‹ Le peintre-graveurChapitre 3 sur 154 · Amymone enlevée par un Triton. (D. No · texte numérisé non relu

Amymone enlevée par un Triton. (D. No

8 Ecole Romaine de Marc Anloiiie.

Nous reviendrons sur ces nielles dans le catalogue de Toeuvre du maitre.

En ce qui concerne la dernière période de la vie de Marc Antoine, Vasari nous dit que dans le sac de Rome, qui eut lieu en 1527, notre artiste, après avoir perdu tout son avoir et même payé une forte ran* çon, se retira de nouveau à Bologne sa patrie, où il ne vécut point longtemps et ne travailla que iort peu. Cette assertion de Vasari parait confirmée par un passage de l'Arétin dans sa comédie de la Gortigiana, imprimée en 1534 par G. A. de Niccolini de Sabio à Venise, et où il fait dire à Flaminio :

„Je ne nie point que Marc Antoine n'ait été unique dans la conduite du burin, mais Jean Jaques Cavalio son élève non -seulement égale son maître, mais le surpasse dans les gravures sur cuivre que nous avons jusqu'ici de lui, etc/^

On pourrait conclure de ceci que Marc Antoine ne vivait plus en

La grande réputation que notre maître acquit par ses gravures attira plusieurs artistes, surtout de la haute Italie, à Rome, où ils se formèrent dans son école; nous citerons, entre autres, Agostino Veneziano, Jacopo Garaglio, le maître B au dé et plusieurs autres dont les noms ne sont point parvenus jusqu'à nous, mais dont les ouvrages montrent la plus grande analogie avec ceux du maître. D'autres graveurs qui s'étaient formés à l'école du Mantègne et s'étaient fait déjà connaître par leurs travaux, comme Giovan Antonio da Brescia et Nicoletto da Modena abandonnèrent leur manière pour adopter celle de Marc Antoine. A ceux-ci on peut ajouter Giacomo Francia, condisciple de notre maître à Bologne et qui se forma ensuite sous lui à Rome où il grava, entre autres, de concert avec Agostino Veneziano, quelques arabesques d'après Giovanni da Udine. Parmi les Allemands qui vinrent à Rome étudier sous notre maître on compte, selon Sandrart, trois élèves d'Albert Durer: Barthelemi Beham, George Pencz et Jacob Binck, qui non -seulement se formèrent à son école, mais qui, à en croire le même auteur, exécutèrent sous la direction de Marc Antoine plusieurs gravures qui furent publiées sous son nom. Parmi ces gravures, nous croyons pouvoir citer comme appartenant à B. Beham les quatre suivantes:

La femme avec les deux éponges. (B. 373.)

L'homme et la femme aux boules. (B. 377.)

La femme arrosant une plante. (B. 383.)

Marc Antoine Baimondi. 9

La femme en méditation ou COGNITIO DEI. (B. 445.) Gravure à leau-forte.

La célèbre estampe du „Massacre des Innocents^' au chicot (B. No. 18) s'éloigne tellement, dans la conduite du burin, de la manière usuelle de Marc Antoine, que nous ne pouvons nous rallier à l'opinion qui voudrait qu'elle fut un des premiers ouvrages du maître ; au contraire, cette pièce monti*e une telle analogie avec le style de George Pencz, dans ses Triomphes du Pétrarque, que nous n'hésitons point à la lui attribuer. Nous observerons à l'appui de cette opinion que les premières épreuves de cette gravure ne portent point de signature et que celle de Marc Antoine ne figure que sur les impressions postérieures.

Les élèves italiens de Marc Antoine n'ont point seulement gravé plusieurs copies de ses estampes, mais ont pris également part aux travaux du maitre même, et c'est sans doute par cette raison que plusieurs des gravures qui lui sont attribuées montrent de si grandes différences dans la taille. Dans notre catalogue nous avons eu soin de séparer de l'oeuvre de Marc Antoine, celui d'Agostino Veneziano, de Marc de Ravenne, et des différents anonymes de Técole, que Bartscb, dans le vol. XIV. du Peintre-Graveur, a réunis sous une même rubrique, et de disposer le tout en quatre divisions comprenant l'oeuvre des trois maîtres principaux et celui des graveurs inconnus de la même école que Bartsch a décrit dans sou XV» volume pp. 5 — 58. Nous en avons naturellement exclu les gravures que nous avons reconnu avoir été gravées par Francesco Francia ei par Giovanni Antonio da Brescia et que nous avons classées déjà dans l'oeuvre de ces maîtres.

On peut citer encore trois estampes communément attribuées à Marc Antoine et de la plus grande beauté:

La Vierge assise sur des nuages (B. No. 47),

La Vierge pleurant sur le corps de son fils (B.No.34), et

La Philosophie (B. No. 381), mais dont la manière diffère beaucoup de la sienne et la surpasse dans la beauté du dessin et dans l'intensité de l'expression.

Jetons ici un dernier coup d'oeil sur les hautes qualités qui ont assuré à Marc Antoine le premier rang parmi les graveurs ses contemporains. Ces qualités consistent dans une parfaite entente du dessin, qu'il avait appris d'abord à l'école du Francia et qu'il porta ensuite au plus haut degré de perfection sous la direction de Raphaël; Vasari nous en est témoin quand il mentionne les dessins de Marc Antoine,

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d'après les fresques du VaUcau, qu'il conservait dans le livre, qu'il mentionne si souvent, des dessins des grands maîtres; ensuite dans Texpression de vérité et de vie qu'il savait donner aux têtes de ses figures; enfin dans la conduite sage et intelligente du burin qu'il mania avec beaucoup de simplicité et de maîtrise dans un style emprunté à Albert Durer et dans lequel il n'eut point de rival, soit parmi ses contemporains, soit parmi les graveurs italiens du XVP Siècle qui suivirent ses traces. A ces prérogatives il joignait un sentiment exquis de la manière des maîtres dont il gravait les compositions, et personne mieux que lui n'a su rendre la finesse des contours, la grâce des formes, la profondeur de l'expression que l'on admire dans les ouvrages de Raphaël, et sous ce rapport il est resté inimitable, même jusqu'à nos jours. A tous ces mérites Marc Antoine joint encore celui d'avoir fait connaître, par ses ouvrages, au monde entier les productions du grand maître d'Urbin, d'avoir contribué pour beaucoup au développement et à l'essor de l'art qui en fut la conséquence, et enfin de nous avoir conservé beaucoup d'ouvrages du maître qui sans cela auraient été à jamais perdus pour nous.

Catalogue des estampes de Marc Antoine.

(Barlsch Vol. XIV.)

Après avoir examiné, de nos propres yeux, presque toutes les gravures du maître décrites par Bartsch dans son XIV^ volume, nous avons cru devoir classer dans un catalogue particulier toutes les estampes de Marc Antoine reconnues, en même temps que celles que nous croyons devoir lui attribuer. Nous nous en référons pour chaque numéro au Catalogue de Bartsch, et nous ajoutons ensuite nos propres remarques. Enfin, dans un Appendice, nous avons enregistré les gravures et les nielles du maître qui sont restés inconnus à Bartsch.

Marc Anloine Raimondi. ] 1

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