LES INFLUENCES PATHOLOGIQUES
La santé des pèlerins est influencée par des causes pathologiques inhérentes au pays et par des causes importées au moment du pèlerinage.
Parmi les premières, il faut compter le sol, le climat et les maladies régnantes dans le Hadjaz.
Le sol dans la région de Djeddah n’est pas sain. La ville est construite dans un sable reposant sur un banc madréporique. Les eaux ne s'écoulent pas et les miasmes séjournent à très peu de profondeur. Les fièvres paludéennes y sont très fréquentes et souvent malignes. On conçoit que beaucoup de pèlerins couchant le plus souvent sur le sol, soient influencés par ces émanations telluriques.
La Mecque est au contraire très sain en temps otdinaire. Le climat y est plus chaud qu’à Djeddah, mais beaucoup moins humide. Le sol se compose d’une couche de sable à la surface sous lequel se trouve une large couche d’argile. Les eaux de pluie s’écoulent entre ces deux couches pénétrant parle sable et glissant ensuite sur le banc d'argile en se
dirigeant vers la vallée de Mina qui est le grand dé potoir de la région. C’est donc là que sont entrai-
nés tous les germes ramassés par la pluie en temps d’épidémie. Comme nous l'avons vu, c’est là aussi
que se réunissent tous les pèlerins pendant trois
jours. Aussi lorsqu'il a plu une énorme recrudes-
cence des épidémies y est-elle un fait constant.
Le sol sur toutes les régions parcourues par les caravanes de La Mecque à Médine et de Médine à Yembo est généralement sain. Toutes ces caravanes contournent les montagnes, ne franchissant jamais que les cols peu élevés et d’accès facile. Du reste en marche elles s’éloignent vite des endroits malsains. Notons que M. Fauvel penchaïit à croire que le sol et le climat de l’Arabie sont réfractaires à la propagation du choléra. Il en donnait comme preuve l’immunité relative dont jouissaient les indigènes du pays, en temps d’épidémie, et la rapidité avec laquelle les épidémies disparaissent aussitôt les pèlerins partis. |
À El Tor, la plage sur laquelle sont les campements est de sable et très saine. Je noterai en pas-: sant que sur ce sol se trouvent quelquefois des vipè-
res à corne. Je n’ai pas entendu parler d'accidents, cette année.
Le climat. — J'ai déjà parlé de son influence au paragraphe précédent.
Les maladies régnantes dans le pays. — Cette
année, à notre départ d'Alger, des cas de typhus
existaient depuis environ deux mois à l'hôpital