DAVID EST ÉLU PRÉSIDENT PAR LES DISSIDEN
travail important. Elle les à invités en conséquence à apporter des mémoires motivés sur cet objet, et de les remettre dans les mains de Monsieur le Directeur.
» Messieurs les Officiers se proposant aussi de travailler feront aussi la remise de
leurs observations à Monsieur le Directeur qui, désirant l’union entre artistes dont les
sentiments les plus vifs sont de soutenir la gloire de l'École frança convoquera alors une Assemblée générale, où l'on prendra les moyens de concilier les esprits, et de faire régner dans la Compagnie une concorde fraternelle. Le tout sera communiqué à Monsieur le Directeur général qui le mettra sous les yeux du Roi. » Certifié conforme à l'original, le 13 décembre 1789. » RENOU,
» Secrétaire adjoint de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture.
Par cet extrait du procès-verbal, les Académiciens se crurent autorisés à se réunir pour s'entendre sur la révision des statuts, et le 14 décembreils tinrent au Louvre, dans les salles
de l’Académie, leur première séance dont voici le procès-verbal :
Journal des assemblées de Messieurs les Académiciens.
« Aujourd'hui quatorze décembre 1789, en vertu de la délibération dernière de l'Académie royale de Peinture dans son assemblée du 5 de ce mois, Messieurs les Académiciens sont assemblés particulièrement dans les salles pour former leurs représen-
sur les statuts. A l'ouverture de la séance on a procédé à l'élection d'un Président.
tations
Les voix prises par le scrutin écrit, M. David a été nommé Président et a pris séance en cette qualité.
» On a procédé immédiatement après à la nomination d’un Secrétaire, et les voix prises comme ci-dessus, M. Miger a été élu Secrétaire et en a pris les fonctions.
» L'assemblée a arrêté que le cahier de Messieurs les Académiciens sera fait séparément
par Messieurs les Académiciens entre eux, si par suite on ne décide pas autrement.
» L'assemblée a arrèté de nommer des commissaires qui feront la rédaction des représentations de chacun en particulier, et en a fixé le nombre à cinq, sans compter Monsieur le Président, commissaire de droit par sa place, et le Secrétaire.
» Les commissaires nommés sont MM. Le Barbier, Jollain, Restout, Pasquier, Houdon.
ssemblée a été indiquée à samedi prochain.
» David, président, B. Duvivier, Le Barbier, Pasquier, Bilcoq, Dumont, Vestier, Jollain, Lempereur, Jeaurat de Berty, de Lespinasse, Regnault, Taillasson, Giroust, Cathelin, Hüe, Restout, de Waïlly, Monot, Foucou, Callet, Miger, secrétaire.
Après cinq séances dans les salles du Louvre, employées à entendre les réflexions de plusieurs membres sur les réformes à apporter à la constitution de l'Académie, les Académiciens,
les affaires et dans tous les cas », chargèrent Miger et Restout de rédiger leur demande pour
réduisant leurs prétentions à obtenir « voix consultative et délibérative dans toutes
entre les mains des Officiers, signée de David, président, et Miger, secré-
qu’elle fût dépo taire, au nom de tous leurs collègues.
Miger et Restout exprimèrent ainsi le vœu de leurs confrères.
« Par la délibération du 5 décembre dernier, sur la demande présentée le même jour ité de faire la révision et la réforma-
par les Académiciens, l'Académie a reconnu la né
tion des statuts, de l’un desquels elle avait même déjà suspendu l'exécution.
» Cette nécessité a été si évidente aux yeux de l'assemblée qu’elle a invité les Académiciens à « l’aider dans ce travail important ».
» Animés du désir de seconder les vues de l'Académie, ils ont tenu entre eux plusieurs conférences qui les ont conduits à se convaincre que tout ce qui pourrait se faire sans le concours respectif de tous les membres de l'Académie, serait infructueux ; ils ont pensé que les observations de Messieurs les Académiciens Officiers pouvant leur être infiniment utiles, ils auraient trop à reuretter si cette division de travail les privait d’un secours qu'ils regardent comme un des premiers et des plus sûrs moyen de procurer « l'union entre artistes confrères, de concilier les esprits et d'établir une concorde fraternelle dans PAcadémie ». Tels sont les termes de la délibération du 5 décembre dernier.
