RÉACTION CONTRE SON ORDONNANCE DES FÊTES NATIONALES
Le 27 vendémiaire, Chénier revient sur le même sujet des fêtes nationales. Dans son discours, il attaque plus personnellement David en lui prêtant ces sentiments d’envie et de rancune dont l'accusaient les Académiciens. C'était aussi le moment où le Comité de sûreté générale, ayant pris l'arrêté de rendre provisoirement la liberté à David, avait, pour une cause que nous ignorons, suspendu sa décision du 26 vendémiaire.
Voici le discours de Chénier :
« Citoyens représentants, les arts et les sciences se réveillent à votre voix. Les talents ne craignent plus la hache, et la réputation n’est plus un crime. Votre Comité d'instruction publique veut se rendre digne des fonctions importantes dont vous lavez investi. Il redouble chaque jour d'efforts pour opérer promptement la restauration des lettres en France.
» Une commission sage, éclairée, laborieuse, amie de la philosophie et par conséquent des hommes, puisque la philosophie les rend meilleurs, a remplacé cette commission imbécile et conspiratrice qui, sous le joug sanglant de Robespierre, organisait avec tant de soin l'ignorance et la barbarie.
» Il faudra bien encore épurer la commission temporaire des arts, et y porler, comme en triomphe, ces artistes célèbres et Opprimés qui n’avaient commis d'autre délit que d’avoir offensé, par des succès mérités, l’orgueil d’un rival bassement jaloux. Il faudra écarter cette foule de petits intr
nts sans moyens qui luttaient contre le talent avec la calomnie, qui, sous le règne des triumvirs, obstruaient les avenues du Comité de salut public, obtenaient sans peine des réquisitions qu'on refusait au vrai mérite, sollicitaient, mettaient en mouvement toutes les autorités constituées pour faire imprimer leurs brochures, pour faire graver leurs dessins et leur musique, pour faire chanter leurs vaudevilles, pour faire représenter leurs pièces de théâtre, et qui, vrais dilapidateurs de la fortune du peuple, ne rougissaient pas d'élever, aux frais de la République étonnée, des monuments d'ignominie pour la littérature et les arts de la République.
» Tandis que le Comité d'instruction publique, marchant avec vous et fort de votre volonté, rappelle autour de la Convention nationale tous les arts, toutes les sciences, {toutes les facultés intellectuelles, tandis qu’il s'occupe sans relâche de donner aux hommes et aux institutions leurs proportions naturelles et la liberté qui leur manque, déjà les fêtes publiques, plus sagement dirigées, moins chargées d’oripeaux civiques et de guenilles à prétention, échappent au despotisme des imaginations bizarrement stériles et du caprice en délire, et commencent à porter, je ne crains pas de le dire, un caractère conforme au génie du peuple, un caractère à la fois simple et grand. »
Il est bon de faire remarquer ici que ces inscriptions, ces oripeaux, ces guenilles, dont Chénier faisait un reproche aux organisateurs des fêtes républicaines, avaient été portés en public, pour la première fois, sur sa demande, lors des funérailles de Lepelletier Saint- Fargeau.
Cependant, soit que Chénier fût éclairé sur la conduite de David, dont il avait appuyé les dernières demandes de mise en liberté, soit qu'il ressentit lui-même les attaques de celte réaction qui avait fait incarcérer son collègue, il se borne à critiquer, dans son rapport
du de nivôse an III, sur les fêtes décadaires, l'esprit qui avait présidé à l'organisation des anciennes fêtes républicaines.
« Un décret, dit-il, n’est pas un tableau, une loi n’est pas une description.
» Quand il s’agit de fêtes publiques, quand un peuple tout entier doit se réjouir, il est absurde de lui prescrire tous ses mouvements ainsi que l’on commande l’exercice à des soldats. I1 est nécessaire de ne pas resserrer la pensée publique dans le cercle d’un règlement minutieux et de laisser pour l'exécution des fêtes toute la latitude qu’exige le génie du peuple Français. »
Tout en blâmant les conceptions de David, Chénier l'avait remplacé dans ses fonctions. C'est ainsi qu’on lui avait laissé le soin d'organiser les fêtes civiques qui furent célébrées après le 9 thermidor ; on lui avait confié pareillement la défense des intérêts des artistes, lorsque la Convention nationale, au milieu de ses nombreux travaux, s'était occupée de leur situation. Sur un rapport de Grégoire, elle avait décrété, le 17 vendémiaire an IT, qu’une somme de 300,000 livres serait répartie entre les citoyens cultivant des professions libérales.
