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CHAPITRE XII

Un mot sur /es figures et les têtes d’hommes et d’animaux appliqués à la décoration

A toutes les époques, les artistes ont cherché dans la tête, dans le corps humain, dans les animaux, des motifs de décoration, et comme, aux origines les plus reculées de tous les peuples, les artistes étaient des prêtres, presque toutes leurs œuvres d’art se trouvèrent concentrées dans les édifices religieux, et eurent pour principal objet le culte des divinités. De là tant d’efforts pour frapper l’esprit par des sculptures et des images. De là vient aussi que les pièces archéologiques qui sont arrivées jusqu’à nous sont presque toujours des vestiges de religions disparues (t fig . 153).

Les terribles divinités de l’Inde qu’on voit encore dans les immenses temples souterrains creusés

dans le roc; les antiques monuments de l’Egypte {fig. 154,155), ses colosses éternels, ses sphinx mystérieux ; les masques tragiques et comiques, les

vases peints, les gouttières des temples, les urnes

Fig. 153. — Figure décorative.

funéraires, les médailles, les idoles, etc., qui

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Fig. 154. — Pilastre dont le cha- Fig. 155. — B’igure gigantespiteau est formé par une que ( colosse ) datant de tête de femme. 2.000 ans avant J.-G.

nous sont parvenus en sont la preuve1 (fîg. 156).

Mais l’époque qui, peut-être, fournit les plus curieux exemples, c’est le moyen âge avec le roman, et surtout le gothique.

Les artistes d’alors semblent avoir cherché,

Fig. 156. — Bas-relief : Groupe de travailleurs (emblème).

comme dans l’antiquité, non seulement à faire de l’art exclusivement décoratif, mais encore, et surtout, à agir sur l’imagination.

Dans ces temps de foi profonde et de croyances

1. Les numéros 154, 155, 156, 157, sont tirés du remarquable ouvrage de Prisse d'Avennes.

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exaltées, s’élèvent de toutes parts, à la glorification du christianisme, ces cathédrales et ces chapelles splendides, merveilles incomparables qui

nous confondent, tant par la puissance et la beauté de la forme, que par l’abondance et la prodigieuse diversité des motifs.

E Tout, dans l’art gothique, devient sujet d’ornementation.

Voyez à Notre-Dame de Paris, ces contreforts extérieurs : ils soutiennent les murailles de la

Fig. 158. — Tête décorative.

nef; eh bien! les architectes, ne pouvant éviter cette dure nécessité de leur mode de construc-

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tion, ont été assez habiles pour que ces énormes buttes de pierre, loin de nuire par leur lourdeur à sa beauté, concourent, par la combinaison savante

Fig. 1o9 et 160. — Têtes décoratives.

de leurs lignes, à la grandiose harmonie de l’édifice.

Sans empiéter sur le domaine de l’architecture, regardez seulement les monstres de pierre qui se penchent dans le vide, à tous les étages ; ce sont,

comme chacun le sait, de simples gargouilles des-

Fig. 162. — Médaille.

tinées à déverser les eaux pluviales le plus loin possible, pour éviter, au pied des murailles, les

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