HUE IL SERA DATE
» Et les 230,000 livres restant se trouveront encore partagées en deux autres payements égaux de 115,000 livres chacun, à effectuer l’un dans neuf mois, l’autre dans dix-huit mois seulement.
» Vous n’oublierez pas sans doute que cette somme devant être considérée, moins comme la récompense des ouvrages, que comme le prix de nouveaux travaux dont les auteurs ont été jugés dignes, la nation, en l'accordant, ne fait en définitive que semer pour recueillir.
» Représentants, le Comité a rempli la tâche que vous lui aviez imposée. C'est à vous, désormais, à faire que le travail du jury ne soit pas infructueux pour les arts. Leur sort dépend de votre sollicitude à les tirer de l’état de langueur où ils sont réduits; un plus
long délai pourrait les perdre, et déjà les puissances étrangères ont fait des propositions
avantageuses à plusieurs artistes distingués par leurs talents; le Comité croit de son devoir de vous en prévenir.
» Vous encouragez chaque jour l’agriculture et le commerce, frappés de paralysie par
le règne de la Terreur; ravivez donc aujourd'hui les arts que la barbarie voulait anéantir; les arts que tous les étrangers vous envient; les arts qui peuvent puissamment servir à consolider la Constitution républicaine que vous présentez en ce moment à l'acceptation du peuple. Mais non, les arts ne périront pas, vous dirons-nous avec le jury! Le feu sacré dont la nation vous a confié le dépôt ne s’éteindra pas entre vos mains ; les favorables dispositions que la Convention à si souvent manifestées pour les arts ne seront pas sans effet ; tant de concours si solennellement ouverts, tant d'efforts faits par les artistes au milieu des terreurs de la tyrannie, ne seront pas illusoires et stériles ; leurs espérances ne seront pas déçues ; bientôt, par vos soins, ils verront les jugements du jury confirmés, et à la voix de la Convention, ils voleront dans leurs ateliers pour n'en sortir qu'avec des ouvrages dignes d'eux et de la République. »
Après la lecture de ce rapport, la Convention rendit le décret suivant :
« ARTICLE PREMIER. — Les jugements du jury des Arts, établi par la loi du 9 frimaire an III, pour le concours d'architecture, de peinture et de sculpture, sont confirmés.
» ART. IT. — La somme de 442,800 livres, montant des prix décernés, sera distribuée
aux artistes qui au jugement du jury ont obtenu les prix ; la distribution s'en fera suivant les propositions proposées par le jury.
» ART. III. — L'état contenant le nom, la patrie, la demeure des artistes qui ont obtenu des prix, le numéro des esquisses et projets sera rendu public par voie de l'impression et envoyé aux départements.
» ART. IV.— La commission exécutive de l'instruction publique est chargée de faire
délivrer les sommes allouées aux époques qui seront déterminées.
» ART. V. — Les esquisses et projets, que le jury à déclaré devoir être exécutés comme monuments nationaux, seront déposés aux archives de l’Institut national. » Nous donnons, d'après le Journal encyclopédique de Millin, les prix les plus intéres-
sants décernés par le jury.
RE Te : TS PRET RE 2er ;
Prix décernés aux esquisses de sculpture présentées aux divers concours ouverts par la Convenlion nationale et soumises au Jugement du jury des Arts, en vertu de la loi du 9 frimaire an LIT de la République française une et indivisible.
Concours pour la figure colossale du Peuple, à ériger à la pointe du Pont-Neuf :
Lemot, de Lyon, le modèle de son esquisse. . . . . 410,000 Ramey, de la Côte-d'Or, SNS RENE 10,000 Michallon, de Lyon, EG RARE DUR amas de 10,000 Lorta, de Paris, modèle d'une figure à son choix. 6,000 Baccarit, de Paris, CU era LARMES 6,000 Dumont, de Paris, 1021 ANS Ne 6,000 Boichot, de Chalons-sur-Saône, id. . . .... .. . 6,000 Chaudet, de Paris, un prix pécuniaire. RL E UD) Lesueur, de Paris, 0 Lo Te OT 1,500 Boizot, de Paris, 0 ee EE 1,500
Concours pour la statue de la Nature régénérée, sur les ruines de la Bastille :
Suzanne, de Paris, pour un prix pécuniaire. . . . . 1,000 Cartellier, de Paris, id Asian anis 1,000
Concours pour la statue du Peuple terrassant le Fédéralisme (HI)RÉ
Michallon, de Lyon, le modèle de son esquisse. . . 10,000 Dumont, de Paris, TP SO ME PTT SR 10,000 Suzanne, de Paris, le modèle d'une figure à son choix. 6,000 Roland, de Lille dd model 6,000
Concours pour la statue de J.-J. Rousseau, destinée pour les Champs-Élysées :
Moitte, de Paris, l'exécution en bronze de son esquisse comme monument national (2),
Chaudet, de Paris, le modèle d'une figure à son choix. 6,000
Monot, de Paris, un prix pécuniaire, . . . . .. 1.060
(1) Depuis le jugement de ce concours, la Convention nationale, ayant ordonné Ja destruction de tous les Monuments relatifs au Xédéralisme, le jury s’est hâté de se conformer au décret, en arrêtant que les citoyens Michallon et Dumont, auxquels il avait accordé d'exécuter en grand le modèle de leurs esquisses, qui représentaient le Peuple français terrassant le Fédéralisme, auraient la liberté de faire en place tout autre groupe dont le style serait à leur choix.
(2) Vu l'impossibilité d'estimer au juste la dépense que Pourra occasionner cette statue de J.-J. Rousseau, qui, aux termes du décret dela Convention nationale, doit être exécutée en bronze, pour être placée aux Champs-Elysées, le jury n’a fixé aucune somme, ni pour les frais d'exécution ni pour les honoraires de l'artiste; il a pensé qu'il convenait de laisser au gouvernement le soin de le récompenser suivant son mérite.
Concours pour la figure de la Liberté, sur la place de la Révolution :
Morgan, d'Abbeville, le modèle de son esquisse. . . 7,000 Dumont, de Paris, 1 PC Ne 7,000 Espercieux, de Marseille, le modèle d'une figure à
SOA CROIRE SEE DEN MRNERERE 6,000 Castex, de Toulouse, un prix pécuniaire. . . . . .. 2,500
Concours pour la pendule de la salle de la Convention :
Le jury a déclaré qu'il n'y avait pas lieu à adjuger les prix.
Gravure en médaille :
Duvivier, de Paris, le coin de sa médaille sera acquis par la nation.
Dumarest, de Saint-Étienne-en-Forez, id.
Dumarest, de Saint-Étienne-en-Forez, l'exécution
d’une médaille à son choix. . . . . . . . . . . 6,000
Prix décernés aux esquisses de peinture présentées au concours ouvert par la Convention nationale et soumises au jugement du jury des Arls en vertu de la loi du 9 frimaire
an III de la République française une el indivisible.