PRIX PÉCUNIAIRES
Drolling, de Tubergheim, un prix pécuniaire. . . , . . !. 0 1,500 Moreau l'ainé, de Paris, 1 LAN te A A à D €. 1,500 Sweback Desfontaines, de ROSE 10 Et CRT NE SRE 1,500 Gérard, de Landau, 16: MR ee RER 1,500 Landon, du départ. de l'Eure, ce en Ra 24e mi 1,500 Devosges, de Dijon, LAS SE SE Le PP 1,500 Prud'hon, de Cluny, TPE. IC CNRA 2,000 Gérard (la citoyenne), de Grasse, id. ........ 2,000 Forty, de Marseille, DUR M Re EU 2,000 Courteille, de Paris, 0 et re ns a 2,000 Dunouy de Paris, LUE ne. UNION 2,000 Taurel, de Toulon, Ses ed. 1,500 Landon, de l'Eure, RERO HER AR. 2 1,500 Demarne, de Bruxelles, TS Te TR EN PNR 1,500 Sauvage, de Tournay, LPO LE SNS RRMESt | 1,500 Walnert, de Lille, nr des xd TN 2,000
Quant aux prix décernés aux nombreux artistes qui avaient répondu à l’appel de la Convention pour les différents projets d'architecture qui traitaient, depuis l'érection d'ares de triomphe, de colonnes commémoratives, d’arènes nationales et d'embellissements de Paris, jusqu'à la construction de mairies, tribunaux, prisons, fontaines et bancs publics, ils s’élevaient à la somme de 109,900 fr. Les noms de Sobre, Bienaimé, Percier et Fontaine, et surtout de Durand et Thibault, sont ceux qui reviennent le plus souvent dans cette large distribution de travaux.
Enfin, la liste se terminait par un avis de Quatremère et de Dufourny invitant les artistes, qui étaient portés pour les récompenses, à se présenter aux assemblées du jury des Arts séant dans la salle du Laocoon au Louvre, pour y recevoir un certificat constatant la nature et le montant du prix qu'ils avaient obtenu.
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Les encouragements décrétés par la Convention et les distinctions accordées par les juges du concours formaient sur le papier un chiffre très honorable ; mais bien des artistes restaient encore à l'écart, ceux surtout qui faisaient autrefois l'ornement de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture.
Leur fierté les avait peut-être empêchés de figurer sur la liste dressée par le Comité d'instruction publique. Colorant du prétexte de la dignité de l'art leur mécontentement et leur ressentiment contre l’homme qui s'était fait le promoteur de ce nouveau régime, ils avaient attendu que la réaction leur donnât une occasion d'attaquer son œuvre. Le moment leur sembla venu, quand, en 1795, tout ce qui se ra ttachait au gouvernement révolutionnaire était proscrit, et ce fut sans doute sous leur inspiration que fut rédigée la préface suivante du livret de l'Exposition ouverte au mois de vendémiaire an IV, au grand Salon du Muséum du Louvre :
« De tous les moyens d'exciter l'émulation parmi les artistes, il n’en est pas de plus puissants que les lices ouvertes à tous, dans lesquelles les talents essayent leurs forces les uns contre les autres. Ces joutes étaient en usage chez les Grecs, avec qui nous avons tant de traits de ressemblance. Les villes mème luttaient entre elles à qui renfermerait dans leur sein les plus belles productions des arts et les monuments les plus fameux.
» S’agissait-il à Athènes, à Rhodes, à Corinthe, à Sicyone, enfin dans toute la Grèce,
d'élever une statue à leurs divinités, hommes el femmes de tous états s'empressaient de
se montrer sans voile aux yeux des statuaires et se glorifiaient d’avoir été choisis par eux pour produire un chef-d'œuvre qui l’'emportât sur ceux des villes rivales.
» Mais sans parler de cette ambition de ville à ville qui, chez ces peuples ingénieux,
était la suite de leur passion pour les beaux-arts, les concours entre les artistes sont d’absolue nécessité pour les arracher au sommeil et donner de l'extension à leur génie créateur. Mais ilest différentes espèces de concours plus où moins salutaires.
