LA FÊTE DE LA PRISE DE TOULON
» Ordre de la marche.
» Elle s'ouvrira par un détachement de cavalerie précédé de ses trompettes et suivi de tous les sapeurs.
» Quarante-huit canons sur deux files, trainés et environnés par des détachements de canonniers de chaque section.
» Groupe de tambours.
» Groupe de citoyens composé des Sociétés populaires, des Comités révolutionnaires, des Tribunaux, de la Commune et du Département de Pris, des Communes environnantes, ets du Conseil exécutif provisoire, avec leurs bannières respectives.
» Tambours.
» Vainqueurs de la Bastille.
» Quatorze chars. Ces chars seront consacrés aux quatorze armées de la République : ils seront séparés par les détachements armés des quarante-huit sections de Paris, trois détachements de section pour chaque char, formant bataillon carré et drapeau en tête : ces détachements chanteront des hymnes à la Victoire.
» Des jeunes filles vêtues de blanc, ornées de ceintures tricolores, environneront chacun
des chars; elles porteront à la main une branche de laurier, symbole de la victoire.
» Ordre des chars.
Premier char, Armée du Haut-Rhin; Huitième, Armée de l'Ouest :
Deuxième, Armée du Bas-Rhin ; Neuvième, Armée des Pyrénées occidentales ; Troisième, Armée de la Moselle ; Dixième, Armée des Pyrénées orientales ; Quatrième, Armée des Ardennes ; Onzième, Armée de Toulon :
Cinquième, Armée du Nord ; Douzième, Armée du Var ;
Sixième, Arme des Côtes de Cherbourg; Treizième, Armée des Alpes ;
Septième, Armée de Brest ; Quatorzième, Armée révolutionnaire.
» Je reprends la marche.
» La Convention nationale, en masse, entourée par un ruban tricolore que tiendront les vétérans et les enfants de la Patrie entremèlés,
» Groupe nombreux de tambours, toute la musique de la garde nationale.
» Char de la Victoire. Ce char portera le faisceau national surmonté de la statue de la Victoire. Au faisceau seront attachées quatorze couronnes. Un guerrier choisi dans chacun des chars tiendra une guirlande de laurier entrelacée de rubans tricolores, qui partira de chaque couronne. Du sein même du faisceau national sortent des bras armés pour le défendre. Ce char est rempli de drapeaux enlevés à l'ennemi.
» Détachement de cavalerie avec ses trompettes.
» Le cortège partira du Jardin national. Il se rendra au temple de l'Humanité pour y prendre les invalides. Le président de la Convention nationale leur exprimera la reconnaissance du peuple. On exécutera des airs belliqueux. Arrivé au Champ-de-Mars, on chantera un hymne dans le temple de l'Immortalité; autour du temple seront rangés les quatorze chars remplis des défenseurs de la Liberté, les jeunes filles en passant devant les chars y déposeront des branches de laurier.
» Au bruit d'une musique guerrière et des chants de triomphe, le Conseil général de la Commune de Paris reconduira les guerriers blessés dans un lieu où ils trouveront un banquet civique et fraternel. »
A la suite de ce rapport, David déposa une proposition que l’A
semblée renvoya à son Comité des finances, pour que la République dotât les filles des citoyens morts pour la patrie.
Cette noble fête de la Victoire, où brillaient ces drapeaux arrachés à l'ennemi par la
valeur de ces soldats blessés qui les entouraient, reposait glorieusement de ces mascarades
intitulées fêtes de la Raison.
Aussi les impressions qu'elle laissa dans l'âme des citoyens furent-elles profondes
et sereines. La Convention, pour témoigner peut-être sa satisfaction à l'ordonnateur de
ce triomphe des armes françaises, l'appela à l'honneur de la présider, du 16 nivôse au 2 pluviôse an II.
L'événement le plus important qui se produisit pendant que David occupait le fauteuil fut le décret d’arrestation lancé contre Fabre d’Églantine, accusé d’avoir falsifié un décret relatif à la liquidation de la compagnie des Indes.
Quant aux autres incidents, ce furent toujours des réponses à faire aux citoyens qui demandaient à être admis à la barre de la Convention.
C'est ainsi qu'il eut à féliciter les gendarmes qui faisaient partie de la garde de
semblée, à leur retour de la Vendée.
« Vengeurs de la patrie, destructeurs de la royauté et de la superstition dans la Vendée, quel spectacle vous offrez aux représentants de la République entière ! Quel plus beau témoignage de votre dévouement à la patrie que ces blessures, ces cicatrices si hono-
rables qui vous décorent.
es de la patrie; et
» Vicillards, vos enfants sont dignes de vous. Soldats, vous ètes die
vous, pères, mères, épouses, enfants qui revoyez dans ces guerriers les objets les plus chers de
vos affections, et qui les accompagnez ici, vous êles heureux, puisque vous pouvez embrasser à tant de titres les défenseurs de la patrie. Amis, la vertu survit au crime, puisque vous existez, et que la Vendée n'est plus. Ce triomphe n'appartient qu'à des républicains. Esclaves, cachez-vous, vous ne pouvez nous imiter. La Convention nationale vous revoit avec attendrissement et vous invite aux honneurs de la séance. »
« CHARLIER. — Les despotes distribuaient des croix de Saint-Louis. On vient de déposer » sur le bureau la palme glorieuse qu'ont méritée les défenseurs de la liberté. Repré— » sentants du peuple, je demande que votre président distribue à chaque soldat de la » patrie une feuille de ce laurier. »
« DAVID. — Il n'y en a pas assez.