TROISIÈME CHEF D’ACCUSATION
D'avoir, dans de fréquentes orgies el des repas somplueux dont il était l'âme et le président, allumé la rage des factieux contre la Convention et contre les bons ciloyens, el d'avoir dressé des listes de proscriplion pour envoyer tes citoyens de la section à la
guillotine.
« C'est toujours sur oui-dire, et sans vouloir les garantir, que Chemelat avance ces horreurs (voyez n° 13), el les commissaires continuent de tourner en accusation formelle de misérables allégations, non-seulement destituées de preuves, mais que l'auteur déclare ne pouvoir pas prouver. Au contraire, la déclaration de Chemelat, d’où l'on a extrait ces atroces impostures, se trouve formellement démentie par la déclaration des deux autres déposants mandés contre moi par les douze commissaires.
» Voyez, à cet égard, les déclarations des citoyens Robit et Verrier, sous les n° 2 et 3. Quoique ces déclarations aient été rédigées avec les intentions perfides qui éclatent de toutes parts dans l’ouvrage des commissaires, ils n’ont pu tellement les dénaturer, qu'il ne
demeure pour constant que ces citoyens ont contredit les assertions virulentes de Chemelat.
» Robit déclare (ce qui est vrai) que les repas dont il s'agit eurent lieu à l’époque des fètes qui furent célébrées pour Marat ; mais loin de prétendre que David en était l'âme et le président, il annonce qu'on lui a dit simplement que David y assistait; qu'il sait que Fleuriot y invita plusieurs citoyens de la section, et il pense que Koliquer, Suisse chez qui ces
repas se donnèrent, doit être en état de fournir des renseignements sur ce qui s’y passait.
a des listes de proscription, il déclare qu'il n’a aucune connaissance du fait, et qu’il en a seulement entendu parler.
» J'observe, en passant, que le citoyen Koliquer, qui est indiqué dans cette déclaration
comme étant en état de donner des renseignements Sur ce qui se passait dans les repas dont il s'agit, n’a pas été mandé, sans doute pour que son rapport ne contrariât pas l’accusation énoncée.
» Verrier déclare positivement (voyez n° 3) qu'il s’est trouvé cinq ou six fois aux repas dont il s’agit, et qu'il ne s’y est rien tramé contre la liberté ni la sûreté des citoyens; mais qu'il lui à été dit que lorsqu'il y avait quelque chose d'extraordinaire à décider, 07 allait boire la petite goutte chez le représentant du peuple David.
» Ainsi, rapprochez le texte de ces trois déclarations et jugez de la bonne foi des
commissaires de la section du Muséum, qui ont osé dire que je suis accusé d’avoir allumé la rage des factieux contre la Convention, dans des orgies et des repas somptueux et d’avoir dressé des listes de proscription.
» Demandez-leur où sont mes accusateurs, où sont les pièces de l'accusation; quels sont les factieux dont j'ai allumé la rage contre la Convention; dans quelles orgies, dans quels repas somptueux on m'a vu, en qualité de président, pousser les citoyens à la révolte; où sont enfin les listes de proscription que j'ai dressé 42 Ils vous produiront trois déclara
tions contenant des Oui-dire, qui toutes trois se contredisent et dans lesquelles aucun des faits atroces qui me sont imputés par les commissaires n'est clairement ni positivement énoncé, et cependant les commissaires ont osé présenter ces incohérences atroces, absurdes, invraisemblables, comme une accusation formelle, lorsqu'il n'existe ni pièce, ni preuve, ni
accusation, ni dénonciation, ni aucun accusateur, »