‹ Le peintre de Salzbourg: Les meditations du Cloitre. Adèlé. Thérèse-AubertChapitre 19 sur 26 · VU CLOÎTRE · texte numérisé non relu

VU CLOÎTRE

gonie des malades et la tristesse des prisonniers. .

Ils embrassoient tons les affligés d'une égale compassion. • Lear rive charité s'infonnoit moins de la faute que* du malheur ; et si l'innocent leur étoit cher , le coupable ne leur étoit point odieux. Le Crime aussi n'a-t-il pas besoin de pitié!

. Quand la justice ayoit choisi une viticme , et que le patient, abandonné de toute la terre , s'avançoît lentement vers son échafaud , il retrouvoit à ses côtés ces divins émissaires de la religion , et ses yeux près de s'éteindre lisoient dans leurs yeux résignés la promesse du salut.

Leurs fastes modestes s'enrichissoient toutefois des plus illustres souvenirs. Ils avoient vu de puissants monarques abdiquer la pourpre devant leurs autels, et ils gardoient , dans leurs reliquaires , le sceptre d'Àmédée et la double couronne de Charles-Quint. -

• Ils avoient donné des chefs au monde chrétien; à l'église, des pères et des orateurs; à la vérité , des interprètes et des martyrs.

Leurs • fondateurs étoient des élus que Dieu avoit inspirés; leurs réformateurs, de coura-

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geux enthousiastes que l'infortune avott instruits.

C'est an milieu 4'enx que inifrit le génie de cet AJrailard , doptt la inépioive est liée À toms les sentiments 4e piété et d'amour.

C'est dans Voh$qurité cle leur» cellules que Rajiçé cacha sçs regret? * e t <F*P <*t «iprfc ingénieux , qui avoit deviné à douze ans le* beautés délteatej* 4'4naoréon t exntnr W»f a WlWWflat , à l'âge déplaisir, 4?* anrt^téa4ont OQti» foi" blesse s'étonne.

Enfin , leurs habituai , lf &j?» moufs » et j*a qw'fi| jours vêtement*, participaient du <ear*^ tèjre nohle et sévère 4p lw «WW».

fresque. pontewpOTajna du vrai euHe, tour qrjgine remontait d'ailleurs aux essénfona de h Syrie , aux thérapeutes du lac Mp3F)s,

Les déserts de l'Afrique et de V Asie parjoiept 4e leurs grottes et de leurs thébeldes*

lis vivoient en coinfnun comme le peupla 4e Lycurgue , et se traitement 4e frères comme les jeunes guerriers thébains,

Us a voient des. remèdes comme les psylfoi, et des secrets comme lçs prêtres 4'feil»

Quelques-uns s'abatenojflBt 4e b» çbfûr in

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ajiiiaauji et de l'usage de la parole , oonuoe les élèves de Py thagore. Il y en avoit qui portaient la tuaiquo et le boamit 4ea phrygiens , et d'autre qui oeignoient leur» rçm, ftProme ta hommes de» ancien* jours*

Les ord*ea da fcmwea ne prés*mt<>ie*t pas des harmonie* moins merveilleuses-

Leur vie étottclmsfte comme oelle de* Muse*.

Elles chantoient d'une ypi» mélodieuse» et bar bitoient de* lieux retirés , comme elle*.

Certaine* avaient des voile* et des bandeau somme les vestale* , ou des robes traînante* comme les veuves romaines 9 ou des oasqftee et des armures eomme les filles sannate s.

Qn en Yoypit qui prenoient soin des petits entants délaissé*, comme autant de nouvelles mères donnée* par la Providenoe , et d'autres qui panaoisnt le.s blessures des bravos , comme fea prinqesse* dea siècles héroïquaa et les «Mie* laines de» vieilles guerres.

Elles gandoient la mémoire des Bfloïaa et des Chantai, dea Louise al des La Valliàre* elles eitoient les noms de ptasteam filles , de plusieurs amantes de rois qui avaient échangé parmi elles les atours du faste et les illaaim» de

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la volugté contre la bure et les travaux de la pénitence.

Enfin, plus j'approfondis l'histoire de ce»

moines si décriés , pins l'étendue de leurs travaux m'impose d'admiration et de respect.

Chevaliers de la foi à Rhodes et à Jérusalem ; holocaustes de la foi chez les idolâtres ; conservateurs des lumières dans tout& l'Europe, et propagateurs de la morale sur le* deux hémisphères ;• artistes et lettrés à la Chine; législateurs au Paragnai; instituteurs de la jeunesse dans les grandes villes , et patrons des pèlerins dans les bois; hospitaliers sur le montSaint-Qernard, et rédempteurs des captifs sous le froc delà Merci , je ne sais si les torts qu'on leur reproche pourraient balancer tant de services ; mais il m'est démontréqu'une institution parfaite seroit contradictoire à notre essence, et que s'il est vrai* que les associations monastiques ne soient pas elles-mêmes sans inconvénients , c'est parce que le génie du mal a imprimé son sceau à toutes les créations humaines.

- Qu'espérais-tu donc dates orgueilleuses tentatives , novateur séditieux ? -anéantissement ou perfection ? Le premier de ces desseins est

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peut-être un crime ; le second n'est à coup sûr que k plus vaine et la plus dangereuse des erreurs. Porte , si tu le veux, le flambeau d'Érostrate dans l'édifice social* mon cœur est assez aigri pour t'appronver ; mais puisque le ciel a touIu que nous habitassions une terre imparfaite , où rien n'est achevé que la douleur , n'essaieplus désormais , aux dépens de l'expérience de tous les temps, ces réformes partielles qui ne doivent servir de monuments qu'à ta nullité.

Eh quoi ! ils ont analysé le coeur de l'homme , ils en ont sondé tontes les profondeurs , ils en ont étudié tous, les mouvements , et ils n'ont pas pressenti une seule de ces occasions trop nombreuses , pour lesquelles la religion avait inventé les cloîtres l Terreurs d'une âme timide qui manque de confiance dans ses propres forces ; expansion d'une âme ardente qui a besoin de s'isoler avec son créateur; indignation d'une âme navrée qui né croit pi us au bonheur; activité d'une âme violente que la persécution a, aigrie , affaissement d'une âme usée que le désespoir a vaincue , quels spécifiques opposentils à tant de calamités? Demande* aux suicides.

Voilà une génération tput entière à laquelle

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les événements politique» ont tenu lieu de Fëduçatioa* d'AehBte* Ellq a eu pour aliments la moelle et te sang des lion» ; et maintenant qu'tta gouvernement qui ne laisse rien au hasard , et qui fixe l'avenir (i), a restreint le développement dangereux de ses facultés j maintenant qu'on a tracé autour d'elle le cercle étroit de Fopilius, et qu'on lui a dit, comme le Tout-Puissant aux flots de la mer ; Vous ne passerez pas ces. limites , sait-en ce que tant de passions oisive» et d'énergies réprimées peuvent produire 4e funeste l aa&en combien il est près de s'ouvrir au crime, un cœur impétueux qui s'est euvert à F ennui i Je le déclare avec amertume , avec effroi? lie pistolet dé Werther et la hache des bourreaux meus ont déjà décimés !

Qtm eixtatfioit sa ifeva, Et vous sW«ui»« ass ctoinuss.

Paix sans mélange aux heureux de la terre !

mais malédiction à qui conteste tm asile è l'infortune 1 n fut sublime le premier peuple qui consacra au nombre de ses institutions un heu

( i) Il est inutile de rappeler au lecteur qne ceci a été écrit sema le règpe de napoléon.

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