QU'IL MEURE
Comme les oiseaux timides s’envolent de leur nid quand le bûcheron écarte subitement et fait vibrer les branches, ainsi les voleurs senfuirent de l’auberge de la vieille Labourique, quand le bruit et les clameurs de la foule annoncèrent la délivrance de leur victime, Îls savaient comme en toute chose la
réaction est puissante. Ils s’'imaginaient être
connus ou soupçonnés du muet, et craignaient d'être arrêtés sur un signe de sa main. Les moindres détails des agissements de ce garçon revenaient à leur mémoire,et prenaient des proportions énormes, comme les joncs qui flottent dans le mirage des eaux. Ils prenaient sa réserve pour de l'hypocrisie, sa présence à l’auberge pour de l’espionnage. Ils n’étaient sortis que depuis quelques minutes, quand l’homme de la police secrète, guidé par le muet, entra dans le repaire de la rue Champlain. Racette
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les a réunis chez sa sœur, mademoiselle Pa.
méla. On tient conseil. Le président est assis sur le coffre renfermant les costumes variés dont on a besoin dans les expéditions criminelles. Habits, manteaux, gilets, perruques, barbes et moustaches de toute couleurs et de toutes formes; lunettes pour tous les âges. La prudence sinon le goût a présidé au choix de ces articles. Il est décidé que l'on ne sortira pas sans déguisement aussi long.
temps que le muet sera dans la ville, et que l'on ira rarement à l’Oiseau de proie. Versle soir, la Louise vient rendre visite à Paméla. ‘Elle est accompagnée d’une pleine bouteille de rum dontelle fait cadeau —dans l'espoir d’un parfait paiement—aux anciens amis. On ne manque point de l'interroger.
—Vous ayez eu bon nez, répond-elle, de déguerpir sans tambour ni trompette. Je ne veux pas faire passer Djos pour un espion, ni pour un traître, ni pour plus méchant qu'il n’est, mais il est venu à la maison cet après “midi en compagnie d’un homme de la police secrète.
Les voleurs jettent un cri de surprise, et pourtant.ils s’attendent à quelque chose de la
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LB PÈBERIN DE SAINTE ANNE. 115 sorte, puisqu'ils se cachent. .La Louisé continue :
Il croit, ce beau limier, qu’on ne le connaît point; mais il y a longtemps que l’on sait le vilain métier qu'il fait. ;
— Comment se nomme-t-il? demanda le charlatan.
—Je ne sais pas son nom; je le connais de vue seulement: c'est une petite moustache
noire; vous devez l'avoir rencontré souvent sur les quais.
—Un tout jeune homme? dit Charlot.
—Tout jeune.
—Un chapeau brun, mou, renfoncé au milieu ? reprend le chef.
—C'est cela.
—Connu! ce garçon-là !......je m'en doutsis.
Puis il dit s'adressant à ses complices :
—Nous sommes menacés. Le doute n'est plus permis. Le muet nous perdra si......nous ne le mettons pas dans l'impossibilité de nous nuire,
—Ah.! si Pon avait voulu suivre mes conseils! dit Chariot, l’on ne serait pas réduit à
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