» En conséquence, les Académiciens ont arrèté qu’à la prochaine assemblée ils présenteront leurs sentiments pour cette réunion indispensable, prévue d'avance par ladite délibération, et qu'ils demanderont la nomination de commissaires dans toutes les classes en nombre proportionnel, à l'effet de s'occuper en commun des améliorations ou des changements de leur régime, sur les observations qui leur seront remises par les divers membres de la Compagnie.
» Etont signé Messieurs :
» David, président; Miger, secrétaire, autorisés à cet effet par la délibération du 17 janvier ci à côté. »
Cette demande transcrite, de Lespinas
qui n'avait pas assisté aux séances précé-
dentes, y apposa sa signature. Elle fut lue le 30 janvier par Miger aux Officiers et déposée sur leur bureau sans
observation.
Mais le 5 février, à leur réunion ordinaire, les Officiers prirent la résolution suivante : COMITÉ DES OFFICIERS
Réponse aux observalions des Académiciens par les Officiers de l’Académie.
« Aujourd’hui 5 février 1790, Mes jeurs les Officiers composant la classe délibérative et
administrative de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture assemblés extraordinairement, après avoir examiné et pesé avec attention l'écrit lu et remis sur le bureau à la séance du 30 du mois passé par M. Miger, graveur de l'Académie, ont été surpris d'y voir M. David s’y qualifier de président et M. Miger de secrétaire. La classe de Messieurs les istant pas comme corps séparé dans l'Académie n’a et ne doit avoir
Académiciens n’e ni secrétaire ni président.
» Ils ont été surpris que MM. David et Miger se soient dits autorisés par tous les Académiciens à signer en leur nom, sans en administrer la preuve. Cette preuve devait ètre une autorisation en bonne forme signée de tous.
» Cet écrit même semble attester d'une manière tacite que tous les Académiciens n'ont pas donné à MM. David et Miger: leur procuration, puisque le chevalier de Lespinasse à signé ces écrits pour son compte. Mais peut-être cet académicien est-il le seul qui ait voulu adhérer à cette procuration générale restéesans date entre les mains de MM. David et Miger.
» Messieurs les Officiers ont enfin observé que cet écrit présente un contraste frappant avec l'adresse de Messieurs les Académiciens lue à la séance du 5 décembre dernier. Ladite
adresse est chargée de vingt-trois signatures et ledit écrit en question n’en offre que trois.
Comment ceux de Messieurs les Académiciens qui se sont empressés de signer la première adresse n’ont-ils pas eux-mêmes signé la seconde?
» Tout considéré, ne reconnaissant dans cet écrit aucun caractère légal et d’authenti-
cité, et n’y trouvant qu'une répétition des idées de la première adresse, et une irrésolution à se conformer à la délibération de l'Académie du 5 décembre dernier, dont M de Messieurs les Officiers à jugé qu'il n’y avait rien à statuer sur cet écrit.
ieurs les Académiciens eux-mêmes ont témoigné leur satisfaction, le Comité général
» Pour le surplus, Messieurs les Officiers déclarent s’en tenir à la délibération du 5 décembre dernier, à laquelle Messieursles Académiciens voudront bien se conformer.
» En outre, Messieurs les Officiers, instruits que Messieurs les Académiciens, avec l'agrément du Directeur, ont tenu depuis deux mois six conférences dans les salles de l'Académie, et trouvant le temps suffisant pour fixer les points capitaux de leurs Mémoires, ont arrèté que Messieurs les Académiciens en feront la rédaction dans leurs maisons
particulières, de peur que ces assemblées partielles d'Académiciens et d’Officiers ne
fassent croire au public qu'il règne entre les divers membres de l’Académie une dissension qui n'existe pas.
« Signé: Vien, Lagrenée, Doyen, Pajou, Vanloo, Bachelier, Caffieri, Brenet, Bridan, J.-J. Lagrenée, Mouchy, Berruer, Julien, Suvée, Le Comte, Vincent, Boizot, De Machy, Gois,
le chevalier Roslin, Cochin, Duplessis, Robert, Voirot, Wille, Van Spaendonck, Besson. »
Cette décision malheureuse et plus maladroitement rédigée fut lue le lendemain à l’ouverture de l’Assemblée générale. Elle ne manqua pas de soulever de vives récriminations de la part des Académiciens, blessés du ton arrogant de Messieurs les Officiers qui leur refusaient brutalement les salles de l’Académie. Ils déposèrent une nouvelle motion que David, attaqué plus particulièrement par lesinsinuations malveillantes qui allaient jusqu’à le soupconner de mensonge et même de faux, soutint avec violence et passion.