» Pour les élèves, on ne saurait trop multiplier les joutes entre eux. Ue sont de jeunes coursiers qu'il faut exercer tous les jours. Ils n'ont point encore de lauriers à flétrir : ils sont vaincus aujourd'hui, demain ils seront vainqueurs. Leur chute est toujours légère et n'a point de suites dangereuses.
» Il n’en est pas de même pour les artistes déjà entrés en réputation. Les concours ouverts, par exemple, pour tels ou tels travaux publics, quoique bons en eux-mêmes, on des inconvénients. Leur vice inhérent est de n’offrir qu'un prix à remporter entre des athlètes déjà renommés. Ceux qui jouissent le plus de réputation, dans le doute d’un succès, dont personne ne peut répondre, dans la crainte d'exposer leur gloire à une atteinte et leur amour-propre à une humiliation, peuvent ne pas se présenter; c’est un malheur pour le bien de la chose; mais cela peut arriver. L'artiste de mérite ne se met pas en avant, il attend qu’on l'appelle. Il n'aime pas à lutter en quelque sorte corps à corps el sur un mème sujet avec l'émule dont il estime le talent. Quand il a l'âme noble, tout véritable artiste doit l'avoir, il ne veut ni humilier son rival, ni l'être par lui. Ainsi, par une fierté, un orgueil
and mérite, les concours de ce genre peuvent n’altirer que de
si l'on veut, attaché au gr.
faibles concurrents.
» Entre habiles gens, les seuls concours qui font éclore des merveilles sont ceux où les artistes, livrés à leur propre génie, libres dans le choix du sujet qu'ils traitent, sans redouter une défaite affligeante, sans anxiété, travaillent avec liberté d'esprit, espérant exposer leurs (ravaux au public éclairé qu’ils prennent pour juge. Ce public, qui est juste, quand il n’est point agité par une impulsion étrangère, ne donne pas pour une seule couronne. Il en donne à celui-ci pour la grâce, à celui-là pour l'énergie, à l'un pour la correction, à l’autre pour les idées heureuses ; en sorte que chacun s'en retourne avec la palme qu’il mérite. Tous sont contents el encouragés ; tandis que les concours dont on vient de parler font naître les cabales, les haines, le découragement et la jalousie.
» Les concours vraiment utiles sont donc les Expositions publiques et sans exception. Si elles ont l'inconvénient d'entendre quelquefois se mêler dans ce concert quelques voix faibles et discordantes avec d'excellents chanteurs, il est léger pour le bien qui en résulte. C’est aux ordonnateurs de ces sortes d'expositions à jeter ces faibles voix dans les chœurs et à faire jouer des so/o aux grands vértuoses. C’est dans ces rendez-vous généraux que le Souvernement pourra distinguer ceux que des succès constan(s tirent de la foule; y remarquer ceux qu'il faut employer dans les occasions majeures, ou encourager ou développer par quelques travaux. Il est donc à souhaiter, et tout le f diques les artistes continuent à être invités à ces rendez-vous, mais pourtant sans infliger
ait espérer, qu'à des époques pério-
de peines à ceux qui se tiendraient à l'écart. Si le talent a de la fierté, il à aussi ses caprices et ses bizarreries, témoin Rousseau l'immortel. On peut trouver des Diogènes qui ne veulent point sortir de leur tonneau ; il faut alors, qu'à l'exemple d'Alexandre, l'œil de la nation les y aille visiter.
» Si, dans ces expositions si salutaires et si honorables aux arts, les artistes, après les persécutions et les fureurs du Vandalisme, après s'être vus suspendus dans leurs travaux par la Terreur, étaient encore atteints des morsures d'une critique injuste et envenimée, qu’ils songent que la nation leur ouvre son palais, les couvre de son égide, les regarde et les console. »
A cette Exposition, organisée par les artistes sur l'invitation de la Commission exécutive de l’instruction publique, David, qui, sans être détenu, était encore sous le coup du décret de la Convention du 13 prairial, avait envoyé deux portraits, malgré l'indication du livret ainsi rédigé :