‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 20 sur 328 · PÉCOUL · texte numérisé non relu

PÉCOUL

A cette lettre en était jointe une de M®° Pécoul, adressée à M®° David, lui faisant les mêmes reproches, l’informant de la santé de son père et de ses enfants et se plaignant de ce

qu'on n’ait pas envoyé la mesure exacte du châssis destiné à recevoir la toile des Æoraces.

Mais toutes ces invitations au départ étaient contre-balancées par le chagrin qu'éprouvait David d'abandonner Drouais, et l'exposition des pensionnaires de l'Académie n'était sans doute qu'un prétexte pour reculer le moment de leur séparation.

L'amitié que David portait à cet artiste s'était accrue pendant qu'il l'aidait à ses Horaces. T1 lui avait expliqué devant les merveilles de Rome les causes de son admiration pour l'antique, et développant les motifs de la réforme qu'il tentait dans les arts, il avait rencontré en lui un fervent disciple. Il avait pu aussi, dans les relations de chaque jour, apprécier la noblesse de sentiments de ce jeune homme, son ardeur au travail, son amour de la gloire et aussi le côté maladif de son caractère qui le portait à s'effrayer des efforts de ses rivaux et à se méfier de ses propres forces. Peut-être aussi pressentait-il qu'il ne devait plus le revoir et que ces deux cœurs si bien liés l’un à l’autre allaient être séparés pour jamais. On retarda le départ autant qu’il fut possible, mais il fallut enfin s’y résigner.

Pendant ce temps, les Zoraces étaient en route pour Paris, où le public les attendait avec impatience et intérêt, car le bruit avait couru que leur auteur avait été assassiné.

Une indication donnée plus tard par Élysée Reclus dans ses S/alions d'hiver de la Méditerrante fournit peut-être l’origine de cette nouvelle. David, dit-on, aurait couru quelques dangers à son retour. Surpris par la nuit et l’orage entre Monaco et Villefranche, il aurait reçu l'hospitalité chez le curé d'Ésa, et pour reconnaître ce service lui aurait laissé en partant deux ouvrages qui, dit-on, après avoir orné l’église, ont été entièrement détruits par le temps.

Le Salon de 1785 s’ouvrit sans que le tableau des Zoruces fût encore placé. Il était cependant ainsi porté au catalogue :

PAR M. DAVID, ACADÉMICIEN

N° 103. Serment des Æoraces entre les mains de leur père.

C£ TABLEAU DE 13 PIEDS DE LONG SUR 10 DE HAUT EST POUR LE Rot.

N° 104. Zélisaire.

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