qui a pour objet l’analyse des corps pourvus d’organes, que ces corps appartiennent au règne végétal ou au règne animal.

L’anatomie des animaux est la seule dont la connaissance soit directement utile au peintre, et même cette anatomie se réduira pour lui au corps humain, envisagé non au point de vue multiple de ses fonctions, mais simplement au point de vue de sa structure.

L’étude des os est plus indispensable peut-être que l’étude des muscles, en ce sens que, ne variant pas dans leurs formes, ils peuvent déterminer les longueurs et par conséquent les proportions.

Donc, connaître aussi bien que possible le squelette humain , la forme, la dimension relative, et le rôle de chaque pièce dont il se com-

pose ; voir ensuite les principaux muscles superficiels (.le la tète et de la lace qui participent aux diverses expressions du visage (consulter pour une étude plus approfondie les traités spéciaux), voilà ce qui intéresse avant tout l'artiste, ce qui lui est strictement nécessaire.

C’est cette partie de l'anatomie que je vais essayer de présenter ici sous la seule forme pratique et instructive, je veux dire à l’aide d'une série de dessins accompagnés de légendes explicatives.

Nombre des os

Pour le nombre des pièces osseuses composant, le squelette humain, Sappey s'exprime ainsi :

« Le dénombrement des diverses pièces qui « entrent dans la formation du squelette est « facile, si l'on choisit le moment où il a acquis « tout son développement et où il ne présente « encore aucune trace d’altération sénile. Nous « verrons, en effet, que la plupart de ces os se « développent par plusieurs points; ces os, qui, « parvenus à leur évolution complète, représen- « teront une seule pièce, sont donc formés pri- « mitivement de plusieurs pièces distinctes ; si « l'on procède alors à leur énumération, on arri- « vera à un chiffre trop élevé. D’une autre part,

« lorsque les os sont entièrement formés, ils « tendent à se souder entre eux ; à un âge « plus avancé, cette énumération donnera, par « conséquent, un chiffre trop faible ; de là les « résultats différents qui ont été mentionnés par « quelques anatomistes.

« C’est de vingt-quatre à vingt-cinq ans que « le squelette arrive au terme de son développe- « ment: A cette époque, il se compose de cent « quatre-vingt-dix-huit os ainsi répartis :

« Colonne vertébrale . 24

« Sacrum et coccyx . 2

« Crâne . 8

« Face . 14

« Os hyoïde . 1

« Côtes et sternum . 25

« Chaque ex trémité supérieure . 32= 64

« Chaque extrémité inférieure . 30= 60

Total . 198

Il résulte, d'après ce que dit le grand anatomiste, que le nombre des os composant F ensemble du squelette peut varier selon F âge du sujet, et qu’un jeune homme aura à son actif une certaine quantité de pièces en plus qu’un vieillard, parce que ces pièces n’auront pas encore été soudées entre elles.

Le mieux est donc de prendre comme moyenne l’âge de vingt-quatre à vingt-cinq ans qu'indique

Sappey, et de se baser scrupuleusement sur les ch i lires qu’il a trouvés.

Division du squelette

Le squelette humain est ordinairement divisé en trois parties distinctes : le tronc , les membres , la tête.

Nous examinerons successivement chacune de ces trois parties.

Le tronc.

Le tronc est la partie centrale du corps humain.

Il comprend: la colonne vertébrale, le thorax ou poitrine, le bassin.

première partie du tronc ou colonne vertébrale. — La colonne vertébrale est une tige osseuse allant de la tête au sacrum, et formée de vingt-quatre os appelés vertèbres. Les vertèbres prises dans leur ensemble peuvent être considérées comme l’étui protecteur de la moelle épinière qui passe au centre de chacune d'elles.

Les vertèbres se divisent, suivant la position qu elles occupent, en trois groupes distincts : les cervicales, les dorsales , les lombaires.

Les vertèbres cervicales , au nombre de sept, occupent la région supérieure de la colonne, le cou.

Les dorsales , au nombre de douze, occupent la région intermédiaire, le dos.

Face dorsale Face laéf

Les lombaires , au nombre de cinq, occupent la région inférieure, celle des lombes.

La première vertèbre cervicale, celle qui est placée au sommet de la colonne et qui confine à la tête, se nomme atlas. C’est elle qui supporte

immédiatement la tête. Elle est plus grande que les six autres. Elle s’articule avec la base du crâne. C’est elle qui permet à la tête les mouvements en avant et en arrière.

Les mouvements de gauche et de droite sont commandés par la deuxième vertèbre, qui se nomme axis.

L’ensemble de la colonne vertébrale repose directement sur le sacrum , qui se termine luimême par un petit os pointu appelé le coccyx ififf- 67).

On compte en moyenne 13 centimètres pour la région cervicale ; 30 pour la région dorsale ; 18 pour la région lombaire ; 12 pour les régions sacrée et coccygienne ; ce qui produit, de l’atlas au coccyx, une longueur de 73 centimètres.

Chez la femme, la longueur moyenne de la colonne vertébrale est de 60 centimètres.

deuxième partie du tronc ou thorax. — C’est une espèce de cage osseuse destinée à contenir et à protéger le cœur et les poumons.

Le thorax occupe la partie antérieure et supérieure du tronc.

Il est formé : en avant et au milieu, par le sternum; latéralement, par les côtes; en arrière, par les vertèbres dorsales.

Les côtes sont au nombre de vingt-quatre, dont douze à gauche et douze à droite.

On les distingue en côtes sternales ou côtes vraies, et côtes asternales ou fausses côtes.

Les côtes sternales ou vraies sont les sept premières en comptant de haut en bas (fig. 68 et 69).

Elles s’articulent en arrière avec les vertèbres dorsales, et, décrivant une série de sept arcs iné-

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