MARIE-ANNE-CHARLOTTE CORDAY » AU CITOYEN MARAT
» IL SUFFIT QUE JE SOIS BIEN MALHEUREUSE » POUR AVOIR DROIT À VOTRE BIENVEILLANCE »
Comme tout ici se combine pour éveiller et entretenir l'intérêt! De loin un effet simple, un aspect saisissant attirent. C’est bien un homme qui meurt soudainement frappé dans la sécurité de son travail. Vous approchez, les détails que vous découvrez ne font qu'aug-
menter la pitié. Ces lettres, cette plaie profonde d’où s'échappe un sang noir et épais, ces
taches rouges semées
à et la, et ce couteau ensanglanté gisant au pied de la baignoire redoublent votre émotion. C'est que cette toile offre tous les caractères d’une œuvre conçue sous l'empire d’une émotion forte, et exécutée avec cette passion qui n’affaiblit pas limpression par un travail trop recherché.
L'artiste, pour donner de la grandeur à son héros, s'était affranchi des liens étroits de la nature. La tête qu'il dessina à la plume d’après le cadavre et grav
par Copia en facsimilé, nous donne le vrai portrait de Marat. Dans le tableau, tout en conservant la ressemblance, il sait l’ennoblir. Les membres sont d’un dessin puissant, le linge qui entoure la tête, les acce
ssoires sont traités d’une manière magistrale; le pinceau est simple et sévère. Satisfait de son œuvre, il la signe par ces mots tracés sur le billot de sapin :