‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 56 · MEI · texte numérisé non relu

MEI

La Louise arrive. Elle donne la mains muet en s’efforçant de rougir et de parait intimidée : elle n'est que ridicule et gauché La vieille aubergiste ingurgite le quatrièn verre. Le limier questionne adroitement femmes de l'auberge et s'efforce de savoirl noms de quelques uns de leurs habitués. deux femmes sont rusées. Elle ne comp mettent personne, Au reste, elles se sont ( tendues d'avance, dans la prévision de ceqi-0’e arriverait un jour. |

de cette

4 ajoutet-

monsieur!

me MERCI | JE NE VEUX PAS ETRE LONGTEMPS.

Pp .

comme UE Le vieux Saint Pierre et Picounoc sortirent erse quathS } hôtel de La Colombe victorieuse ayant que hlumière du jour jetât ses premières gerbes de rayons dans les sombres et étroites rues dla basse-ville. 11 pleuvait encore, et l'on mtendait le clapotement des vagues contre ls quais. La rue Champlain était déserte, et psonne ne vit sortir les deux infâmes. Le ef, de mauvaise humeur, reprochait au jeune mme son manque de fermeté. Picounoc rettait presque de s'être laissé toucher un want par les prières et les pleurs de sa belle ïme. Ils traversèrent la rue et frappèrent à porte de l’Orseau de proie.

—Une belle, heure pour entrer dans les honles maisons ! dit en souriant la vieille aungiste, —C'est qu’on n’y entre pas! répond le chef, Soyez tranquille, la mère, votre vertu

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sera d’autänt plus respectée qu’elle est moins À q respectable, ajoute Picounoc.

—Canaille, va ! répond la vieille, tu mériterais de !...….

: L’hôtelière de La Colombe victorieuse ‘et sà fille font pitié à voir. Pâles, les cheveux en désordre, ramenant sur leurs poitrines, comme pour se protéger encore, leurs vêtements js Joux, elle sanglotent toutes deux. Un trem blement convulsif saisit. par moment la pauvre Emmélie. Alors elle jette ses bras autour à cou desä mèré, ét, silenciéuse, paraît invoque encoye la protection du ciel Les’ hétires ii cette nuit affreuse furent longues comme d4 sièclés. Le temps n'est rién en soi et ne dif que par comparaison. Une minute de soi frances est plus longue en effet qu'ane het d'ivresse. ÆEt voilà pourquoi, à la find monde, quand il n'ÿ aura plus que ie ciel!

l'enfer, ceux qui né seront pas entièremd pürifiés, souffriront, en un clin d'œil, des sd plices qui leurs semibleront égaux en duré des heures, à des jours ou à des années, sel qu'ils seront plus ou moingtérribles Et l'ét nité bienheureuse: pourra sembler ne: dur le

D qu'un moment, à cause de l'infinité de la À jouissance.

st moins

Lit ja Les-contrevents et:la porte de l'auberge de mériteral À 7, Colombe zestèrent fermés, le matin, pendant que la vie se réveillait dans les alentours.

Les journaliers qui passaient, ‘allant à leur

jeuse ‘et Sù | travail, se demandaient la raison de cette

heveux «

nés, éomnefuégligence inaccoutumée de la part de la ments jr nouvelle occupante. |

. UutretS - Personne n’est mort ici, pourtant, obsernt la PAU Buit.on : il n'y a pas de crêpe à la porte.

as autour UD Hélas! un deuil plus. sombre que le deuil ait INVOÏËSE, L mort avait menacé la paisible demeure !

és heures ï Dont le jour s’écoula et les deux infortunées y comme a Me quittèrent point leur retraite profanée. oi etne les n'osaient affronter .ies regards . des ute de V'Eommes, et pourtant leur courage .et leurs

qu'une MR. eussent fait l'admiration de-tons. Elles à la ent aient fait, pour échapper à leurs bourreaux,

ue 10 Rs Les efforts que peuvent déployer deux s entière his femmes, et elles étaient demeurées d'œil, des astes. Devant Dieu, elles avaient mérité ux en duré puréole du martyre. |

ées, Se nes pe dé Vers le soir, elles allèrent ensemble, épan-

jet n° doer leurs angoisses mortelles”dans le cœur du

prêtre. Le prêtre, c’est le refuge des âmes | afigées, c’est le dispensateur des biens du | Christ; c’est le bon samaritain qui verse sur les plaies des malheureux les baumes divins de la religion. Le prêtre fut vivement affecté D va de leur douleur ; il fut épouvanté de l'audace À pa et de la perversité des infâmes qui avaient à gin surpris leur confiance. Il leur conseilla de M cer laisser la ville, si toutefois elles pouvaient ga. à du gner leur existence à la campagne. Il leur P conseilla surtout de renoncer à la profession LO: difficile et compromettante d'aubergistes. Elle

y avaient déjà renoncé du fond de leur cœur.

Il se trouva qu’une jolie maisonnette était en vente, près de l’église de l’une des plus bellsi paroisses du fleuve. Avec un petit négoce deux femmes économes pouvaient y vivre aisément. L’hôtelière acheta la maisonnette.

