‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 38 sur 328 · LE MARAT · texte numérisé non relu

LE MARAT

David membre du Comité d'instruction publique. — Son vote dans le procès royal. — Il offve le Portrait de Lepelletier à la Convention. — Académie de Rom?. — Il se sépare de l'Académie de Peinture. — Suppression de l’Académie, — David préside le club des Jacobins. — Rapport sur la fête du 10 août 1793. — Le tableau du Murat. Salon de 1793. — Le Jury des Arts. — David est nommé du Comité de sûreté générale. Fête de la prise de Toulon. — Il préside la Convention. — La Société Républicaine des Arts. — David et les arlistes. — Projet du Comité de salut public pour les Beaux-Arts. — Fête de l'Être suprême. — Rapport sur la fête de Barra et Viala.

Ici commence la carrière politique de David. Époque de fièvre et d'entrainement qui, malgré sa courte durée de vingt-deux mois, exerça une influence si considérable sur la vie entière de l'artiste, et dont le terrible retentissement, près d'un siècle écoulé, persiste et nuit encore à sa juste renommée.

Le nouvel élu de Paris entrait à la Convention avec les représentants de l'opinion la plus avancée. Il siégea sur les bancs de la Montagne; pourtant ses adversaires politiques le séparaient de ceux de ses collègues que signalait déjà un trop triste renom.

Une ardeur généreuse, les souvenirs d'Athènes, de Sparte et de Rome, l'espoir de faire revivre leurs splendeurs républicaines, comme il essayait de renouveler leurs splendeurs artistiques, l’engagèrent à se mèler à la lutte; mais dans les combats qui se livraient au nom de la liberté, il sut ne s'occuper que de ce qui relevait de son art, et, à part quelques exclamations violentes, abandonner à d’autres la tâche de conquérir par leur éloquence les réformes politiques et sociales dont ils s'étaient faits les champions.

L'Assemblée, du reste, dès ses premières séances, l'avait engagé dans cette voie en le nommant, le 2 octobre, du Comité de l'instruction publique, puis, le 18, membre de la Commission des arts qu’elle venait de reformer.

C'est pour obéir à ce sentiment de générosité que nous avons déjà signalé que David,

le 26 octobre 1792, prit pour la première fois la parole. Il réclamait, pour les villes de

Lille et de Thionville qui avaient repoussé les attaques des Autrichiens, l'honneur d'une récompense nationale.

« Citoyens. Le 8 de ce mois, le citoyen Gossuin vous a présenté le décret suivant :

« La Convention nalionale déclare que la ville de Lille a bien mérité de la patrie; elle » applaudit au civisme et à la bravoure des habitants et de la garnison.

» Il sera fait don à la commune de Lille d’une bannière aux trois couleurs portant » pour exergue :

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