SECOND CHEF D'ACCUSATION
D'avoir, sous les ordres de Robespierre, créé, choisi et nommé le maire de Paris, et les membres de la Commune.
« Ce second chef d'accusation est extrait de la même déclaration de Chemelat (voyez n° 13), et ce citoyen, plein du ressentiment d'avoir été exclu du Comité de l'instruction publique, dont j'étais membre, ne prend pas même le soin de dissimuler que c’est à ce principe qu'il faut rapporter les déclamations hyperboliques auxquelles il se livre contre moi avec une espèce de fureur. Mais il n’est pas vrai qu’il m’ait accusé d’avoir créé, choësi et nommé le maire de Paris el les membres de la Commune, parce qu'il n'aurait pas voulu prendre l'engagement de le prouver. Il dit seulement qu'il l'a entendu dire et qu’il ne garantit pas le fait, attendu que cette simple allégation lui a paru suffisante pour me diffamer; mais les commissaires qui ont douté de l'effet d’une simple allégation, ont déclaré eux, positive ment, que j'étais accusé, quoique l’accusation n’existe pas et que le fait soit absurde.
» Comment concevoir, en effet, que j'aie pu créer, choisir et nommer le maire de Paris et les membres de la Commune, lorsqu'on sait que ces nominations étaient délibérées dans le Comité de salut public dont je n’ai jamais été membre; n'est-ce pas là une imposture stupide et souverainement ridicule ? Et que doit-on penser de ceux qui, parlant au nom de leurs concitoyens, ont osé en faire la matière d’une accusation formelle contre la lettre même des pièces, dont ils disent l'avoir extraite, sans l'avoir examinée.
» Il y a donc, dans cette seconde accusation, absurdité dans le fait allégué sur ouï-dire par Chemelat; mensonge dans l'exposé des commissaires qui l'ont répété; malveillance, haine et calomnie des deux parts. »