‹ Le peintre de Salzbourg: Les meditations du Cloitre. Adèlé. Thérèse-AubertChapitre 12 sur 26 · LE PB1RTBE · texte numérisé non relu

LE PB1RTBE

je sentis que le souffle de sa bouche m*avoit glacé. Je me détournai , et je pensai voir mon père , — non tel qu'il me paroissoit jadis, — mais d'une forme vague et sombre; pâle, défigure, l'œil enfoncé , la prunelle sanglante, et les cheveux épars comme un petit nuage $ puis il s'éloigna , devenant à chaque pas moins distinct , et décroissant dans l'obscurité , comme une lumière prête à s'éteindre. Je voulus m'élancer pour le suivre ; mais , au même instant, cette lumière , cette voix, ce fantôme , tout s'évanouit avec mon rêve , et je n'embrassai que les ténèbres.

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Le 23 octobre.

Puisqu'il est vrai que , dès le commencement de ce court passage de la vie , tout ce que nous ayons tu autour de nous ne nous a laissé que des regrets , heureux le sage qui s'enveloppe de son manteau . qui s'abandonne à son esquif, et qui ne tourne plus les yeux vers le rivage ! — Mais ce courage difficile ne m'a pas été donné.

. Je m'étonne moi-même des irrésolutions de mon cœur et de l'aveugle facilité avec laquelle il embrasse tous les jours d'autres chimères. Tout ce qui a une apparence de nouveau^ le séduit , parce qu'il ne sait rien de pire que son état ordinaire, et qu'il se fie au changement. Il veut des émotions inégales et distraites , une manière d'être diverse et fortuite , parce qu'il a observé qu'il gagnoit plus sur ce qu'il laissoit au hasard que sur ce qu'il donnoit à la prévoyance. Telle est pourtant son inquiétude, qu'au milieu des agitations qu'il cherchoit il

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désire encore le repos, uniquement, peut-être, parce que le repos est autre chose que ce qu'il éprouve habïtueflement; mais il ne tarde pas à se fatiguer du repos lui-même. Il ne voit le bonheur que loin de lui ; et dès qu'il croit Fa voir vu quelque part, û brise , pour atteindre à ce point , les nœuds qui rattachaient ailleurs; plus heureux , du moins , crtl pouvoit les briser tous I — Qu'arrive-t-iï, cependant? Avant que la route qui nous mène au but désiré soit parcourue à demi, le prestige cesse et le* fantôme- »*ènveie, en se jouant de nos espérances. Dieu me préserve d'exister long-temps de cette manière!

Me rapprocher o"Eulafîe ? — disow-je ee matin: — oui, vivre près d'elle ? habiter eè die habite? respirer Fair qu'elle respire? — Et, depuis ce temps-là, toril ce que je vois ici m importune*

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