‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 160 sur 328 · NAPOLEONIS FRANCORUM IMPERATORIS PRIMARIUS PICTOR LUD. DAVID. PARISIS · texte numérisé non relu

NAPOLEONIS FRANCORUM IMPERATORIS PRIMARIUS PICTOR LUD. DAVID. PARISIS

et à la suite, une étoile, signe de la décoration de 1

a Légion d'honneur dont David est membre.

» Toutes ces précautions inusitées et la dimension un peu petite du ch peuvent faire croire qu’on n’a pas eu l'intention de f seulement un monument historique.

amp du portrait, aire un tableau d'apparât, mais

» En admettant cette supposition, on ne saur

ait trop louer le peintre de s’être attaché scrupuleusement, comme il l'a fait,

à copier les traits de son modèle, à en bien exprimer le caractère, et à éviter toute licence pittoresque qui aurait pu afaiblir la vérité de cette expression ; il aura dû aussi se faire une loi rigoureuse de ne rien changer au costume, soit dans la forme des vêtements, soit dans la nature des étoffes.

» Mais des vêtements sans souplesse, qui ne sont point arrêtés à la ceinture, comme le rochet, le camail et l’étole: ou des enveloppes épaisses et multipliées qui,

loin de laisser apercevoir les formes du corps, ne se prêtent mème p

as à ses mouvements les plus prononcés :

des étoffes qui s'étendent et se soutiennent d’elles-mêmes s

obliques où rompues, sans découvrir ou seulement le visage et les mains : de telles draperies, dis une figure ass

ur des lignes perpendiculaires, sans indiquer d’autres parties de nu que -je, donneront toujours et inévitablement à ise, l'air gêné qu’on remarque dans ce portrait. Le gr: peintres qui ont eu à traiter de semblables sujets, point avec un si grand soin à limitation exacte de que David eût prise comme eux en toute autr.

soin à été de subordonner l'intérêt de l’ar

and Raphaël et d’autres ont éludé cette difficulté en ne s’attachant S vèlements : licence sage sans doute, et e circonstance. Dans celle-ci, son premier t à celui de l'histoire. Il me semble que, loin de

l'en blâmer, il faut lui savoir gré de n’avoir rien négligé pour faire du portrait du P

ape un monument vraiment historique.

» Je laisse néanmoins au lecteur à décider jusqu'à quel point cette considération explique et justifie l'inscription toute personnelle au

dans ce tableau. »

Comme le dit le critique des Débats, David œuvre historique, et pour lui-même

peintre qui occupe une si grande place

avait voulu dans ce portrait créer une une étude précise, se réservant, comme il le fit au

reste, d'interpréter et de poétiser la grande figure du Pape dans son tableau du Sucre,

L'étude séparée qu'il peignit aussi de Pie VIT et du Cardinal Caprara, son légat, rentre, par l'ampleur et la liberté de la facture, dans les œuvres où l'artiste s’abandonne à ses impressions, ne regardant la nature que comme le guide qui doit le conduire le plus sûrement à l’expression pittoresque de ses idées.

Le Portrait du Pape était exposé, avons-nous dit, dans la galerie du Sénat. Ce musée, demandé par les Préteurs du Sénat et décrété en 1801, sur la proposition de Chaptal, ministre de l'Intérieur, avait été organisé en 1802 par Naïigeon, avec les tableaux de Rubens

qui formaient la galerie de Marie de Médicis, et ceux de Le Sueur, qui décoraient le cloitre

des Chartreux. On pensa à y faire exposer les tableaux des Æoraces et de Brutus et le 13 brumaire an VII (3 novembre 1803), Chaptal informa David du désir du Sénat.

« Le Sénat conservateur, citoyen, m'a témoigné le désir de faire placer dans sa galerie

deux de vos tableaux, qui appartiennent au Gouvernement et qui sont en ce moment dans vos ateliers.

» Le Gouvernement ne pouvait qu'accéder avec intérêt à ce vœu, qui prouve la juste estime que le Sénat accorde à vos talents.

» Je suis chargé de vous annoncer que vos deux la leaux seront placés dans la galerie du Sénat, auprès de ceux de votre illustre maitre. »

Deux jours après, Laplace, chancelier du Sénat, écrivait aussi à David :

« Le ministre de l'Intérieur me mande qu’il a été décidé par le Gouvernement que les deux tableaux du Serment des Horaces et de Zrutus après la mort de ses fils, seraient mis à ma disposition pour être placés dans la galerie du Sénat. Dès que j'ai été chargé de la

surveillance de cette galerie, je me suis empre e demander au ministre les deux

tableaux dont il s’agit, bien faits pour ajouter aux richesses

du Musée du Sénat el aux jouis-

sances du public. Je me félicite de voir aujourd'hui cette demande accueillie par le Gouver-

nement, et je ne doute pas, citoyen, que vous n'ayez aulant de pl

ir à exécuter que j'en ai eu à provoquer une décision qui, enrichissant la galerie du Sénat de deux des plus belles productions de l’école française, rapprochera de l’Zermile, du sénateur Vien, les ouvrages distingués d’un élève qui l'honore.

» Pour compléter à cet é

ard les jouissances du publie et ajouter au fruit que les élèves

pourront retirer de l’étude de ces morceaux précieux, je vous invite à concerter sur le lieu

même avec le citoyen Naïgeon aîné, conservateur du Musée, les moyens de placer dans le jour le plus favorable les deux tableaux qu'il est chargé de retirer. »

Ces démarches si flatteuses décidèrent David à abandonner le droit qu'il s'était réservé de conserver dans son atelier ces tableaux qui n’en étaient sortis que pour les Salons de 1785, 1789 et 1791. Ces toiles mises sous les yeux du public commencèrent, avec quelques ouvrages de Vien et de Vernet, cette suite de nouveaux chefs-d'œuvre, qui se continue de

nos jours, ét fait la principale richesse de l’école française moderne.

A cette époque, on s’occupa de réorganiser le Muséum spécial de l'école francaise, fondé à Versailles en 1793, avec les peintures et les sculptures présentées par les artistes à

l'Académie royale pour leur réception. Denon s'adressa à David pour obtenir son tableau

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