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ÉPREUVES PARTICULIÈRES ET TRÈS RARES DE QUELQUES PLANCHES DE WATERLO

On a de plusieurs planches gravées par Waterlo des épreuves premières, où il y a moins de travail de burin.

D'ANTOINE WATERLO.

et qui sont en même temps avant certains petits changements postérieurement ajoutés par notre artiste. Ses estampes ayant été sans doute déjà fort recherchées dès leur apparition, il est possible qu'il se soit trouvé dans le cas de retoucher plusieurs de ses planches, la plupart d'entre elles ayant été ordinairement gravées d'une pointe extrêmement délicate. Il est possible de même, que ces épreuves ne soient que de ces épreuves d'essai dont les artistes n'ont guère coutume de faire tirer qu'un très petit nombre d'exemplaires. Quoiqu'il en soit, il est très certain que ces épreuves premières sont si rares, que chacune d'elles peut être considérée comme presque unique. Du moins l'auteur de ce catalogue n'en a-t-il jamais vu deux d'une même planche.

Ces sortes d'épreuves exigeant en quelque sorte une catégorie toute particulière, nous n'avons jugé à propos, ni de les mettre dans la classe des premières épreuves, ni d'en faire mention dans le catalogue à leurs numéros respectifs. Déclarées comme premières, elles pourraient avoir l'inconvénient de rabaisser injustement au second rang toutes les épreuves, même les plus vigoureuses, tirées après les changements souvent très favorables à l'ensemble, que Waterlo y aurait ajoutés.

Nous ne saurions déposer ici le nombre exact des planches dont il existe de telles épreuves particulières; nous n'en avons vu que onze pièces. Voici les marques distinctives auxquelles on peut les connaître.

A. Épreuve de Nr. 55, qui diffère des épreuves ordinaires en ce qu'au lieu de deux arbres qui sont vers le milieu du devant, il n'y en a qu'un seul.

B. Épreuve de Nr. 57. Elle diffère des épreuves ordinaires en ce que l'arbre presque privé de feuilles, qui est au devant de la droite, a deux branches sèches de moins. Ce sont celles dont l'une, qui s'élève, sort du rameau qui est au milieu du bas du tronc, l'autre, qui s'incline, sort du tronc même, au-dessous du rameau.

C. Épreuve de Nr. 84. qui est d'une grande douceur et bien différente des épreuves ordinaires tirées de la planche, après que Waterlo en eut trop chargé de burin les demi-

ŒUVRE

teintes. On la connaît à la forme des herbes qui sont, sur le devant, au bas du groupe des quatre arbres et du saule. La moitié gauche de ces herbes, en avant du premier des quatre arbres, est plus basse que l'autre moitié, au lieu que dans les épreuves ordinaires ces herbes sont toutes de la même hauteur, et s'inclinent les unes vers les autres.

D. Épreuve de Nr. 86. beaucoup moins chargée de burin. On la reconnaît à ce qu'il y manque une branche de l'arbre qui est au sommet d'une colline près du bord gauche de l'estampe. On voit cette branche ajoutée en ligne oblique au-dessus de la rupture du tronc, et à la droite des trois autres qui sortent du rameau principal.

E. Épreuve de Nr. 98. moins chargée de burin. Voici comment on la connaît. Le rocher escarpé, qui est surmonté d'un bâtiment carrée, a deux angles. Au bas de celui qui est le plus avancé, est une double cascade. L'autre, au milieu de l'estampe, est divisé en trois sections dont la plus éloignée est en même temps la plus ombrée. C'est à cette troisième section du coin du rocher qu'on distingue la première épreuve d'avec la seconde. Au lieu de se prolonger jusqu'au bas, en ligne parallèle avec la seconde section, elle ne s'étend, dans la première épreuve, qu'à mi-hauteur de la seconde.

F. Épreuve de Nr. 106. dans laquelle il y a plusieurs petits endroits que Waterlo a depuis couverts d'ombres légères pour mieux réunir les tons. On la reconnaît aux deux arbres plantés sur une butte qui est au milieu du devant. Celui de ces arbres qui est à gauche, n'a pas les branches sèches qui dans les épreuves ordinaires sortent vers le bas du tronc.

G. Épreuve de Nr. 108. Le travail de l'eau-forte y est d'une si grande délicatesse qu'il ne s'accorde pas tout-àfait avec les coups de burin que Waterlo y a ajoutés depuis avec un peu trop de franchise. On reconnaît cette première épreuve à ce que l'arbre qui s'élève au milieu de l'estampe, près du coin de la haie, n'a point ces petits rameaux pendants qui descendent de la droite de son tronc

D'ANTOINE WATERLO.

presque jusqu'aux petites feuilles dont son pied est garni aux deux côtés.

H. Épreuve de Nr. 113, où le lointain à gauche est moins terminé au burin. On la reconnaît à ce qu'une des parties du terrain entrecoupé, qui se trouve vers le fond de la gauche de l'estampe, n'y est ombrée que d'une simple taille, au lieu que dans l'épreuve ordinaire cette même partie est couverte d'une contre taille.

I. Épreuve de Nr. 114. Ce morceau a été gravé d'une pointe si délicate, et l'eau-forte y a si peu mordu, que la planche ne pouvait guère fournir un grand nombre d'épreuves. Ce qui a sans doute engagé Waterlo, à la retravailler presqu 'entièrement au burin. On reconnaît cette première épreuve à ce que les deux petits arbres qui sont dans le fond, près du bord droit de la planche, n'ont point de feuilles.

K. Épreuve de Nr. 116, moins chargée de burin dans toutes ses parties. L'arbre tronqué et peu feuillu sur le devant à droite est tout-à-fait sec, et on n'y voit pas les branches qui sortent au bas du tronc, à la hauteur du petit bâteau qui est dans l'eau. De plus, le groupe d'arbres qui est sur la pointe du bord opposé de l'eau, ne consiste qu'en deux saules et un arbre élevé, au lieu que dans les épreuves ordinaires on trouve aussi le tronc d'un quatrième arbre.

L. Épreuve de Nr. 118. Elle est moins chargée de burin. On la reconnaît par l'arbre isolé à haute tige, qui est à gauche vers le devant. Le milieu du tronc de cet arbre est privé des petites branches sèches qu'on distingue au nombre de six dans l'épreuve ordinaire, savoir une à la gauche et cinq à la droite. De plus, le floquet d'herbe au bas du tronc ne sy trouve point.

Ces quatre planches faisant partie d'une même suite,

il est vraisemblable qu'il existe aussi des deux autres de

semblables épreuves également moins retravaillées au burin;

mais nous n'avons pas eu occasion de les rencontrer.

D'ANTOINE WATERLO,

Vto. de l'œuvre

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