Le 14 nivôse an III (3 janvier 1795), Chénier était venu donner connaissance de la liste dressée à ce sujet par le Comité de l'instruction publique. Des allocations de 3,000, 2 000, 1,500 livres étaient accordées à cent seize personnes, parmi lesquelles nous remarquons la petite-fille de Corneille, les poètes Delille, Ducis, Lebrun, Marmontel, Saint- Lambert; les peintres Bréa, Berthélemy, Prud'hon, Regnault, Suvée, Vernet, Gauthier, Gérard, Laneuville, Mariette, Sablet, Viller, et les sculpteurs Foucou, Ramey, Desenne, Lesueur et Martin.
Cette première répartition n'avait pas épuisé la somme de 300,000 livres décrétée par la Convention. Le 27 germinal an IT, Daunou, dans un nouveau rapport, demandait que les 42,000 livres restant des premiers fonds fussent distribuées avec un supplément de 60,000 livres, dans les mêmes conditions.
Quarante-huit artistes ou hommes de lettres furent appelés à profiter de ces encouragements. Nous relevons parmi eux les noms de l'abbé Barthélemy, de Sedaine; les peintres Vincent, Vien, Renou, Vanloo, figurent sur celte liste, ainsi que les sculpteurs Moitte, Bridan et Stouff.
En dehors de ces encouragements, la Convention nationale n’avait pas perdu de vue les artistes que les grands programmes, élaborés par le Comité de salut publie, avaient appelés, en floréal an IT, à prendre part aux concours pour l'embellissement de Paris et Vérection de différents monuments. Malgré la chute des hommes qui en avaient été les
inspirateurs, l'Assemblée mit son honneur à tenir leurs promesses, et à récompenser Ceux
qui n’avaient pas hésité à consacrer leurs talents à la réalisation de leur programme.
Le 9 frimaire an III, Thibaudeau, au nom du Comité d'instruction publique, était venu présenter un rapport sur la situation de ces artistes, et proposer la création d’un jury Spécial formé en dehors de la Convention, pour examiner et classer leurs ouvrages.
« Citoyens, le Comité de salut public ouvrit des concours dans le mois de floréal der-
nier pour l'élévation du monument dédié sur la place des Victoires à la mémoire
des citoyens morts pour la patrie dans la mémorable journée du 10 août; pour la figure de la Nature régénérée, sur les ruines de la Bastille ; l'arc de triomphe du 6 octobre sur le boulevard ; la figure de la Liberté sur la place de la Révolution ; la figure du Peuple Français terrassant le fédéralisme; la colonne qui doit être élevée au Panthéon en l'honneur des guerriers morts pour la patrie, et pour la statue de Jean-Jacques Rousseau. Le Comité de salut public appela les architectes à composer et à développer les projets et les plans d'architecture civile qui conviennent à une république pour ses divers monuments publics. Il appela tous les artistes à représenter à leur choix, sur la toile, les époques les plus glorieuses de la Révolution.
» Quelques artistes se sont empressés de répondre à cette invitation du gouvernement; les projets exposés n’offrent point en général d'heureux résultats. Plusieurs circonstances ont empêché le talent de se développer dans ce concours : d’abord le terme trop court qui avait été fixé. On n'aura jamais que des productions médiocres, lorsqu'on exigera des artistes des plans, des projets ou des modèles, dans un temps à peine suffisant pour en concevoir l’idée. Un autre vice de ce concours, c'est que les arrêtés qui l’établissaient n’en indiquaient point le programme et n'en désignaient point les prix.
» Cependant, il ne faut pas que toutes les espérances des artistes soient trompées et que leurs travaux soient perdus pour eux et pour la nation. Il faut juger ce qui a été déposé au concours pour encourager le talent; les artistes le demandent, ils l’attendent depuis longtemps, et c’est une justice qui leur est due et que commandent aussi l'intérêt et la gloire de la République.
» Les idées ne sont point encore fixées sur le meilleur mode d'organisation des jurys destinés à juger les ouvrages d'art. Le dernier jury fut nommé par la Convention, mais tout le monde sait que ce fut un seul homme qui fournit la liste des citoyens qui le composaient,.
