La Conversion de St. Paul
Anciennes gravures, d'après Jean Duvet.
4. Le Serpent d'dirain. Riche composition gravée par Estienne cle Laulne. In-foL obi.
5. Le Jugement dernier. Pièce exécutée d'après un tableau à Fhuile pour l'église des Minimes à Vincennes et qui se trouve actuellement dans la Collection du Louvre. Gravée sur cuivre par Peter de Jode le Vieux, sur douze feuilles, formant une estampe de 4 pieds de hauteur.
6. LesCyclopes. Cinq cyclopes et un enfant sont occupés autour d'une enclume. A gauche, un sixième cyclope fait jouer le soufflet, tandis qu'un de ses compagnons apporte du charbon. Sur le devant, à gauche, est assis un enfant, qui tient près de lui une urne très-ornée. A côté de lui, une pierre où on lit l'inscription :
Leonar. Galter. fecit 1581. ji-4 et plus bas, CVM. PRL REG., puis, sur un mur près du soufflet :
Johann Cusinus. Senon. Inv.
Claude Corneille de Lyon. 263
Ê . Lugd. Bv^. 1547.
Claude Corneille de Lf on (!)
(BarUch IX. 44. Robert-Dumesnil VI. 7.) Dumesoil croit pouvoir expliquer le monogramme composé de deux C en Tattribuant au petnire Claude Corneille de Lyon, tandis que celui formé par les lettres B. A. serait le chiffre de Timprimeur Balthasar Ârnoullet de la même ville, qui puMia en 1546 le livre des portraits des rois de Franee dont notre maître aurait gravé les &S pièces signées, la plupart, de son monogramnie. Ce livre ^t intitulé: Epitomes des roys de France en Latin et en Francoys, avec leurs vrayes Figures.
Fortis adversis opponite pectoro rébus.
Lugdunt, Balthasar Arnoullet, 1546. Petit in-4^ Ces portraits ont dû être exécutés en 1545 et là pièce du Jugement dernier porte la date de 1547. Ces dates s'accordent, du reste, avec celles de l'époque où vivait Claude Corneille et ne peuvent que corroborer l'opinion de Dumesnil. Félibien, dans ses „Entretiens'^ etc. Vol. IlL p. 118, s'exprime sur le compte de notre maître contme suit: „Corneille natif de Lion, a fait aussi quantité de portraits sous les règnes de François ï, Henri II, François II et Charles IX. Brantosme dans ses Mémoires') estime beaucoup un tableau où il avoit peint Catherine de Medicis avec ses deux filles ; et dit que cette Reine prit grand plaisir à regarder cette peinture, un jour qu'étant à Lion, elle alla voir chez Corneille les portraits de tous les grands Seigneurs et des Dames de la Cour, dont il avait une chambre remplie.'^
1) Cette édition, avec le titre gravé sur cuivre, est la plus rare. Oii< trouve plus coaimoDéinent edle avec le titie iroprinké Epi tome gestorum LVIII Regum Franciae etc. Lyon, B. ArnoulJel MDXLVI. Une édition postérieure porte le titre: „Gronique sommaire traitée des faits héroiques de tous les roys de France et des personnes et choses mémorables de leur temps. Lyon, Glermont Baudin, 1570", avec 61 portraits, c'est-à-dire, 59. Henri II avec le chiffre CL. entrelacé, 60. François II, 61. GhaHes IX. Ges portraits paraissent avoir été exécutés par un autre graveur. Noos avons déjà eu occasion de mentionner que les portraits des premiers rois ont été empruntés k l'ouvrage de Jean Bouchet, de Poitiers, 1531.
2) Vie des Dames illustres. Oeu^TCS complètes. Paris 1823. Vol. V. p. 33. Le Gte. Léon de Laborde cite le passage en entier et croit que celte visite eut lieu en 1570.
264 Ecole Française de gravure durant le XVl. Siècle.
Leis gravures de Corneille sont, la plupart du tempi, traitées d'une manière fort légère et accusent la main d*un peintre. Sa manière est toute française dans le style de Técole de Fontainebleau et ne manque point d'élégance, quoiqu'elle ne révèle pas un artiste consommé. Ses portraits, ordinairement d'une fort petite dimension, sont d'un coloris très-pâle et on les attribue ordinairement à un peintre qui lui est fort supérieur en ce genre, le peintre Jauet.
Robert-Dumesnil décrit de lui 86 gravures au burin auxquelles il ne nous est pas donné d'<en ajouter de nouvelles, et nous renvoyons au „Peintre-Gràveur français^^ pour le Catalogue de son oeuvre. Nous ferons seulement mention ici d'un clair-obscur de trois planches attribué à fi. ArnouUet.
