LE CHOLÉRA EN
Comme le démontrait M. Fauvel, au congrès d'hygiène de Genève en 1882, le choléra ne naît pas spontanément dans le Hedjaz : il n’y a pas là un foyer originel. |
La Mecque n’est pas qu'un milieu, « milieu très favorable au renforcement, à la propagation et à la dissémination de l'épidémie ».
Par où est-il venu cette année ? Voici les faits qui sont arrivés à ma connaissance :
Au commencement de mai, le Sculptor, vapeur anglais, avait eu six décès cholériques pendant la quarantaine de ses passagers à Camaran. Ces mêmes passagers furent embarqués, réexpédiés aux Indes et le terrain où ils avaient campé fut condamné à n'être plus occupé cette année.
En juillet, j'ai vu ce bateau arriver à Djeddah avec des Indiens. On espérait que ce n’était pas ceux du premier voyage.
Quand on annonça le choléra à Djeddah, le 10 juillet, on disait qu'il Vavait el trois déCces'eLLen
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deux endroits différents. L’un dans une caravane de Maugrebins venant de Djeddah, deux autres dans une caravane venant de Syrie. Ces deux derniers faisaient supposer que le choléra venait du nord, où son existence dans toute la région d'Alep avait été constatée. Quant au choléra du Maugrebin on ne pouvait l'expliquer. |
Plus tard, on sut que Pépidémie avait débuté à Ouadi Fathma, à trois heures de La Mecque et à dix-huit de Djeddah, le jour où, dans cette localité, on avait ouvert à des pèlerins malais arrivés sains au Hedjaz et venant de Médine, une maison où des cholériques avaient habité et étaient morts l’année dernière. Depuis un an, cette maison n’avait jamais été ouverte. Elle n'avait jamais été désinfectée.
Plus tard encore, M. le directeur de la Santé me dit connaître la véritable source du choléra de 1891. Il existait, paraît-il, depuis vingt jours à La Mecque quand on l’annonça officiellement le 10 juillet. Il y avait eu déjà 27 ou 29 cas.
Ces premiers cas auraient coïncidé aussi avec l’ouverture de maisons habitées l'an dernier par des pèlerins.
Le choléra de cette année ne serait donc qu’un regain de celui de 1890. Il ne serait donc venu ni par mer ni par terre.
Mais le germe du choléra peut-il ainsi conserver sa virulence si longtemps? N'est-ce pas douteux?
M. Proust dans son rapport sur le choléra de
Mésopotamie niait que celui-ci ne fût qu’une recru-
era descence de celui de 1871, et de même quele choléra du Hedjaz en 1890 ait eu pour origine celui qui régna dans ce pays en 1883.
Le Dr Kock aussi, dans une lettre qu’il écrivit en 1890 à propos du choléra d'Espagne, disait : « Autant que je connais les travaux publiés sur le choléra, on n’a point encore jusqu'ici observé un seul cas dans lequel cette maladie, après être disparue d’une localité depuis plusieurs années, y soit réapparue sans y avoir été de nouveau importée... »
Ces reviviscences des épidémies sont donc fort douteuses.
Il est vrai que dans un milieu confiné les germes peuvent rester vivants bien plus longtemps qu’à l’air libre.
En tout cas, il m’est impossible de trancher cette question, d'autant plus qu’on ne peut presque rien savoir de ce qui se passe dans les caravanes. Les autorités du pays ne le savent pas elles-mêmes. En 1890, le vali écrivait que la grande caravane d’E gypte (celle qui transporte le Mahmal) était en bonne santé ; or, elle avait tant de malades que la commission sanitaire lui interdit l’entrée de La Mecque.
L'état sanitaire des bateaux est-il toujours luimême parfaitement connu? Ilest vrai que cette année, l’administration du Camaran a certifié n’avoir laissé passer aucun cas suspect. Le D' Vaume n’en a rencontré aucun au débarquement. Mais il faut ajouter que l’examen des débarquants est bien dif-
ficile à faire. Fl est par exemple impossible d’examiner les femmes. : ë |
Puisque le choléra de 1890 pourrait être l’origine de celui de cette année, quelques mots de son histoire:
Le Decan parti de Bombay en juillet 1890 avec 1200 pèlerins avait eu des décès cholériques à bord (1 décès sur 17 cas). Les passagers furent débarqués à Djeddah sans subir de quarantaine.
D'autre part, les caravanes sont fort peu surveillées. J'ai déjà ditle fait rapporté par Saïd et Kepsi à M. le consul de Djeddah ; la grande mortalité de la caravane de Sana et de Hadramont par le choléra. |
Les premiers cas furent signalés à Mina parmi les soldats de la marine venus de Djeddah.
Le jour de la prière au mont Aarafat, il était tombé une pluie abondante et froide. Le lendemain, après le sacrifice des animaux, le choléra sévissait sur les pèlerins et Le jour suivant à La Mecque, à Djeddah et à Taïf.
L'épidémie se propagea jusqu'à Confoudah et à Yembo. Le Hedjaz, l’Assyr et l’'Yémen furent contaminés depuis Yembo jusqu’à Hodeïdah. Elle passa même la mer Rouge et sévit à Massahouah, Otumio et Sahati, région où l’on compta juqu’à soixante décès par jour.
- Au mois d'octobre, il se déclarait à Alep et à Orfa. Les pèlerins de La Mecque accusés d’abord d'en être la cause en furent ensuite reconnus innocents :
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