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direction de sa mère, une dame tchèque de haut parage connue par sa piété et ses talents de musicienne. Son père, un médecin d’[éna, passait pour brutal et intéressé. Marc avait, par suite de chagrins domestiques, quitté sa famille à la mort de sa mêre pour se vouer à la peinture. Il vivait à Venise et menait Joyeuse vie lorsque, rencontrant par hasard l’auteur du Pater Noster, le peintre Führich, célèbre mystique, son compatriote, Marc Rhoda touché par la grâce et quittant les plaisirs était revenu chez son père à [éna, puis s'était retiré à Vienne, à l’atelier de Führich, jusqu'au jour où, devenu libre et maitre de son bien, 1l avait pris possession de la Maison Rouge, appropriée à son usage et vivait solitaire en de mystérieuses pratiques d'art et de piété.
Telle était la légende qui cireulait au pays d'Eisenach, mais pour ceux qui le connais-
saient, l’anachorète exerçait un vrai sacerdoce.
PR Res
Il était le dernier des chevaliers errants de la palette qui combattirent au commencement de notre siècle sous le nom de « Nazaréens »
pour l’idée et le sentiment contre la forme et la matière.
Cette croisade avait pris naissance en Allemagne, dans l'école romantique, après le grand travail de rénovation qui se faisait au nom des nationalités pour l’individualisme contre limitation servile et les poncifs surannés de la Renaissance.
En Allemagne, en France, un peu partout dans le monde des arts, de la mode, de la politique, à la fin du siècle dernier, tout reflétait l'antique. Mais à l'aube du siècle nou— veau il se faisait une réaction contre le régime de la ligne et de la raison pure, contre les tragédies, les coiffures grecques et tout le
bric-à-brac gréco-latin mis à la mode par la
révolution française et l'archéologie allemande.
sonne
Par opposition à l'antique, le caprice et la sensation redevenaient omnipotents dans la romantique Allemagne. Mais, comme il fallait à défaut de modèle à suivre, une mythologie, une substance créatrice en dehors du moi créateur, les uns par conviction, d'autres par besoin esthétique trouvaient leur idéal dans le catholicisme.
Cette tendance envahit la peinture à l’apparition d’un livre bizarre dont le titre pourrait se traduire : « Epanchements d'un frère lai, amoureux d'art. +» — Die Herzens ergiessungen eines Kunstliebenden Klôüsterbruders.
L'auteur y célébrait les anciens maitres, les peintres-moines, qui firent de la peinture un instrument de propagande, un moyen d’aflirmer leur foi : subsidiairement, à son insu peut-être, l’auteur introduisait dans l'art un élément
nouveau, l'alliance de l’art et de Ia religion.