1. Vue de la Ville de Poitiers. Au bas, en caractères mobiles :
Delineation des principaux lieux notables de la présente ville de Poytiers. A Lyon, par Balthazar Arnoullet.
Avec Privilège de la raaiesté royale pour six ans. H. 7 p. 6 L L. 14 p. 8 1.
Jacqaes Perrissia et Jean Tertorei.
Ces artistes ont gravé de 1559 à 1570 et peut-être encore plus tard. Le Catalogue de leur oeuvre, qui pourrait bien ne pas être complet encore, se monte à 40 pièces représentant la plupart les scènes de troubles qui suivirent la mort de Henri 11, ou des épisodes de la guerre des Huguenots.
L'édition française, et probablement la première de cet oeuvre^ porte le titre suivant:
„Premier Volume contenant quarante Tableaux ou Histoires diverses qui sont mémorables touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France en ces derniers années. Le tout recueilly selon le témoignage de ceux qui y ont esté en personne, et qui les ont vues desquels sont pourtraits à la vérité.^^
Ce titre est dans une bordure ornée, au bas de laquelle est un médaillon avec une pyramide battue des vents et la devise: FERME EN ADVERSITE;
Jean Perrissin et Jean Torlorel. 265
aux côtés: *
PERSINVS FECIT.
Chacune des pièces qui suivent ont une explication du sujet en français. On en trouve cependant une édition avec texte latin. On doit observer néanmoins que jusqu'ici Ton n'a retrouvé que 37 pièces de cette suite et que l'on ne connaît les trois autres, avec plusieiir» copies des premières, que par des gravures sur bois. Celles-ci por-
tent, comme dans l'original, lés monogrammes des graveurs v£^ , ou
, avec les indications plus complètes: J. Perrissin iecit et J. Tortorel fecit. On pourrait en conclure que ces deux artistes étaient également graveurs sur bois, si nous ne trouvions souvent leur
monogramme accompagné de celui de Jean de Gourmont -^Hr^ , ce qui indiquerait que celui-ci a exécuté les reproductions sur bois des gravures originales. On trouve aussi de cet ouvrage une édition allemande qui contient également 40 pièces, dont 26 fortement mordues à l'eau-forte et 13 sur bois portent en partie la date de 1576. Le titre, orné dans le goût de l'école de Fontainebleau, est le suivant: Der erste Tail mancherlayen gedencwirdiger historien vou krieg, mord und aufrueren, welche sich dièse verloffene nechste jaren hehr in francreich zugetragen, in viertzig tafein begriffen, ailes nach glàublicher kennschaft und beteurung derjenigen so selbsten personlich dabei gewesen sind und es mit augen geseen haben, warhaftig abcon terfeitet. liî-fol.-oblong.
La manière de Perrissin s'éloigne beaucoup de celle de l'école de Fontainebleau et se rapproche davantage des tendances réalistes de l'école néerlandaise. C'est sans doute à cette circonstance que l'on doit attribuer l'opinion qui le fait naître en Allemagne pour se fixer plus tard en France.
Appendice.
42. Procession sortant de la Sorbonne. Les ligueurs en armes, conduits par des prêtres et des moines, sortent du Collège
266 Ecole Française de gravure dorant le XVL Siècle.
de la Sorbonne à Paris, en 1593. CompositioD très-riche en figures et portant rinsmptioo:
Ambarbica .... praeunte.
Cette pièce, signée Petrns Kaerius exe, est toat à tait dans le genre de Perrissin et doit être considérée comme faisant suite à la série des scènes de la Ligne mentionnées plus haut Grand in-fol. en largeur.
(CaL Sternberg Vol. IV. p. 6.)
JSiALIONr ^ ^ ^
Jean de tleinnont de Ljen.
(Bartsch IX. 14S et 42t. Robertp-DumesDil Vil. 15.)
Ce graveur sur cuivre et sur bois de Lyon, après avoir reçu des lettres de noblesse, vint se fixer à Paris avec son frère François, et y fonda un établissement pour la publication des ouvrages illustrés par gravure sur cuivre et sur bois. On connaît surtout les deux livres suivants:
1. Un livre de Géomancie, ou de prédictions au moyen de lignes et de points. Le titre gravé sur bois avec ornements d'architecture, rinceaux et arabesques, entre-mêlés de petits génies dont deux au haut et au bas et un de chaque côté, porte dans un écusson ovale l'inscription: AVEC PRIVILEGE DV ROT, accompagné du troisième monogramme ci-dessus, et au milieu le titre: La Géomance, abrégée de Jean de la Taille de Rondaroy Gentil-homme de Reauce. Pour scavoir les choses passées, présentes et futures. Ensemble le Rlason des Pierres Précieuses, contenant leurs vertus et proprietez. A Paris Pour Lucas Rreyer, tenant sa boutique au second pilier de la grande salle du Pallais ^1574. itt-4^
On y trouve aussi le portrait de l'auteur, Jean de la Taille de Bondaroy, demi-figure, et une vignette représentant un lion debout, entouré de l'inscription:
IN VTRVNQVE PARATVS.