Quelques jours après, elle étalait dans l fenêtre, pour appeler l'attention, mille peti objets nouveaux et curieux. Et les chalan( augmentaient chaque Jour.

La mère Labourique rit à gorge déployé en voyant l'enseigne présomptueuse d’en fat s’obstiner à décorer une porte qui ne s'ou plus. Elle pense que sa rivale s’est enfuiés

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secrètement, pour n'avoir pas à payer son

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—Je savais bien, dit-elle à la Louise, je savais bien qu'elle crèverait de faim. Iln’y a pas de place pour deux hôtels ici, Et s'ima gine-t-on que les gens vont laisser une ancienne maison comme la nôtre, pour aller boire du mauvais rum chez les voisins ?

Picounoc dormit une partie de la journée à L'Oiseau de proie. Il éprouvait une satisfaction sngulière de n'avoir pas sacrifié, à sa brutale passion, l'honneur d'Emmélie. Il goûtait quelque chose des délices de la vertu. Son sommeil fut calme. Il fit des songes agréables, l'réva à sa mère et à sa sœur qu'il n'avait pas vues depuis quinze ans. Il les vit toutes deux sur la ferme modeste où ils les avait laissées hdis, alors que vint l’empoigner la fantaisie de voyager dans les hauts. À son réveil, il bortit pour aller sur les quais, voir si quelque oélette faisait voile pour le bas du fleuve.

Dans la rue il rencontra deux femmes voilées lenoir. Il les regarda avec une attention urieuse et sourit. Les femmes ne le virent vint. Une goëlette appareillait. Il s’embar-

qua. Une chaloupe le mit à terre dans sa paroisse natale.

L'ex-élève mourait d’ennui loin de son Emmélie bien-aimée. Il devenait rêveur et fuyait les plaisirs bruyants et les réunions d'amis: il errait dans les champs solitaires s'arrêtait sur le bord des ruisseaux, écoutait le frémissement des feuilles, et toujours il pensait à la blonde enfant. Il revint à Québec.

Picounoc arrive à la maison Ge sa mère, en siffant un motif qu'il a appris dans les bois. Il aperçoit une bande d'enfants sales et criail. leurs, qui jouent à la porte avec des petits chevaux de bois et des catins de linge.

— Diable ! pense-t-il, ma sœur est-elle mariée depuis quinze ans ? A qui tout ça ?......Ma mère a-t-elle convolé 2... La mère et la fille vont à qui mieux mieux ? .….

Puis s'adressant au plus âgé des enfants :

..—Ta mère est-elle en bonne santé ?

. L'enfant sourit, penche la tête et ne répond point. | | ‘0Les chatst'ont-ils mangé la langue ? ajoute

Picounoe. | “LCL/enfant se sauve en courant derrière la

, dans sa

, de son réveur et réunions solitaires, écoutait le il pensait bec.

a mère, en s les bois.

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elle marie a ?......Ma à et la fille

enfants :

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derrière la

maison, et tous les autres le suivent en riant. Picounoc entre. Il se trouve en face d’uné femme passablement âgée. Do!

—Je me trompe de maison! pense:t-il. Et il reste muet comme le petit garçon de tout à l'heure.

— Venez vous asseoir, monsieur, dit la femme en apportant une chaise. :

— Merci ! madame, je ne veux pas être longtemps. Voulez-vous me dire qui demeure ici ?

—C'est Pierre Labrie, monsieur.

— Pierre Labrie......Je ne connais pas ....

—Y at-il longtemps que vous habitez cette maison ?

—Non, mon mari l’a achetée d'une veuve, l n’y a pas plus d’un mois.

—Ah ! .....Et cette veuve, où est-elle maintenant ?

—Elle est montée à Québec avec sa fille, pour tenir-maison de pension.

—A Québec ?.….. avec sa fille !..…... pour tenir maison de pension ?....…

Et un nuage passe devant les yeux de Pi-

ere -pommntre nan ocre mon ie, © PANIER RENTE TAN RORÉSO ARE RE TE = r , à j

counoc. Il balbutie: Cette veuve, c'est ma mère !

Et il s'assied. Il est affreusement pâle.

—Vous ne le saviez pas? demande la femme.

—Ïl y a quinze ans que je suis parti de la maison, dit-il d’une voix saccadée.

—Dans quinze ans, continue la femme, il se passe bien des choses.....si vous voyiez votre sœur Emmélie à cette heure, c’est ça qui est un beau brin de fille! blanche comme la neige, des cheveux blonds comme de l'or, des yeux bleus comme le ciel, et faite, monsieur! faite à ravir !..…Tous les garçons de la paroisse en raffolaient,.

Picounoc se lève. Il ne voit rien; sa tête bourdonne : les idées confuses dansent dans son esprit, comme les gouttes de pluie dans une mare d'eau.

Quinze jours plus tard il arrivait tout à coup dans la braierie d’Asselin, à Lotbinière. Les terribles émotions qu'il avait ressenties s'étaient peu à peu calmées. son mauvais naturel avait reprit le dessus, et tout en éprouvant les morsures du remords, il affectait le calme et la gaité,

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