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envoyées au Comité révolutionnair pour faire incarcérer des peintres. La haine que je
devais porter à tous ceux qui avaient exercé la tyrannie dont J'avais été victime, mon sang
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qui bouillonnait encore au souvenir des cruautés des modernes tyrans, ne me faisaient voir
en toi qu’un de leurs amis ; mais le temps instruit les hommes. S’il peut se faire que tu aies été comme bien d’autres, dans l'erreur sur le compte du Catilina de la France, il peut se faire aussi que la vengeance qu'on exerce contre toi soit injuste, vexatoire et tyrannique. Je ne me permettrai pas de défendre ta personne, que je ne connais pas, mais la représen— tation nationale dont on attaque l'intégrité en te poursuivant.
» Une commission de proscriplion a été, contre tous les principes, établie dans la section du Muséum; il parait que le but principal de cette institution illégale a été de te Poursuivre. Cette commission m'a invité, par écrit, à paraitre devant elle. J'y fus pour savoir ce qu’elle désirait ; elle me dit que je devais savoir quelque chose relativement à une liste donnée par toi. Je répondis à la commission :
» 1° Qu'elle n'était point compétente pour recevoir des déclarations par écrit contre aucun citoyen, encore moins pour faire le procès à un représentant du peuple;
» 2° Que la Convention nationale ayant jugé David, elle était téméraire de réviser son jugement.
» Cette réponse donna de l'humeur à la commission et me valut l'honneur du désarmement, comme ayant participé aux horreurs commises avant le 9 thermidor.
» Le 30 germinal, la commission fit son rapport; le 10 floréal, elle occupa l'Assemblée de toi. On proposa d'arrêter que les pièces recueillies contre toi, par la commission, seraient envoyées à la Convention na tionale ; un membre proposa de déclarer que tu avais perdu la confiance de la section: Martin, vice-président, dit : « ILne l'a jamais eue. » La proposition resta sans suite, elle ne fut pas même appuyée, encore moins mise aux voix.
» Cependant la commission de proscriplion à porté à la Convention un arrêté qui n'a
pas été pris et qui a été improuvé. La commi sion, dans la dernière assemblée de la section, fut fort embarrassée. Mouchette, secrétaire, et ton ennemi, le fut aussi, parce que beaucoup de citoyens réclamaient contre un faux repréhensible, puisqu'il était attentatoire à la
Souveraineté nationale et aux droits de la Convention à qui seul appartient de juger un représentant.
CHAPITRE V » La commission nia avoir porté l'arrêté par lequel l'Assemblée déclarait que tu avais perdu sa confiance ; le rapporteur balbutia. Le secrétaire Mouchette entortilla son procèsverbal de manière à faire penser aux uns que l'arrêté à rait été pris, et aux autres qu'il
n'avait pas été pris et que le président de la section avait écrit au président de la Convention
qu'il était faux que cet arrèté existt.
Comme représentant, comme accusé, on ne peut te refuser et la copie littérale du
vrai arrèté de la section, celle de l'arrêté porté à la Convention par la commission, et celle
de la lettre du président. Ces trois pièces imprimées ensemble jetteraient la lumière sur les
intrigues de tes ennemis.
» L'Assemblée n'avait pas arrèté qu'on lirait à la Convention la série des inculpations dirigées contre toi, parce qu'elle n’a pu vou oir faire précéder la punition avant la conviction u délit, parce que, ne connaissant ni le nom ni la moralité des dénonciateurs, elle n’a pu
Le ajouter foi aux dénoncialions. Il conviendra donc aussi de voir quel genre de pouvoir à
la commission à faire ce qui ne lui était pas ordonné.
autoris
» Si j'avais pu obtenir la parole pour d éfendre les principes violés dans la section, et la Convention nationale avilie par ceux qui se sont dits d'abord ses plus grands amis, j'aurais obtenu une nouvelle adresse à la Convention nationale pour redresser les torts de la commission ; mais quand j'ai voulu parler, un nommé Olivier, espèce d’avoué dans les tribunaux, a dit : « Lorsqu'on a retiré des mains des hommes des armes de fer dans
» lesquelles elles étaient dangereuses, on € oit aussi leur retirer l'usage de la langue comme » plus dangereux encore. »
» Cest ainsi qu'on étouffe la voix aux républicains, qui tous indistinetement sont désignés comme terroristes.
» Olivier a supposé que la Convention l'avait acquitté par politique et qu'il fallait aussi que la section agit par politique. I a proposé à la section d'arrêter provisoirement en attendant une loi, qu'il fallait solliciter de la Convention, que les désarmés n'auraient plus la parole, mème pour se défendre, et qu'ils seraient privés de leur carte de citoyen.
» Telle est la situation d'une section qui a voulu longtemps le maintien des principes sans lesquels il n’y a point de gouvernement durable. Telle est la situation des patriotes,
qu'ils sont désarmés, incarcérés, victimés, sans oser dire un seul mot.
» Salut et fraternité, » SAINTOMER. »
Du reste, le moment était bien choisi pour ces attaques ardentes. Les parents des victimes de la Terreur réclamaient des mesures de vengeance contre les membres des anciens Comités, et, dans un mémoire rédigé par les veuves des infortunés frères Trudaine, contre les tribunaux de Dijon, de Paris et le représentant Bernard (de Saintes), on accusait longuement l’ingratitude et la cruauté de David qui avait refusé de prèter le moindre secours à ses amis, à ces protecteurs des arts.
La Convention elle-même écoutait ces délations d'une oreille favorable.