» Le principe moral de toute élection est qu'elle doit être faite par ceux qui peuvent le mieux la faire et qui ont le plus grand intérêt à ce qu'elle soit bien faite. Aussi, on a pensé qu'il était beaucoup plus convenable que les concurrents présentassent une liste d'artistes, parmi lesquels le Comité d'instruction publique désignerait ceux qui doivent composer le jury. Cette forme d'opérer réunit deux avantages : les concurrents choisissent pour ainsi dire les arbitres de leurs talents, et le Comité intervient ensuite pour l'intérêt de la République. Ce mode avait déjà été employé par une loi de l’Assemblée législative du T décembre 1791, pour le jugement des ouvrages exposés au Salon.
» Votre Comité n'indique point en ce moment la nature des récompenses qui seront accordées aux artistes dont les ouvrages auront obtenu le suffrage du jury; il se réserve de le faire après le jugement et dans un travail général qu'il prépare sur les encouragements et les récompenses que la République doit décerner aux arts. Cette dette est arriérée depuis longtemps. On a beaucoup parlé des arts; mais, nous devons le dire, on n’a encore rien fait pour eux ; la médiocrité audacieuse et jalouse a profité des circonstances pour comprimer le talent modeste. Il faut que la patrie, délivrée de ses modernes oppresseurs, relève le courage des artistes recommandables par leurs travaux; qu’elle les arrache à la misère ;
qu’elle leur accorde à tous la même protection ; qu’elle appelle tous les peintres à ressaisir leurs pinceaux, pour retracer d’une manière digne du peuple les époques glorieuses de la Révolution : et qu'elle leur assure que leurs talents ne seront pas pour eux une source de proscriptions, mais un titre à la reconnaissance nationale. »
Après avoir entendu ce rapport, la Convention vota le décret suivant :
« ARTICLE PREMIER. — Il sera nommé un jury de 27 membres, pour juger les ouvrages de peinture, sculpture et architecture, remis au concours ouvert par les arrètés du Comité de salut publie des 3, 12 et 28 floréal ;
» ART. II. — Tous les citoyens qui ont concouru se réuniront le 20 frimaire dans la
salle dite du Laocoon, au Louvre, pour désigner quarante concurrents, dont ils transmettront les noms au Comité d'instruction publique qui en choisira 27 pour former le jury et 13 pour suppléants;
salles de la ci-devant
» ART. IIL.—Les objets proposés au concours seront réunis dans les Académie de Peinture, au Louvre; le Comité des inspecteurs du Palais national y fera transporter dans trois jours ceux qui sont dans le vestibule de la Convention ; les salles seront ouvertes à tous les membres du jury à compter du 25 frimaire ;
» ART. IV. — Le jury s'assemblera en séance publique le 26 frimaire ;
» Arr. V.— Le jury prononcera d’abord sur chaque partie du concours s’il y a lieu à accorder des prix ;
» ART. VI.— Si le jury estime qu'il y a lieu d'accorder des prix dans une ou plusieurs parties, les membres procéderont au jugement par appel nominal, sans discussion, et donnevont par écrit les motifs de leur opinion. Ils prononceront définitivement, à chaque séance, sur une partie du concours ;
» ART. VII. — Chaque membre du jury donnera aussi son avis par écrit sur les prix qu'il estimera devoir être accordés et sur les ouvrages qu'il croira dignes d’être exécutés aux frais de la nation ;
» ART. VIII. — Le jury tiendra procès-verbal de ses opérations : il le fera passer au Comité d'instruction publique, qui en ordonnera l'impression et en fera un rapport à la Convention nationale;
» ART. IX. — Le Comité d'instruction publique fera un rapport sur les moyens d’encourager les arts d'une manière utile à la gloire de la République ;
» ART. X. — Le présent décret et le rapport seront imprimés au Bulletin de correspondance ; l'insertion tiendra lieu de promulgation. »
Un jury spécial, dont Vien fut le président, avait été nommé conformément aux prescriptions du précédent décret.
Dans la première quinzaine de fructidor an IT, le représentant du peuple Portiez, de l'Oise, fit connaître à la Convention le résultat des jugements qui se ressentaient des transformations de l'opinion publique. En effet, bien des sujets soumis au concours étaient main tenant considérés comme rappelant trop une époque détestée; aussi, au lieu de donner aux artistes l'exécution de ces monuments, le jury avait préféré leur accorder un encouragement
pécuniaire en leur laissant le ehoix de la composition. Il avait aussi distribué des prix
semblables aux concurrents qui, sans obtenir la première place, avaient fourni des preuves de leur talent et de leur savoir.
Les motifs de ces différences dans les Cncouragements sont longuement expliqués dans le rapport suivant de Portiez :
« Tout ce qui peut ajouter, dit-il, à la prospérité nationale doit fixer l'attention des représentants du peuple; c’est sous ce point de vue que le Comité d'instruction publique a droit à vous intéresser dans le rapport qu'il vous présente aujourd'hui : il vient vous entretenir des arts et vous parler de leur utilité et de la nécessité de les encourager.