Ces deux pièces sont néanmoins d'une exécution fort inférieure à celle du titre et ont été probablement taillées par un autre graveur sur bois.
Jean de GoûnnoDl de Lyon. 267
2. SACRA PARISIORVM ANCORÂ. A Paris par JeaD etFrançois de GourmoDt frères, demeurant rue Sainci Jean de^ Lateran. Avec priv. du Roy 1587. Gr, iD-4^ Après ee titre vieat une grande gravure sur bois représentant le prince Lud. de Gonzague, Duc de Nivernois, et Rethelois, Prince de Mantove, et Pair de France, auquel le livre est dédié. Il est assis, tandis qiie Tauteur, Cbristofle de Savigny, lui présente son ouvrage. Pièce ovale dans une bordure carrée. H. 14 p. 9 1. L. Il p. 6 1.
Dans le livre on trouve encore 16 gravures sur bois que Paptll(m attribue en partie à Jean Cousin. (Voyez Rrunet, Manuel.)
On trouve également le dernier des monogrammes ci-dessus sur quatre gravures sur bois copiées d'après Tobias Stimmer, dans Tédition allemande du Tite Live el mentionnées par Bartsch et Le Blanc, H. 2 p. 8 1. L. 3 p. M 1.; sur les copies d'après Perrissin et Tortorel mentionnées ci -dessus et sur une gravure de la Bible Espagnole publiée à Bâle par Apiarius.
Les premières gravures de Jean de Gourmont sont traitées dans le goût des petits maîtres allemands, d'un burin (in et serré et dans le style arti^que de Técole de Fontainebleau. Bartsch décrit quinze pièces de son oeuvre signées du premier des monogrammes ci-dessus» Robert-Dumesnil, dans son Peintre-graveur, en ajoute six autres, et nous complétons l'oeuvre de nos devanciers par la description des sept pièces suivantes qui ont échappé à leurs recherches.
Additions à Bartscb et Robert-Dumesnil.
24. Le Péché originel. Adam et Eve sont assis au pied de l'arbre de Science, dont ils mangent les fruits. A la gauche du bas, la
signature i$Xourmont exe. H. 7 p. 1 1. L. 4 p. 4 1. Catal. Vischer'à Bâle.
25. Vénus et l'Amour. On lit, dans la bordure, Vénus et Cupidoy accompagnés du dernier des monogrammes ci-dessus et le mot fecit. H. 6 p. 7 1. L. 3 p. 10 1. BruUiot.
26. Vulcain à l'enclume. Adroite, dans une grande forge, on voit Enée assis. Sur le soutien de l'enclume le monogramme, formé des lettres l. et G. Pièce ronde de 3 p. de diamètre.
268 Ecole Française de gravure durant le XVi. Siècle.
27. Trois fifres. Ils sont coiffés de bonnets à plumes. Sur une petite tablette, à la gauche du bas, le dernier des monogrammes ci-dessus. H. 2 p. 10 1. L. 2 p. 4 1. Brulliot.
28. Deux paysans en repos. Celui de gauche, debout, tient une fourche, celui de droite, assis^ un râteau. Au-dessous de ce dernier, le troisième des monogrammes ci-dessus sur une petite tablette et dans la marge du bas, l'inscription:
Posl Laborera Quies.
H. 2 p. Il 1. L. 2 p. 1 1. Brulliot.
29. Une Tête de mort, posée sur un os dirigé à droite. A gauche, le premier des monogrammes ci-dessus. On lit, dans la marge du bas:
MORS QVAM AMARA EST MEMORIA TVA HOMINI PACEM HABENT IN SVBSTANTIES SVIS. Eccl. XLI.
H. 4 p. L. 2 p. 10 1. Paris.
30. Portrait du Cardinal Charles de Bourbon. Figure entière assise, tournée à droite, devant une table, portant un cruciQx et un livre, sur lequel il pose la main. Suseription:
Carolus Cardinalis a Borbonio. Anno aelalis 28. Dans la marge du bas, la signature:
^ourmont fc.
H. 5 p. 10 1. L. 4 p. 5 1. Paris.
' Pierre Woeiriot^ svriiommé Hé Boviey.
