Pie in. Tête tournée à gauche, avec Finscription
PIVS. TERTIVS. PONTFEX. MAXIMVS.
A la fin, une lionne sur un croissant.
Chaque médaillon a 1 p. 1 1 1. de diamètre. ^ (Voyez à ce sujet F. V. Bartsch, Collection des gravures de la bibliothèque impériale de Vienne, p, 50.)
Gravures de Marc Antoine d'après Alb. Durer.
Bartsch a déjà décrit, sous les Nos 584 — 652, la plus grande partie des pièces de ce genre et entre autres deux gravures exécutées^ d'après les dessins du maître allemand, à savoir: le Christ en croix entre la Vierge et St. Jean (No. 645), et la Mise au tombeau (No. 646). Il aurait pu y ajouter la Vierge à la porte, qu'il a placée sous le No. 45 dans l'oeuvre d'Albert Durer, puisque cette pièce est indubitablement du graveur italien. Comme elle porte la date de 1520, il s'ensuit que Marc Antoine, même dans toute la force de son talent, continuait à graver d'après le maître allemand. Bartsch n'a également point observé que deux pièces de la Vie de la Vierge ont été marquées par Marc Antoine de la date de 1506; dans l'Annonciation, en haut au-dessus du mur devant lequel est agenouillée la Vierge, et dans l'Adoration des Mages, au bas, dans l'enfoncement à droite.
Il est inutile, croyons -nous, de répéter ici le Catalogue de ces gravures que Bartsch a décrites dans la section XII de l'oeuvre de Marc Antoine comme étant des copies de ce maître d'après Albert Durer; nous nous contenterons d'ajouter ici celles qui ont échappé à ses recherches.
Marc Antoine Raimondi. 47
Additions à Bartsch.
(pp. 401 - 416.)
298. Adam et Eve. Copie en contre-partie d'après la gravure de Durer, Bartsch No. 1. Adam est à droite; sur la tablette suspendue à la branche de Tarbre sur lequel le perroquet est assis, on lit:
ALBERT<i DVRER NORICV<i FACIEBAT. 1504.
Le dessin et la taille sont de toute beauté, et Festampe est gravée dans la première manière de Marc Antoine. H. 9 p. 1 1. L. 7 p. Bibl. de Vienne. Berlin. Francfort.
299. La Cène. Copie en contre -partie d'après la gravure sur bois de la Grande passion (B. No. 5), mais avec un fond différent; un tapis est suspendu derrière la figure du Christ. Une grande auréole entoure la tête de celui-ci, et on lit au milieu du bas sur une tablette :
Si quis manducaverit ex hoc pane vivit in aeternum. Ael-
bertus Durer inventor.
Pièce d'un excellent travail. H. 11 p. 2 1. L. 10 p. 6 1. Chez Colnaghi à Londres.
300. Le Calvaire. Copie, dans le sens de l'original, de la gravure sur bois, Bartsch No. 59. La tablette avec la marque de Durer se trouve également au milieu du bas. H. 7 p. 9 1. L. 5 p.
5 1. Francfort s/M.
301. La Vierge au Singe. Copie en contre-partie de la gravure de Durer B. No. 42. On en trouve des épreuves avec l'adresse Annibal formis Mantuae. H. 6 p* 8 1. L. 4 p. 6 1. (V. Heller, Alb. Durer No. 636.)
302. La Vierge à la porte. Bartsch enregistre cette pièce parmi les gravures d'Albert Durer sous le No. 85, quoiqu'il observe à ce sujet qu'elle n'est pas du maître, mais bien gravée d'après un de ses tableaux. Comme elle porte, avec le monogramme du maître allemand, la date de 1520 nous croirions plutôt qu'elle a été exécutée d'après un de ses dessins que Durer, dans son voyage aux Pays bas^ aurait pu avoir donné à Tommaso Vincitore de Bologna, élève de Raphaël et qui serait parvenu ainsi entre les mains de Marc Antoine. H»
Les secondes épreuves de cette gravure ont une bordure ornée, ayant dans les coins les demi -figures des quatre Pères de l'Eglise latine dans des ovales, et aux côtés les figures allégoriques de la Foi et
48 Ecole Romaine de Marc Antoine.
de la Charité. Cette bordure a été ajoutée par un rnattre qui parait avoir vécu vers la fin du XVP. Siècle. H. 8 p. 11 1. L. 6 p. 9 1.