» Les arts du dessin sont l'école où se forment directement où indirectement presque tous les arts de l’industrie. Demander s’il faut encourager les arts du dessin, c’est demander s’il faut encourager l'industrie nationale. Et puisqu'il importe d'encourager l'industrie dont les ramifications s'étendent à une foule de professions dans la société, telles qu'à l'horlogerie, à l'orfèvrerie, à l'ébénisterie, à la menuiserie, etc., etc., n'est-il pas plus expédient d'encourager la perfection du petit nombre d'arts du dessin, qui entraîne avec elle la perfection des autres ?
» Législateurs, placés au faite de l'édifice, vous devez en saisir toutes les parties et en embrasser l'ensemble. Or, n’est-il pas sensible, aux yeux de tout bon calculateur politique, que les sommes avancées par le gouvernement pour l’encouragement des arts ne sont que des placements à gros intérèts? Les artistes français ne rendent-ils pas les habitants des
autres pays nos tributaires ? Et lorsque en échange de ce tableau, de cette ivure, de cette
statue, l'acheteur étranger vous donne son or ou des objets de consommation équivalents, n'est-il pas rigoureusement vrai que les finances de la République ont trouvé leurs intérèts bien stipulés dans les encouragements du gouvernement? Ce que j'avance ici se trouve confirmé par l'expérience, et, dans la balance du commerce, il résulte que 300,000 livres rapportaient jadis 5,500,000 livres. Ainsi l'artiste qui embellit et vivifie les formes de la matière n’est pas moins utile à la République que le fabricant qui façonne des produits bruts.
» Législateurs, les arts ont beaucoup perdu par la Révolution. Ils ont perdu l’ornement des temples, des maisons religieuses, des Couvents, la décoration des palais des rois, des jardins de luxe, les monuments que la flatterie consacrait aux princes, les mausolées que la douleur élevait à la reconnaissance, les figures et les tableaux qu'occasionnaient les réceptions ou agréments à l'Académie; enfin les arts ont perdu tout ce qu'ils pouvaient attendre du luxe des particuliers et tout ce que les étrangers tiraient de la France.
» Les véritables encouragements des arts du dessin dépendent des institutions politiques et religieuses ou du luxe public.
» Sous l’ancien régime, ces trois sources alimentaires étaient presque taries. Le gouvernement sentit qu’il importait d'y suppléer par des encouragements ; en Conséquence, depuis vingt ans, le gouvernement donnait annuellement une somme de 100,000 livres applicable aux statues des grands hommes que la France avait produits, et à des tableaux laissés pour le sujet au choix de l'artiste.
» L'Assemblée constituante avait décrété qu'une pareille somme de 100,000 livres serait employée aux ouvrages et commandes de monuments. Une seule fois, en 1791, cette
somme fut décrétée et à peine 60,000 livres ont été payées. Depuis cette époque qu'a-t-on fait pour les artistes ? Rien! Que dis-je! Loin de leur donner, on leur a demandé, et ils se sont empressés de donner à la République. Dans l'espace d’une année, une douzaine de concours proposés par la Convention nationale ont sollicité des productions en tout genre
du génie des artistes; trois mille ouvrages ont été produits.
» Citoyens, les circonstances ne permettant pas la dispendieuse exécution de ces travaux, la Convention n’a pas voulu laisser sans récompense de tels efforts. Un jury a été
nommé pour adjuger les prix aux meilleurs ouvr
» En se servant du mot prix, la loi du 9 frimaire n’en avait précisé ni la nature ni
l'espèce. IL ne pouvait convenir qu'à des artistes de donner à ce mot une interprétation
facilement applicable aux nombreux produits qui formaient la réunion de ces concours si
divers, si variés entre eux. Sans cette diversité de prix, sans une graduation de récompenses appropriées à toutes les espèces de travaux, le jury se serait vu dans la pénible alternative ou d’accumuler de trop fortes récompenses sur de trop faibles efforts, où de ne pouvoir
atteindre, d’un regard de la bienfaisance nationale, ces productions légères qui, pour n’offrir
que des espérances, n’en sont pas moins les germes du génie. Cest aux artistes seuls qu'appartient un pareil discernement, eux seuls aussi pouvaient établir une théorie nouvelle de récompenses nationales.
