IV. I
École de Franconie et de. Saxe.
Lucas Cranach, le vieax.
(Borlsch Ml. p. 273.)
tel artiste d'un grand talent naquit en 1472 à Cronach dans le diocèse de Bamberg et, selon l'usage de l'époque, fut appelé Cranach, du lieu de sa naissance. 11 est encore incertain si le nom de sa famille était celui de „Sunder" comme on s'est plu à le dire puisque le fait qu'un certain „Johannes Sunderus Cranacensis" qui se trouve inscrit sous la date du 22. Mai 1556 dans les registres d'immatriculation de l'université de Wittemberg, ne prouve point que notre artiste ait été membre de celle famille et sur sa pierre tumulaire on ne trouve que le nom de Lucas Cranacb. Dep uis 1506 on le voit au service de l'électeur de Saxe, Frédéric 111., à Wittemberg; en 1519 il est membre du Conseil et devient Bourgmestre en 1537. En 1550 il se transféra à Weimar d'où il partit cependant la même année avec son gendre, le Dr. Ch. Brflck surnommé Pontanus, pour se rendre à Augsbourg selon le désir qui lui en avait été exprimé par l'électeur Jean Frédéric qui s'y trouvait prisonnier. 11 y resta jusqu' à la mise en liberté de ce prince et retourna avec lui à Weimar en 1552 pour y mourir un an après à l'âge de 81 ans.
Lucas Cranach se montra toujours très -industrieux pour la propagation de son art et maintenait auprès de lui un certain nombre d'élèves ou plutôt de compagnons -ouvriers pour copier surtout ses
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nombreux portraits de hauts personnages, entre autres ceux des électeurs Frédéric le Sage et Jean I. le Constant et il livra, seulement en 1533, soixante petits portraits sur bois de chacun deux à l'électeur Jean Frédéric, sans complet les nombreux portraits du Dr. Luther et des autres coryphées du temps de la réforme qui sortirent de son atelier pour être distribués dans toutes les parties du globe. Il avait en outre un magasin de livres et de papier et acheta même en 1520 une pharmacie pour laquelle il obtint un privilège de rélecteur. Le nombre des tableaux qu'il a peints est très -considérable et n'est surpassée que par le chiffre des gravures sur bois qui lui sont attribuées. Il n'est pas encore prouvé qu'il ait gravé lui-même sur bois. Si nous en jugeons d'après ses nombreuses occupations, il est permis de croire qu'il n'a manié le couteau qu'à titre d'essai ; d'ailleurs les gravures marquées de son monogramme sont d'une taille très- inégale et trèsvariée. On pourrait cependant en excepter les planches imprimées en or 1 ) et les clairs-obscurs de deux planches qui auraient pu d'autant plus aisément être gravés par lui que ces derniers por.ent la date de 1506.
1) Voir plus haut dans la partie historique de cet ouvrage, le passage d'une lettre de Conrad Pcutingcr d'Augsbourg de l'an 1506 où il ést fait mention d'estampes imprimées en or et en argent et représentant des chevaliers armés, par le peintre de la Cour de l'électeur. L'impression en or était déjà connue par les typographes allemands dans le XV e . Siècle et nous voyons, en 1482, Erhard Ratdoit de Venise orner, pour quelques exemplaires du moins, son édition d'Eudidc avec une dédicace imprimée en or au verso de la première feuille de ce livre. (V. Brunet, Manuel du libraire, Ed. de 1861 II. vol. 2 J « partie 1088.) dont un exemplaire sur vélin se conserve à la Bibliothèque impériale de Paris.