Les troisièmes épreuves de la planche retouchée n'ont point de bordure.
303. La Sainte Famille avec deux Anges faisant de la musique, de Tan 1511. Copie en contre -partie et en petit de la gravure sur bois d'Albert Durer No. 97. (Bartsch.) On lit sur une banderole les noms:
lOACHIM. SALOME. CLEOPHAS. lOSEPH.
H. 3 p, L. 2 p. 3 1. Berlin.
304. La Sainte Famille assise dans une chambre voûtée. Copie, dans le sens de l'original et avec la marque de Durer à gauche, de la gravure sur bois, Bartsch No. 100. H. 8 p. L. 5 p.
L'exemplaire à Francfort s/M. a les coins du haut rognés, mais de manière à laisser deviner qu'il s'y trouvait les figures d'Adam et d'Eve.
305. L'enfant prodigue. Copie en contre-partie d'après la gravure d'Albert Durer, B. No. 28, avec le monogramme du maître allemand dans le coin de gauche. Pièce de même dimension que l'original (?). Francfort s/M.
306. St. Jérôme dans sa cellule. Copie dans le sens de l'original de la gravure d'Albert Durer, B. No. 60. Pièce signée du monogramme du maître allemand, avec la date de 1514 sur la tablette à droite.
L'exemplaire dans la Collection de Francfort est une impression de la planche fort usée, de manière qu'il nous est impossible de porter un jugement exact sur l'exécution ; mais les contours, bien conservés, sont dignes de Marc Antoine. H. 8 p. 10 1. L. 6 p. 7 1.
307. Trois saints évoques, placés l'un à côté de l'autre. Ce sont les SS. Erasme, Udalrique et Nicolas. Copie en contre-partie d'après la gravure sur bois de Durer, B. No. 118. De même dimension que l'original. Berlin.
308. Le Cuisinier et la Cuisinière. Copie dans le sens de l'original de la gravure sur cuivre d'A. Durer, Bartsch No. 84. H,
4 p. 3 1. L. 2 p. 10 1. Berlin.
On attribue quelquefois à Marc Antoine la copie en contre-partie de la gravure d'Albert Durer connue sous la désignation de l'Effet de la Jalousie (B. No. ,73); mais non -seulement la taille manque
Agostino di Musi, Veneziano. 49
de fermeté, mais la plupart des épreuves portent, au lieu du mono-
gramme de Durer, le suivant IKli. (Voyez Brulliot Dicl. I. No. 2125.) H. 10 p. 9 1. L. 7 p. 2 l Berlin.
HV,A.V, 1M4-
Agostino di lusi^ Yeneiiano.
(Bartsch XiV. passim.)
Ce graveur sur cuivre, communément nommé Agostino Veneziano, s'est signé lui -môme sur la gravure du Squelette, d'après Baccio Bandinelli (B. No. 424):
Augustinus Venetus de Musis faciebat 1518, et sur quelques-unes de ses premières estampes, Agustino diMusi. La première de ces inscriptions nous apprend son nom de famille el le lieu de sa naissance. Les premiers essais sont des copies d'après Giulio Campagnola et Albert Durer, dont quelques-unes portent son nom avec la date de 1514. Celte date est la première que l'on rencontre sur ses ouvrages, et Bartsch se trompe quand il dit que le millésime 1509 se trouve sur la copie qu'il fit de l'Astrologue du Campagnola, puisqu'il ne se trouve que sur l'original et une copie anonyme, tandis que celle d'Agostino est marquée 1515.
On doit conclure de ce qui précède que notre maître est né vers la fin du XV«. Siècle.