» Ainsi, libre dans l’acception qu'il pouvait assigner au mot prix, le jury a senti que,
de toutes les manières d'encourager les talents, celle qui remplirait le mieux les vues de la Convention nationale devait être celle qui serait la plus productive pour eux et pour la nation.
» Desséchés par six années de stérilité, les arts demandaient des travaux. C'eût été mal entendre leurs intérêts que de distribuer de simples récompenses pécuniaires presque inutiles à leur encouragement. C'est donc à convertir en ouvrages de toute espèce les prix qu'il devait distribuer, que le jury a dirigé ses soins et ses pensées. Il a voulu que le prix d'un bon ouvrage devint le germe et la source d'un meilleur; et si, dans l'échelle des récompenses qu'il a établies, il s’est déterminé à admettre des prix purement pécuniaires, ce n'est qu'au dernier degré et comme un remplacement indispensable en certains cas, où de nouveaux travaux ne pouvaient être commandés.
» Tel est l'esprit qui a guidé le jury dans la recherche des diverses espèces de prix dont chacun des arts pouvait être susceptible.
» Le résultat de la délibération du jury a été que six espèces différentes de prix pouvaient être applicables aux ouvrages de sculpture; quatre espèces de prix ont paru propres à être appliquées aux productions de l'architecture; six espèces diverses de prix ont été fixées pour la peinture.
» Citoyens législateurs, votre temps ne vous le permettant pas, le Comité n’entrera pas dans l'examen des programmes d'après lesquels les concours ont eu lieu. Je ne vous montrerai pas le jury, pour asseoir ses jugements sur une connaissance bien positive des objets à juger, se rendant compte à lui-mème des divers programmes en vertu desquels les
concours avaient eu lieu, autant pour s'éclairer sur les données qu’ils renferment que pour
examiner s’ils avaient été conçus de la manière la plus propre à favoriser le développement du génie. Si le Comité entrait dans quelques détails à cet égard, vous verriez le jury faire choix, pour l'application des récompenses nationales, d’une forme de jugement propre à l'assurer qu'elles seraient dispensées avec ce discernement, cette discrète économie et cette rigoureuse impartialité que la nation et les artistes avaient droit d'attendre. Si le jury n'a pas suivi la voie la plus expéditive, on lui doit cette justice qu'il a suivi la méthode que l'expérience lui a démontrée la plus propre à le conduire sûrement au résultat équitable auquel il désirait arriver. Le résultat des jugements du jury à été rendu public par voie d'impression et placardé dans tout Paris. Cet état comprend le numéro des esquisses et des projets, le nom, la patrie et la demeure des artistes qui ont obtenu des prix, la nature de ces prix, les sommes qui leur sont allouées ; aussi le public éclairé va juger à son tour ceux que la loi a établis juges des ouvrages des artistes.
» Il résulte du travail du jury :
» 1° Que sur environ 480 ouvrages de sculpture, architecture et peinture, présentés. à vingt-cinq concours différents, 108 ont été jugés dignes de récompenses :
ETES G RIT UD en nd Ne 23 En gravure en médaille. .. ,......... 3 M ME RE 41 NU PRET Et CN ENT 41
Totakremee 108
» 2 Que la totalité des sommes allouées aux artistes s'élève, savoir :
Pour les ouvrages de sculpture et gravure en médailles, à. . . 128,800 livres.
Pour ceux (iaréhitectute NE PRE LUN LUDO
Fo cons do peintors NE à Puget qe 205,000 — Total. . . . . . 449,800 livres.
» Gette somme, Citoyens représentants, vous paraîtra peu considérable, si vous daignez réfléchir que, vu le renchérissement général de tous les objets, elle ne représente pas, à beaucoup près, celle de 100,000 livres qui, suivant les décrets de l’Assemblée constituante, devait être annuellement employée au soutien et à l'encouragement des arts: que cette somme se trouve partagée entre un grand nombre d'artistes ; qu’enfin le payement en sera peu onéreux au Trésor national, puisqu'il ne s'effectuera que successivement par tiers, et dans le cours de dix-huit mois, à compter du jour auquel la Convention nationale aura ordonné ces travaux, de manière que le premier payement à faire (qui sera le plus fort de tous, attendu qu’il comprendra les prix pécuniaires, lesquels, à cause de leur modicité, doivent être payés en une seule fois) ne s’élèvera qu’à la somme de 212,800 livres, savoir :
» Pour le montant des prix pécuniaires de sculpture, architecture et peinture. 97,800
» Pour le tiers du montant des autres JT M ENS NT CS NET 115,000