‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 9 sur 328 · SE · texte numérisé non relu

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je me rendis dans son alelier, je le trouvai totalement découragé, au point que je fus obligé de lui dire qu'il ne fallait pas qu'il pensât à terminer celte académie ; que j'aurais l'honneur de vous informer de sa situation.

» Je n'ai pas Cru, Monsieur, devoir lui faire part dans ce moment de la grâce que vous lui aviez accordée, le voyant décidé de retourner en France. Quoique son refus n’eût été que l'effet d'une mélancolie momentanée, il ne m'a pas paru convenable d'exposer les grâces du Roi à être refusées. Son refus, qui serait vraisemblablement parvenu jusqu'à ses camarades, aurait pu donner lieu à des discours peu satisfaisants pour celui à qui il vous plaira, Monsieur, de transmettre cette grâce, le sieur David n'étant pas en état actuellement d'en connaître ni la valeur ni la nécessité.

» Je serais fâché, Monsieur, que la trop grande sensibilité qui l’affecte et qui enveloppe les idées qu'il a naturellement eues toujours faciles, puisse faire naître sur son compte des sentiments désavantageux. J'ai l'honneur de rendre compte au Ministre des Arts et à notre père commun de la position actuelle d'un pensionnaire qui mérite les plus grands égards. C'est mon élève; depuis son enfance j'ai eu pour lui des attentions qui n’ont pas été ignorées des personnes qui prenaient le plus d'intérêt à son sort. Si vous le jugiez à propos, Monsieur, quoique vous disposassiez autrement de cette prolongation, j'imagine que votre bonne volonté pour lui sera toujours la même. Comme il a encore deux mois à faire, jusqu'à la fin de son temps, si je trouvais un changement en lui qui pût me faire connaître, qu’il

recevr' Monsieur, d’en disposer en sa faveur; vous devez être bien persuadé de tous les ménagements

ait la grâce que vous voulez bien lui accorder avec satisfaction, permettez-moi,

que je dois prendre en pareilles circonstances. » … Ma femme toujours très reconnaissante aux attentions qu'il vous plait de lui

témoigner dans plusieurs de vos lettres et notamment dans votre dernière, me charge, Monsieur, de vous présenter ses hommages et respects.

» Elle a fait tout ce qui dépendait d'elle, ainsi que moi, pour tranquilliser le jeune homme que nous aimons depuis longtemps. »

M. D'Angiviller répondit à cette lettre.

« Versailles, 20 septembre 1779.

» J'ai reçu, Monsieur, votre lettre du 1° de ce mois, par laquelle je vois avec beaucoup de peine l’état dans lequel se trouve le sieur David. Je serais bien fâché que cette triste disposition d'esprit qu'il éprouve actuellement l'empêchât de passer encore une année à Rome. Cependant il faut, s’il est frappé du désir de retourner en France, user de beaucoup de ménagement avec lui. Je serais d'avis que vous l’engageassiez d'abord à se distraire, vu que c’est probablement l'excès du travail qui, joint à la chaleur du climat, l'a plongé dans cet état. Lorsque vous le verrez un peu revenu à lui-même, vous pourriez lui insinuer qu'il ne tiendrait qu'à lui de passer encore un an à Rome : peut-être que par ces ménagements vous parviendrez à le rétablir dans sa situation présente.

» J'ai communiqué votre lettre à M. Pierre, qui probablement vous écrira sur cesujet. »

M. Pierre, directeur de l'Académie, voyait la question sous un autre aspect, aussi

écrivait-il à M. D'Angiviller, 23 septembre 1779.

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