‹ Le Pèlerin de la Mecque: Son Hygiène, Ses MaladiesChapitre 17 sur 34 · NO À NN À · texte numérisé non relu

NO À NN À

NA

© XO 9 © O

el Es

L 919 SNOILVAYASAO 1410 NQ LVLA ES AYNLVYAINAL ALva

Comme on le voit par ce tableau nous avons toujours eu un assez beau temps pendant nos traversées..

Il est vrai que ce beau temps a aussi ses inconvénients ; ainsi les 22, 23, 24 juin, nous n’avions qu’une brise légère N. O., surtout vers le milieu du jour ; la mer était calme et le temps splendide, mais la brise ayant à peu près exactement la vitesse de notre bateau, les manches du pont ne prenaient plus d'air. Le 24, le commandant fut obligé de changer diamétralement la route et d’aller debout au vent pendant une demi-heure pour aérer complètement l’intérieur du navire.

À l'aller, la grande chaleur ne commença à se faire sentir qu’à notre seconde journée dans le canal. Sur le pont, nous eûmes 37° à 4 heures du soir. Toutefois dans les entreponts le thermomètre ne marqua pas plus de 30°. Les deux jours suivants la chaleur augmenta, les parois du navire commencçaient à s’échauffer. Sur le pont, le 28, nous eûmes 40°,5 ; dans les entreponts, je ne constatai pas plus de 33°.

De plus nous n’avions qu’une légère brise du nord qui n'étant guère plus vite que le navire donnait fort peu d'air. Ces deux jours furent pénibles pour les pèlerins. Malgré cela cependant, ils restaient, même dans les entreponts, couverts comme ils le sont dans le désert pour se préserver du soleil, Beaucoup se plaignaient de la tête et tous ceux-là avaient la tête serrée et surchargée par les étoffes qu’on Jeur connaît, Le 23 et le 26 juin, j’eus à soi-

ro

gner deux accès pernicieux comateux, tous les deux chez deux vieillards que je soignais déjà pour fièvre paludéenne. La chaleur avait, je crois, contribué à leur apparition.

Les pèlerins une fois débarqués, gagnèrent rapidement La Mecque. Ils eurent là à souffrir de la chaleur, bien plus que sur le bateau. Je n’ai pu malheureusement avoir des chiffres précis sur la température. J'ai dû me contenter des observations faites à Djeddah. Elles se rapprochent davantage de celles de La Mecque que celles que je prenais en rade. Je les dois à la gracieuseté de M. le consul français : de Djeddah.

J'ai su seulement que le jour où les pèlerins descendirent du mont Aarafat, il y avait 45° à l’ombre, d’après M. Kaasen Isendin, médecin turc délégué à La Mecque. À sa connaissance, il y eut ce jour-là 1500 morts par insolation. Il est bon de se rappeler que pendant les fêtes les pèlerins ont la tête nue. Tous ceux que j'ai interrogés m'ont dit qu’ils avaient beaucoup souffert de la chaleur.

Cette chaleur si meurtrière a cependant quelques avantages. À Mina, pendant les trois jours qui suivent la grande cérémonie de l’Aarafat, les pèlerins tuent un giand nombre d'animaux dont les cadavres ouverts restent à l’air pour la plupart. Le soleil antiseptique et anti-fermentescible atténue les effets de cette putréfaction ; il a vite fait de sécher sur place le sang et autres liquides qui s’écouleraient partout et seraient un excellent milieu de culture.

Æ nes

De plus, d’après les expériences de Brown-Séquard et d’Arsonval, la puissance toxique de l'air respiré diminue avec la chaleur du printemps. Si la chaleur de l'été l’atténue aussi, c’est un avantage précieux pour les pèlerins qui s’entassent souvent en grand nombre dans des chambres étroites.

De l'avis de tous les gens du pays, il fit moins chaud cette année qu’en 1890, année où soufflèrent longtemps des vents du sud. En rade, nous avions presque toutes les après-midi, une brise du nord tempérant les ardeurs du soleil. Cette brise est régulière dans la mer Rouge. Elle s’élève d’ordinaire vers le milieu du jour. Elle est parfois très forte et peut gêner les caravanes dans leur marche par les nuages et les colonnes de sable qu’elle forme dans ses tourbillons. Etant à Yembo, j'ai vu ainsi plusieurs caravanes allant ou revenant de Médine disparaître sous ces nuages.

A El Tor, la même brise souffle aussi, plus forte même. Elle a l’avantage d’aérer le campement et les tentes. Cependant elle est parfois fort gênante pour les pèlerins obligés de vivre vingt jours dans le sable. Celui-ci soulevé par le vent cause des bléphartites et des conjonctivites. En rentrant à bord beaucoup en souffraient.

Au retour, la transition entre la mer Rouge et le canal de Suez fut un peu brusque: le 16 septembre, nous n’eûmes que 25° à 2 heures, tandis que tousles jours précédents nous avions 33°, 30°, 31°, 37°. Ce jour-là nous eûmes un peu de pluie et des coups de

vent froid. Les Arabes néanmoins n’en souffrirent

pas.

Le reste de la traversée s’accomplit avec un temps assez beau ; quelques grains seulement.

Toutes ces influences- climatologiques qui jouent un rôle certainement important sur la santé des pèlerins sont très variables d’une année à l’autre, et du reste bien difficiles à neutraliser.

side dirt dl

Page 1