Il ne semble point qu'aucune de ces impressions sur métal représentant des chevaliers en armure, de l'époque du vieux Cranach, se soit conservée jusqu'à nos jours. M. Heberle de Cologne possède néanmoins une impression en argent sur papier rouge qui, à guise d'écusson de la Bibliothèque de l'électeur Jean Frédéric I. le Magnanime (né en 1503 mort en 1554), se trouvait collée à l'intérieur d'une couverture de livre du XVI*. Siècle. Celte pièce représente, à gauche, l'électeur demi-figure tenant une épée de la droite et de la gauche l'écu de ses armes; dans le haut des ornements de feuillage: à droite sa femme Sibylle tenant devant elle l'écusson de ses armoiries ; aux côtés, des colonnes ornées supportant un cintre. Dans des cartouches au bas, trois lignes d'impression pour chaque gravure, et à côté du portrait de l'électeur à droite l'initiale P ayant à gauche un T et que l'on peut prendre pour la marque du graveur sur bois P. T. L'impression en argent est pleine et les détails du dessin sont ménagés sur le papier du fond. Le style correspond parfaitement avec celni du vieux Cranach et il n'y a point de doute que le dessin ne lui appartienne. L'impression nette et tranchée des marges prouve que l'on s'est servi d'une planche de métal et que l'impression en or à été exécutée de la
Lucas Cranach, le vieux. 5
Quant aux monogrammes dont il s'est servi nous trouvons, à côté des simples initiales L. C. ou de ces deux lettres entrelacées, la marque d'un serpent ailé qui, d'après les récentes recherches de Schuchardt, appartiendrait au vieux Cranach si les ailes sont perpendiculaires, et à Lucas Cranach le jeune, second fds de notre artiste, si elles ont une direction plus horizontale. Ce dernier, né en 1515, vivait également à Wittemberg avec la dignité de Sénateur. Sa manière ressemble beaucoup à celle de son père, quoiqu'un peu plus faible. 11 mourut en 1586.
Nous aurons souvent occasion, dans notre catalogue des gravures sur bois de Cranach , "de restituer au fils plusieurs pièces attribuées jusqu'ici au père. Il resterait cependant encore beaucoup à faire pour tracer une division complète des deux oeuvres, car Lucas le jeune n a point seulement exécuté beaucoup de gravures sur bois que nous n'avons point indiquées, mais a fait des dessins pour ce genre de travail. Nous pouvons attendre à ce sujet un catalogue complet par Schuchardt qui à déjà écrit un excellent livre intitulé „Vie et oeuvres de Lucas Cranach le vieux", Lcipsic 1851, auquel nous avons emprunté les détails de notre esquisse biographique et qui nous à fourni en même temps des indications pour notre catalogue. Pour ne point faire de repétitions inutiles nous nous sommes maintefois contenté de renvoyer nos lecteurs à cet ouvrage. On trouve également beaucoup de notices précieuses dans le travail posthume de Joseph Heller: Vie et ouvrages de Lucas Cranach. 2 Je Ed. augmentée, Nuremberg 1854 in 8°, et nous avons fait usage de ces notices quand elles nous ont paru offrir des garanties suffisantes d'autorité.
Gravures sur Cuivre.
(Observations à Barlscb.)
1. La pénitence de SL Jean Çhrisostome. Cette pièce est une des plus linies du maître, tandis que les autres sont traitées d'une manière très légère.
2. Ces deux portraits des ducs de Saxe, d'après Schuchardt et
même manière que le font à présent les relieurs pour les ornements en Or de la couverture des livres. Cette pièce mesure, H. 3 p. 2 1. 3 p. 6 1. On en trouve un facsimile dans les Contributions de H. Lemperlz à l'histoire du commerce de la librairie 4 ' etc. Cologne 1860 8. Série. (Voir aussi les archives de Naomann VII. p. 97.)
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d'autres autorités, représentent l'électeur Frédéric III. le Sage et son frère Jean I. le Constant.
3. Un duc de Saxe implorant St. Barthélemi. Ce portrait est également celui de Frédéric III. et non, comme le dit Bartsch, de l'électeur Ernest.
4. Albert de M a yen ce. Bartsch dit que ce portrait est une copie de la gravure sur cuivre d'Albert Durer (No. 102). L'estampe actuelle eu diffère cependant beaucoup et se rapproche davantage du tableau du maître dans la Galerie de Berlin, sauf que dans ce dernier les mains manquent.
Additions à Bartsch.