(Robert-Dumesnil VU. p. 43.)
Le portrait de Woeiriot gravé par lui-même en 1556, à Tâge de 24 ans, nous démontre qu'il naquit eu 1532 en Lorraine. Il était dessinateur, sculpteur -ciseleur et graveur sur cuivre et sur bois. Il s'est servi également de la pointe froide et du burin, mais il n'a jamais gravé à l'eau-forte. Les dates de ses estampes varient de 1555 à 1589, tandis que Tépoque de sa mort nous est inconnue. 11 a beaucoup travaillé et son oeuvre se monte à plus de 400 gravures sur cuivre, outre plusieurs bois. Avec le titre de sculpteur du duc de
Pierre Woeiriot, surnommé De'^Bouzey. 269
Lorraine, il visita Rome et y dessina plusieurs statues antiques qu'il publia depuis. Plus tard il s'établit à Lyon, où les imprimeries nombreuses de cette ville occupaient alors beaucoup de graveurs sur cuivre et sur bois.
Robert-Dumesnil, qui s'étend longuement au sujet de notre maître et auquel nous avons emprunté lés détails qui précèdent, porte le jugement qui suit k son égard :
„En général le burin de Woeiriot est délicat et fin, cependant il montre souvent un certain degré de rudesse qui trahit le sculpteulr. Dans l'invention des figures allégoriques qui entourent ses nombreux portraits, il est d'une fécondité inépuisable, et il fait preuve de connaissances et de talent dans les inscriptions' grecques, latines ou françaises, en vers ou en prose, qui les accompagnent.
„Cependant ses productions ont d'ordinaire quelque chose d'étrange et portent l'empreinte du gotbicisme, au détriment du goût. On voit qu'il a toujours demeuré en province,^ où le manque de contât avec les artistes étrangers l'obligea à se faire un style à lui dont on ne retrouve point de traces chez ses contemporains, les Geoffroy Du Moustier, Jacques Androuet du Cerceau, René Roivin, Etienne Delaune, Marc Duval, dont le goût est plus élevé et qui ne sont presque jamais tombés dans le maniérisme.^'
Nous sommes en mesure d'ajouter quelques nouvelles estampes à celles déjà décrites par Robert-Dumesnil, sans croire cependant que l'on soit encore parvenu à compléter entièrement le Catalogue de l'oeuvre de Woeiriot. Ce sont les suivantes.
Additions au Catalogue de Robert- Dumesnil.
Gravures sur cuivre.
402 — 405. Quatre feuilles des sujets de la Bible, appartenant à la suite 2 — 19. Coll. Albert.
— 402. La Création d'Eve. La scène se passe au premier plan. A gauche, Adam est reveillé par la main de Dieu. A droite et dans le fond, le Péché originel et nos premiers parents chassés du
paradis. Près d'Adam, la sîgnature^^^^^onzaeus faciebat, et dans la marge du bas, l'inscription:
270 Ecole Française de gravure durant le XVI. Siècle.
Dieu fit eiel terre mer et rhomme à sa semblance Auquel femme il donna dedans son paradis, etc.
— 403. La Mort d'Abel. CaYn tue son frère avec une mâchoire d'animal. Dans le fond, on voit le sacrifice. A droite, le monogramme du maître et au bas, rinscription :
L'homicide Cain se fasche de colère
Et d'un bras carnassier tue assassine Abel, etc.
— 404. Noé entre dans l'Arche. A gauche, plusieurs animaux se dirigent vers l'arche. A droite, Noé avec ses deux fils et une femme; plus loin, un autre de ses fils avec sa femme; enfin la troisième des femmes se tient sur la porte de l'arche. A la droite du bas, la signature, et au-dessous, l'inscription:
Noé fut advise du temps du grand déluge
Fit l'arche et s'ass'éure contre l'effort de l'eau, etc.
— 405. Lot s'enfuyant de Sodome. Il est conduit par un ange vers la droite; ses deux filles également conduites par un ange le suivent. Le chififre est à la droite du bas, puis l'inscription:
Et Lot adomesté de ses hostes les anges Délaissa son pais pour n'y estre brûlé, etc.
406. Le Jugement dernier, d'après Michel Ange. Cette composition se trouve dans un rond de 10 p. 6 1. de diamètre avec la croix de Lorraine au bas. Dans le haut, l'inscription: Optimo Principi D. Carôlo Lotharinge Duci. Michaelis
^ rr
Angeli inventa imitatis. \i^ F. S. Q.
Nous ajouterons ici quelques inscriptions inconnues à Dumesnil et qui se trouvent sur quelques-unes des pièces qu'il a décrites.