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Le capitaine venait de déjeuner. Etendu sur une ottomane en velours d'Utrecht, il lisait le Kladderadatsch et balançait au bout du pied l’une des dernières victoires de sa galanterie, une mignonne pantoufle brodée, lorsque le philosophe entra chez lui, s’assit devant une table en demandant à déjeuner. Von Schléwitz étonné de la rare faveur que Marc octroyait pour la première fois à son vieux camarade, se leva, poussa la porte d'un cabinet d’où s’'échappaient, avec un éclat de fioles, de mondaines senteurs. Après quoi, sonnant son valet de chambre, il commanda le déjeuner.
Mais le peintre afflamé déjà s’'emparait d'un
biscuit et se versait un restant de chocolat.
po
— Je crois dit-il que le jour va paraitre, je suis hanté par des visions.
Von Schléwitz tressaillit, la voix de son:
ami avait un éclat cristallin et de toute sa personne se dégagealent d'inquiétantes vibratons Dissimulant ses craintes. il répondit
avec indiftérence.
— Méfe-toi de tes sens, Marc : l’homme.
est une intelligence très mal servie par ses organes, le lien peut être rompu... Quelquefois la pensée échappe à la conscience; le rêve est un état inconscient pendant lequel nos idées se déroulent sans que nous ayons sur elles aucune influence. -— Remarquant l’attention du mystique, il ajouta : Le rêve est quelque chose comme le lundi perdu de la pensée...
— Ce n'était pas un rêve, interrompit l’artiste, et son sourire s’accentua.
— Jestdesréveurséveillés, repritl’officier,
— le travail de l'esprit se confon | avec l’exer-