7. L'électeur Frédéric III. C'est le même portrait que celui qui se trouve sur la pièce No. 2. des deux électeurs; demifigure vêtue de fourrures et sur la tète une calotte, sous une ouverture cintrée portant l'écusson d'armoiries. Signée des initiales L. C. 1509 près du serpent ailé. II. 4 p. 8 1 / 2 L - 3 p. 3 1. (Schuchardt No. 3. »
8. Martin Luther eu habit de moine de l'ordre de St. Augustin. Demi -figure un peu tournée vers la gauche et la main gauche posée sur la poitrine. Dans la marge du bas on lit; Aeterna ipse mentis simulacra Lutherus exprimit at vultus cera Lucae.
Près du millésime la marque du serpent. II. 6 p. 3 1. (sans la lettre 5 p. 6 1.) L. 4 p. 4*1* 1. (Schuchardl No. 7.)
9. JcanBugenhagen. Ce prédicateur de Wittemberg est représenté ici à mi -corps un peu tourné vers la gauche et tient un livre ouvert des deux mains. A mi -hauteur du fond à droite, la marque du serpent. Au bas une marge blanche de 5 1. H. 4 p. 9 1. L. 9 p. 4 1. Dans le haut l'inscription en caractères mobiles. Viva imago etc.; au bas 20 vers latins Conjugis ut protegat etc. (Brulliot Table géu. p. 063. No. 1470.)')
1) D'après celte description on ne saurait décider s'il s'agit d'une gravure su r cuivre ou sur bois, quoique Brulliot ajoute avoir trouvé cette pièce dans la collection de gravures du Conseiller Cretz.
Lucas Cranach, le vieux.
Gravures sur bois.
Remarques à Bartsch.
3. Repos en Egypte. Dans la collection du roi de Saxe se trouve un exemplaire colorié de celte pièce que, selon la tradition, lé'lecteur Jean Frédéric le Magnanime aurait peint lui-même pendant sa captivité à Augsbourg. La pièce porte l'adresse de H. Guide mua nu qui l'aura sans doute gravée. (Frenzel p. 107. Note.)
37 — 4S. Le martyre des Douze Apôtres. Ces gravures se trouvent également dans l'ouvrage intitulé. „Der heiligen XII. Aposteln ankunlft, beruff, glati ben, 1ère, leben und scliges sterben etc. Durch Johannem Pollieariuin, Prcdiger 2u Weissenl'els. Gedr. zu \V i 1 1 e m b e r g durch Georgen Jlhawen Erben 1549 in fol." Dans cet ouvrage on trouve encore les gravures suivantes de Lucas Cranach: La Création, la Résurrection, St. Paul demi -figure, et les 12 Apôtres sur des piédestaux comme ornement de titre. (R. Weigel Kunstcatalog No. 9932.)
49 — 55. Les quatre ev a ngéli s tes avec S t. Paul, St. Pierre «t St. Jacques. D'après Schuchardt ces sept gravures sur bois appartiennent à Lucas Cranach le jeune. Nous sommes entièrement de son avis et nous reviendrons à ces estampes quand il s'agira de la bible de 1542.
74. La bataille de St. Ulrich. Cette pièce n'est point de Lucas Cranach ayant été exécutée d'après un dessin de Hans Burgmair.
79 — m. Ho rtul us animae. Voyez Heller p. 194 — 206 sur les différentes éditions de ce livre , puis dans les archives de Naumaun pour 1855, p. 20S, la mention de l'ouvrage intitulé „Ein ser andechlig Cristenlich Buchlein aus hailigen Schrifften un Lerern von Adam von Fulda in tcutsch reymenn gesetzt." Pet. in 8., où se trouve le premier emploi de 7 de ces gravures. Le poète se nomme lui-même sur la première page „WoIff Cyclop von Czvvickavv der ireyen Kunst Magistcr." Les gravures représentent. 1. La Trinité. 2. La Création d'Eve. 3. l'Annonciation. 4. L'entrée de J. C. dans Jérusalem. 5. Le Crucifiement. G. Le Christ descendant aux Limbes. 7. Les armoiries de Saxe.
113. Vénus accompagnée de l'Amour, 1505. On eu trouve des exemplaires en clair-obscur de deux planches.