Cependant Le Barbier parvint à lire une longue proposition, sans se laisser troubler par les nombreuses interruptions des Officiers quine pouvaient admettre de la part des Aca-
démiciens des prétentions équivalant, selon eux, au renversement complet des statuts.
Aussi, repoussant toute concession, allèrent-ils jusqu'à refuser à leurs collègues le texte de
leur délibération.
Ceux-ci s’assemblèrent le 22 février chez David etenvoyèrent en députation Restout, Roland de la Porte, Giroust et Huet, qui dressèrent un procès-verbal du refus, du sieur
Philippaut, concierge, de leur ouvrir les portes de l’Académie, et de l'opposition de Vien
à lever l'ordre qui les avait fait fermer. À cette assemblée se présentèrent au nom des
Agréés, Robin et Bervic. Les Académiciens ayant arrêté : « que tous les éés qui
voudront se joindre à eux seront reçus comme confrères qui font partie intégrante de
l'Académie et qui ont aussi des droits pour réclamer contre lesdits statuts », autorisèrent
ces deux artistes à convoquer, pour le 24 suivant, en assemblée générale, tous leurs
collègues.
A cette nouvelle réunion les droits des Agréés furent confirmés, et il fut décidé, après l'audition d’un Mémoire rédigé par Robin, que les membres de l'Académie dissidents s’adresseraient à l'assemblée de la Commune de Paris.
Ces nouvelles émurent beaucoup Vien, qui, cherchant un guide pour se diriger pendant
cet or:
ge, se tourna vers M. D'Angiviller et lui adressa la lettre suivante :
« Paris, 15 février 1790.
» Monsieur le Comte,
» Je viens d'apprendre dans l'instant que les Agréés sont invités à se joindre à Messieurs les Académiciens mécontents, les uns par M. Robin et les autres par M. Bervic, graveur. Ils doivent se trouver, aujourd'hui jeudi, chez M. David, où il y aura une assemblée comme il s’en est tenu une hier. Vous devez voir par là, monsieur le Comte, que les Académiciens, ne se trouvant pas en force parce que plusieurs d'entre eux n'ont pas consenti à adhérer à la révolution à laquelle on à voulu les entraîner, sont obligés d'avoir recours à une
compagnie tout à fait étrangère, et mème non recevable dans les demandes qu’elle pourrait faire. D'ailleurs, je crois la conduite du régime motivée par les circonstances, car si les Officiers se fussent livrés de leur propre mouvement à changer quelques articles des statuts
sans votre consentement, n’auraient-ils pas pu craindre votre désaveu.
» Nous nous sommes toujours bornés à dire à Messieurs Les Académiciens : attendons notre supérieur et nous lui présenterons vos réclamations ; s’il les trouve justes, nous ne
demandons pas mieux que de nous y soumettre.
» Nous avons voulu gagner le temps de votre retour’; il est arrivé à la satisfaction de tous ceux qui aiment le bien. Vous m'avez prescrit la conduite que nous devons tenir et nous l'exécuterons; mais je voudrais savoir de vous, monsieur le Comte, quelle doit être celle que nous devons tenir sur la réclamation des Agréés qui ne sont pas encore de l'Académie, et dont plusieurs n’en seront peut-être jamais?
» J'ai cru, monsieur le Comte, devoir vous rendre compte de ce que j'apprends à l'instant;
dictez-moi la marche que je dois tenir à l’occasion des Agréés s'ils portent leurs réclama-
tions à l'assemblée prochaine. IL me paraît, par la lettre de M. Cuvillié à M. Cochin, que vous êtes d'avis que le régime use de la plus profonde modération. Cependant si les Acadé-
miciens soutenaient les prétentions des Agréés, que devons-nous faire? Je ne puis pas vous
assurer que les Officiers y veuillent consentir. Il serait à désirer que j’eusse votre réponse avant samedi.
» Je suis, avec un profond respect, monsieur le Comte, votre très humble et obéissant serviteur.