‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 161 sur 328 · PORTRAIT DU PAPE PIE MU · texte numérisé non relu

PORTRAIT DU PAPE PIE MU

de la Douleur d'Andromaque. Celui-ci accueillit favorablement cette requé

èle, qui cependant n'eut pas de résultat, en manifes{ant se

ulement le désir de retoucher certaines parties de cette œuvre de sa jeunesse. Il profita aussi de cette circonstance pour demander les surmoulages des antiques qui pouvaient lui servir pour son tableau de Zéonidas.

David, peintre et membre de l'Zastlitut, au cüloyen Denon, membre de l'Institut,

directeur général du Muse

lapoléon, ete., ele.

« 16 frimaire an XII.

» Mon cher collègue,

» Je vous remercie de l'intérêt que Vous prenez aux ouvrages sortis de mes mains : je

me donne beaucoup de peine pour le

$ produire ; une fois faits, je m'occupe fort peu de ce qu'ils deviendront. C’est un tor

l j'en conviens ; mais ainsi l'a voulu cet te bonne nature qui a donné à chaque individu un caractère différent ; enfin voilà le mien. C’est

alors que les bons amis nous deviennent bien utiles,

et vous m'en donnez une Gertes, je préfère que mon tableau d'Ardromaque ple exposé dans le Musée de Versailles que

preuve en cette occasion.

Urañnt sur le corps d'Iector soit plutôt dans les salles de l'École de peinture, où il est Vous représen(erai, mon cher collègue, que vous ne me rendriez que la moitié du service, $

caché pour -les amateurs ; mais aussi je

Ï vous n’obteniez pas du ministre, ou par vousmême, la permission que j'y retouchasse.

» I y a plus de dix ans que je souffre d’y voir certains défauts faciles à réparer, d'abord de la dureté dans les lumières sur la draperie blanche de la gorge des ombres trop dures. La main de l'enfant sur

les côtes d'ÆZector qui sont tr

d'Andromaque coupées par la poitrine de sa mère est trop noire, puis op senties et en font plutôt le Corps d’un écorché que celui d’un héros que Vénus protégeait encore après sa mort, jusqu’à lui conserver les mèmes formes ajouterai encore la demi-teinte du bras d’Æecior me bornerai là pour ne pas m'entrainer à faire chose qui ne réussit pas en pareil c retoucher et non pas repeindre après

qu'il avait avant d'avoir cessé de vivre. J’ du côté de la lumière qui est trop noire. Je

un nouveau tableau ( as). Enfin, je veux simplement

avoir fait enlever le vernis, cela s'entend. Ces riens-là tableau et ne seront pas longs à faire ; d’ mieux votre intention d’après l’idée que vous

» En demandant ce tableau

réunis en feront un meilleur ailleurs je remplirai

et les étrangers ont de mes faibles talents.

aux professeurs de l’École de dessin, n’oubliez p réclamer sa bordure ; informez-vous de ce qu'ils en ont fait, mon nom et l'année que je l'ai fait étaient écrits dans un cartel en haut de la]

as de

bordure. En donnant vos ordres aux gardiens d’en faire la recherche, ils ne manqueront sûr

ement pas de la retrouver dans les Magasins du Musée.

» Adieu, mon cher collègue, je vous salue avec amitié,

» DAVID,

€ S'il vous plait de lire la suite. Je me suis informé au citoyen Lange, sculpteur, comment je pourrais me procurer le plâtre de certaines têtes dont j'aurais besoin pour le

perfectionnement de mon tableau, si elles étaient moulées, et comment je pourrais les avoir. Il m’a répondu que cela dépendait de vous, que c’était fort facile d'en estamper celles si vous aviez la bonté de m'en

dont j'ai indispensablement besoin; qu'il vous expliquerait, s donner la permission, la manière dont il s'y prendrait. Nous sommes l’un et l’autre trop amis de ces chefs-d’œuvre pour ne rien faire qui püt altérer leur beauté primitive. Comme je parle à un homme éclairé dans les arts, je n’entrerai pas dans de plus longs détails pour

lui en faire sentir la nécessité pour un tableau, surtout comme celui que j'entreprends et où

ie ne puis trouver des modèles que parmi les Grecs et dans ceux encore du plus beau choix. J I j!

Le ministre a fait don à beaucoup d'artistes des plâtres des principales figures antiques; je suis le seul à qui il n’ait pas été fait cette grâce, el je ne suis pas celui cependant qui aime le moins l'antique! »

Quand David avait reçu la nomination de premier Peintre et ensuite l'avis de retirer du Louvre son tableau des Sabines, il avait pensé que le moment était propice pour solliciter du gouvernement l'acquisition de cet ouvrage. 72,000 mille francs étaient le prix qu'il mettait à cette œuvre. La demande fut présentée par Claret de Fleurieu, alors Intendant général de la Couronne. L'Empereur fit répondre qu’il ajournait cette acquisition, mais il informa David qu'il approuvait qu'un à-compte de 25,000 francs lui fût donné sur les tableaux du C'ouronnement.

Malgré cet avis favorable, David, n'ayant rien reçu, se vit forcé d'écrire à M. de Fleurieu

la lettre suivante :

germinal an XII (15 avril 1805).

» Monsieur, sur ce que vous me fites l'honneur de me dire à la Malmaison, sortant de faire votre travail avec l'Empereur, que Sa Majesté avait remis jusqu’à son retour le payement de mon tableau des Subines, j'eus l'honneur de voir Sa Majesté pour lui demander

ément au mariage d’une de mes filles, et je profitai de l’occasion pour lui repré-

Son à

senter combien il était important que j'eusse de l'argent pour avancer, pendant son absence,

les ouvrages commencés et lui mén:

er une surprise à son retour. Sa Majesté, approuvant mes respectueuses représentations, m'accorda une somme de 25,000 francs.

» C'est cette somme, Monsieur l’Intendant général, que je réclame. Ayez la bonté de me la faire payer au plus tôt. La belle saison se présente ; je brûle de prouver mon zèle à Sa Majesté, faites-moi surmonter les obstacles qui tendent toujours à refroidir L’enthou-

siasme. »

Sa demande fut de nouveau soumise à l'Empereur, qui était alors à Milan, où il venait de recevoir la couronne royale d'Italie. Sa Majesté écrivit en marge du rapport de l'Intendant

général :

« Si M. David n’a encore rien recu pour les tableaux du Couronnement auxquels il travaille, je ne vois pas d’inconvénient qu'on lui donne 25,000 francs.

» Milan, 25 floréal an XIII.

» NAPOLÉON

Page 1