‹ Le peintre de Salzbourg: Les meditations du Cloitre. Adèlé. Thérèse-AubertChapitre 18 sur 26 · LIS MÉDITATIONS · texte numérisé non relu

LIS MÉDITATIONS

la succession des heures le fatigue ; les soins minutieux qui l'obsèdent , l'importunent et le révoltent ; ses propres facultés lui sont à charge , et il maudit , comme Job , l'instant où il a été conçu*

Chancelant sous le poids de la tristesse qui l'accable, il s'assied au bord de sa fosse; et dans l'effusion de la douleur la plus amère , il élève ses yeux vers le ciel, et demande à Dieu si sa providence l'abandonne.

Si jeune encore et si malheureux , désabusé de la vie et de la société par une expérience précoce , étranger aux hommes qui ont flétri mon cœur , et privé de toutes les espérances qui m'avoient déçu , j'ai cherché un asile dan» ma misère, et je n'en ai point trouvé.

Je me suis demandé si Pétât actuel de la civilisation était si désespéré, qu'il n'y eut plus de remède aux calamités de l'espèce , et que les institutions les plus solennellement consacrées par le suffrage des peuples eussent ressenti l'effet» de la corruption universelle.

Je marchois au hasard , loin dès Chemins fréquentés ; car j'évitois la rencontre de ceux que la nature. m% donnés pourfrères, et je craignois

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que le sang qui copiait de mes pieds déchirés ne leur dételât mon passage.

Au détour d'an sentier creux , dans le fend d'une vallée sombre et agreste, j'aperçus un vieil édifice d'une architecture simple, mais imposante, et le seul aspect de ce lieu fit descendre dans mes sens le recueillement et la paix»

Je parvins au-dessous des muraille» antiques, en prêtant une oreille curieuse aux bruits de* celte solitude , et je n'entendis que le vent, du nord qui grondoit faiblement dans les cours in* térieurcs , et le cri des oiseaux de proie qui plar noient sur les tours. Je ne trouvai au~dedan# que des portes rompues sur leurs gonds rouilles , de grands vestibules où les pas de l'homme n'avoient point laissé de traces et des cellules désertes. Puis , descendant par des degrés étroits , à lalumtère d'un soupirail, dans les souterrains du monastère , je m'avançai lentement parmi les débris de la mort dont- ils étoient encombrés ; et pressé de me livrer sans distraotion au trouble vagueet presque doux que m'inspiroit la solennité de ce& retraites , je m'assis sur les aisd'un cercueil détruit.

Quand je vins à me rappeler ces associations

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vénérables que je devois voir si peu de temps et regretter tant de fois ; quasd je réfléchis sur cette révolution sans exemple qui les avoit dévorées dans sa course de feu, eomm&pour ravir aux gens de bien jusqu'à l'espoir d'une consolation possible; quand je me dis, dans l'intimité de mon coeur : Ce Heu seroit devenu ton refuge , mais on ne t'en a point laissé ; souffrir et mourir, voilà ta destination ! Oh l comme elles m'apparurent belles et touchantes, les grandes pensées qui présidèrent à l'inauguration des cloîtres , lorsque la société passant enfin des horreurs d'une civilisation excessive aux horreurs infiniment plus tolérables de la barbarie , et dans cette hypothèse où le retour de l'état de nature et même du gouvernement patriar- ' cal n'étoit plus que la chimère de quelques esprits exaltés , des hommes d'une austère vertu et d'un caractère auguste érigèrent , comme le dépôt de toute la morale humaine , les premières constitutions monastiques.

Ces hospices conservateurs forent autant de monuments dédiés à la religion , à la justice et à la vérité.

La manie de la perfectibilité , d'où dérivent

io tiftètac. Hit

Unies ne» déviasitaH et todtt» nu erreur*, étoit déjà près de renaître $ le ttum de alldif se polieer peut-être esKiore uw fois* Toutes les petfsée» ftéirivcnsés, toutes le» s)fféet»e*e primitive» attoieni s'eflada? encore, et 'de» s#H* tajres tibeeur» l'avaient prêt*.

Modestes et saènmes dans lent voeaiftofft 4 ils n'aspirent qu'à nous conserver 1* tradition dm bean nierai i perdu dans le reste dé l'univers*

Celai qni étoit riche tint dé 4es bien» le patrie 1É6ÎM dès pauitrau

Celui qui étoit puissant, et tpn imposait autour de lui des ordres nriekable* , se revêt dta rtdéciHoe, et entré atee soumission dans le* voie** qva liii sont prescrite».

Celui qui ééoil bridant d'Jnuoer et de désirs renoncé aux plaisirs . promis, et creuse an abîme entre son cœur 1 et le etevr de la créature.

Le moindre sacrifice du plus feibié de» ce* •naehorète* feroit la gloire d'un héros.

Eitinhinon» cependant srveb wne sornpale&se attention ce que cette milice sacrée ponvoit avoir de si révoltant pour les sages de notre

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siècle , et par quais crimes d'humbles cénobites s'attirèrent cette ammadversion furieuse , unique dans les annales du fanatisme.

C'étotent des anges de paix qui s'adonnaient dans le silencede la solitude à la pratique d'une morale excellente et pure ; et quineparoissoient au milieu des hommes que pour leur apporter quelque bienfait*

Leurs loisirs mêmes étoient roués à la prière et à la charité.

Us dirigeoient la conscience des pères; ils présidoient à l'éducation des enfants ; ils protégepient , comme les fées , les premiers jours du nouveau-né ; ils appeloient sur mi les dons du ciel et les lumières de la foi. Plus tard , ils guidoientses pas dans les sentiers difficiles de la vie; et quand elle touchoit à son période suprême, ils soutenoient ce débile voyageur dans les avenues du tombeau et lui ouvraient l'éternité.

Qu'on ne dise plus que le malheureux est un anneau brisé dans la chaîne des êtres. » - '

Le pauvre , expirant 'sur. la paille, étoit du moins entouré de leurs: exhortations et de leurs secours.

Ils enchantoient de leurs consolations l'a-

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