En 1515 et vers le commencement de 1516, il se trouvait à Florence, comme le dit Vasari, et comme nous le prouvent plusieurs pièces qu'il grava à cette époque d'après Baccio Bandinelli et Andréa del Sarto. Cependant, vers la' fin de 1516, nous le trouvons à Rome oii, sous la direction de Mare Antoine, il grava quelques pièces d'après les dessins de Raphaël, entre autres l'Elymas (B. No. 42) et Vénus blessée et l'Amour (B. 379). Jusqu'à cette époque, Agostino se montre encore faible de dessin et irrégulier dans la taille; cependant il gagna beaucoup sous ces deux rapports dans l'atelier du maître bolonais VI. 4
50 Ëcok Romaine de Marc Antoine.
comme on peut déjà le voir dans le Portement de Croix d'après Raphaël qu'il grava en 1517.
Quel que soit le progrès qu'il ait fait sous Marc Antoine, dont il a été le meilleur élève, il n'a jamais pu atteindre la perfection de son maître. Il est même quelquefois très-inégal dans sa taille, quelquefois maigre ave^des hachures très-fines, d'autres fois fort nourrie et presque grossièp. Cette inégalité dans ses travaux, jointe à la circonstance qu'il se signait tantôt •/TV, tantôt \.\., ont induit Zani à croire que l'on doit voir dans ces marques celles de deux graveurs distincts, l'un allemand qui se serait servi de la première de ces signatures, tandis que la dernière seule appartiendrait à A.ostino Veneziano. Bartsch a déjà réfuté cette opinion, mais comme Zani y persiste dans son Encyclop., etc. II. 7, p. 341, il ne sera pas hors de propos de dire que les assertions de Bartsch sont parfaitement fondées. Il suffit de voir les pièces que notre maître a gravées en 1516 et 1517 pour se convaincre qu'elles sont indifîérement signées 'îr-V etA. V. quelquefois sur les estampes à taille maigre, quelquefois sur celles à taille nourrie, ce qui prouve suffissamment que les deux signatures appartiennent au même maître. On peut encore ajouter que la gravure du Christ mort soutenu par trois Anges (B. No. 40), signée •TÏV^ 1516, est précisément celle mentionnée par Vasari comme ayant été gravée par Agostino Veneziano d'après Andréa del Sarto.
Quant aux pèlerinages de notre maître, il paraît qu'après le sac de Rome en 1527, il se réfugia à Mantoue près de Jules Romain et et qu'il y a gravé quelques morceaux d'après ses dessins. A tout événement, l'estampe de l'Hercule vainqueur du lion, gravée d'après la composition de Jules Romain dans le château du T à Mantoue, est certainement de l'année 1528. De retour à Rome, il donna en 1530 et 1531 les heaux vases qui portent en partie les emblèmes des Médicis (ceux du pape Clément VII.) et les 20 feuilles d'arabesques d'après Giovanni da Udine, et dont Jacopo Francia grava trois pièces. Celui-ci se trouvait précisément en 1530 à Rome, comme le prouve sa gravure de Jésus à table chez Simon le pharisien, d'après Marc Antoine, qui porte cette date. En 1535 et 1536, Agostino s'occupa principalement de portraits et grava, entre autres, sur cuivre^ celui du pape Paul IIÏ. Après cette date, on ne trouve plus rien de lui^ si l'on en excepte la pièce douteuse du Vieillard dans la roulette d'enfant (B. 400), qui porte, avec l'adresse d'Antonio Salamanca, la date de 1538.
AgostiDO (ii Musi, Veueziano. 51
Le portrait très- délicatement gravé de Michel -Ange dans sa 87** année, vu de profil à droite, nous parait gravé peut-être par Eneas Vico, Cette gravure porte, avec la signature A. V., la date de MDLXI. (H. 9 p. L, 6 p. 1 1. ColL Albertine à Vienne.)
Comme nous ne trouvons, par conséquent, aucune gravure certaine de notre maître d'une date postérieure à 1536 nous devons en conclure qu'il mourut à cette époque ou peu de temps après.
Agostino Veneziano eut deux parents qui exercèrent à Venise la profession de graveur, Lorenzo di Musi, qui vivait en 1535, et Giulio di Musi, dont nous avons une estampe avec la date de 1554. Le premier parait avoir été son frère et le second son fils* ou son neveu.
Catalogue des gravures sur cuivre d'Agostino Veneziano.
(Bartsch XIV.) I. Sujets de l'ancien et du nouveau Testament.