DAVID EST NOMMÉ MEMBRE DE PLUSIEURS ACADÉMIES
» Si è creduto perd conveniente supplire al ritardo colla solennità dell’ ammizione » portato non secondo la consuetudine in due diversa sedute, ma nel medesimo istante, non » per voti segreti, ma per universale acclamazione.
» L’Accademia vive nella fiducia che voi, egregio signore David, sarete per aggradire » questa distinzione ben dovuta al vostro singolar merito, e che vorrete ben compiacervi di » soddisfare agli obblighi in tale circonstanza adempiuti gia dagli altri nostri colleghi; li » pui pregievoli dè quali per noi saranno il dono d’un qualche vostro saggio di pittura che » cirenda continua testimonianza dell insigne valore di si egregio nostro collega, ed il vostro » ritratto, in continuazione della serie genealogica dè nostri colleghi.
» Ricevete gli attestati della sincera stima, colla quale i qui sottoscritti si dichia-
» rano, eC., EC. »
David répondit à cette distinction flatteuse par les lignes suivantes :
« 17 décembre 1811.
» Monsieur et cher confrère,
» J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, en date du 4 novembre, par laquelle vous m'apprenez que l'Académie de Saint-Luc a daigné m’admettre au nombre de ses membres; vous ajoutez que l'Académie me croyait déjà admis depuis longtemps, et que cette erreur avait occasionné le retard de mon incorporation.
» J'étais loin de penser, je vous assure, que l'Académie eût pu m'oublier, et comme étranger je me bornais à admirer les ouvrages de certains de ses membres, quand l’occasion s’en présentait, ou bien je me les faisais raconter par ceux de ma connaissance qui arrivaient de cette terre classique.
» Mais aujourd'hui, Monsieur le Secrétaire, ma surprise et ma reconnaissance sont extrêmes : non seulement l’Académie me fait l'honneur de m’admettre dans son sein, mais elle consent à enfreindre en ma faveur ses règlements pour m'y « proclamer par acclamation ».
» À quoi puis-je attribuer cette innovation? A mon mérite? Non, me dis-je; beaucoup d’autres auraient des droits plus légitimes ; je ne puis done l’attribuer, mon cher confrère, qu'à mon attachement inviolable pour tout ce qui tient à l'Italie, ou bien mieux au choix que notre auguste Empereur à daigné faire de ma personne pour être son premier Peintre.
» Je vous supplie, Monsieur le Secrétaire, de présenter mes hommages à l'illustre corps dont vous êtes l'organe et de vouloir bien lui faire agréer les sentiments de la parfaite consi-
dération avec laquelle j'ai l'honneur d’être. » DAVID,
Premier Peintre de S. M. l'Empereur et Roi, officier de la Légion d'honneur, membre de l'Institut Impérial de France.
» P.-S. Je me ferai un devoir de me conformer à vos usages en vous envoyant un ouvrage de ma main, avec mon portrait. »
En écrivant à Canova pour le remercier de ce vote de l'Académie de Saint-Luc, illuien attribue tout l'honneur; «Cest le présentateur, dit-il, que l'Académie a justement considéré.
Canova, le nom de Canova a tout fait, » et il assure son ami qu'il conservera ce souvenir
jusqu'à la fin de ses jours.
En mars 1812, ce fut le prince de Schwarzenberg qui annonça à David que l'Académie impériale et royale des Beaux-Arts de Vienne, en séance solennelle pour la naissance de l'Empereur, lui avait décerné le diplôme de membre honoraire.
Enfin, plus tard, la Société des Beaux-Arts et de Littérature de Gand le nomma aussi, le 10 juillet 1814, membre honoraire.
David, qui ne pensait pas qu'il irait un jour demander l'hospitalité à la Belgique, envoyait, le 19 septembre 1814, à la Société la lettre suivante, qui devait flatter honora-
blement l'orgueil national de ses membres :
« J'ai reçu, répondait-il, la lettre que vous m'avez fait l'honneur d'écrire, dans laquelle vous m'annoncez que la Société des Beaux-Arts, dans sa séance du 10 juillet dernier, m'a nommé membre honoraire de la classe de peinture; cet honneur, Monsieur le Secrétaire,
me flatte infiniment.
» Si je ne mérite pas cet honneur uniquement par mon talent, j'en suis digne, j'ose le dire, sous le rapport de l'amour que je porte aux Flamands qui ont une aptitude naturelle pour les arts. Je suis dans le cas d’en juger plus que bien d'autres, mon atelier étant composé de toutes les nations. Les Flamands, plus particulièrement, sont toujours ceux qui se sont le plus distingués.
» Je vous prie, Monsieur le Secrétaire, de vouloir bien être l'interprète de ma recon-
naissance auprès de la Société des Beaux-Arts, et de lui rappeler en mon nom qu'un peintre
doit se faire gloire de faire partie d’une Société qui habite la patrie des Rubens, Van Dyck,
Téniers, ete. »
Comme membre de l'Institut et de ces différentes sociétés académiques, David était entré’en relations avec les hommes les plus éminents de l'Europe. Nous avons dit comment il se trouvait aussi le collègue de Canova, qu'il avait connu, pendant ses deux séjours à Rome, par Quatremère, leur ami commun. La conformité de leur goût dans les arts, la réforme qu'ils poursuivaient, l'un en Italie avec la sculpture, l’autre en France avec la peinture, les avait bientôt unis d'amitié.
David avait pensé à confier à Canova la direction artistique de son fils Eugène, qui
montrait de grandes dispositions pour la sculpture, et quand, en 1802, le grand artiste italien était venu en France et avait été nommé par l’Institut associé étranger, son ami, pour l’honorer, avait donné plusieurs diners, auxquels il avait invité leurs confrères les plus en renom. Enfin, la conduite de la Classe des beaux-arts à leur égard avait encore resserré ces liens, et à chacun de ses voyages Canova se retrouvait volontiers avec son collègue.
David se plaisait à rassembler dans l'intimité ses élèves et ses amis autour de sa table.
L'imprévu ajoutait quelquefois au charme de ces réunions cordiales.