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se cacher et à trembler pour sa chère liberté. Je voulais tuer ce chien d’espion après le vol. Il nous avait vu: le motif était suffisant. Il
ne fallait pas attendre qu'il nous dénonçàt..… On a mieux aimé lui faire faire une prome. Æ , nade sur l’eau. On a voulu lui donner une p chance; vous verrez s'il nous en donnera, lui. d
—C'est moi, répond le charlatan qui me té suis opposé au meurtre. Je le croyais inutile, Pl
d'abord parceque le muet ne pouvait pas ve nous voir commettre le vol, ensuite, parcequ'il ne peut rien dire, puisqu'il ne parle pas.
—Ce qui est fait est fait, ce qui est écrit est À écrit, dit de nouveau le chef, laissons cela. Il s'agit de décider comment nous allons agir à l'égard de ce jeune homme qui amène la police dans notre retraite.
Charité bien ordonnée commence par soi-même, observe Racette, qui n'a rien dit encore, et s'aperçoit que tout n'est pas rose dans la carrière de brigand.
Il a bien reçu une petite part de l'argent trouvé dans les vieux bas d’Asselin, mais il n’a pas songé aux obligations qu’il contractait en acceptant ce revenu mystérieux. Voler,
liberté.
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ne lui répugne guère. Le voleur ne songe pas qu’il s'expose à devenir meurtrier. Mais il comprend tout à coup l'effrayante alternative où se trouve parfois le voleur : être pris et condamné, ou devenir assassin. 1l ne peut pas reculer: ses complices le soupçonneraient de trahison à son tour, et un soir, dans les ténèbres, en quelque lieu désert, un coup de poignard ou une balle sauraient bien les venger.
Après la remarque évangélique du maître d'école, Robert dit que, pour lui, il est bien résolu de faire disparaître tous ceux qui se trouveront sur son chemin, mais qu'il faut de la prudence. Le charlatan est d'avis que tout retard serait fatal. Le chef reprend la parole;
—Déterminons d’abord, dit-il, ce que nous voulons faire : nous chercherons ensuite les moyens d'accomplir nos desseins. Devonsnous, sur un soupçon, bien raisonnable du reste, de dénonciation, condamner le muet à mort, ou devons-nous attendre des preuves de sa trahison ?
—Qu'il meure ! crie le charlatan. :
-—Attendons qu'il nous ait dénoncés! dit Charlot, d’un ton ironique, il sera bien temps!
"Pas de grâce ! répond Robert, Racette ne dit rien.
— Quelle est votre opinion, maître d'école?
demande le chef ?
—Racette répète avec emphase : Charité bien ordonnée commence par soi-même !
Le chef, debout, prononce gravement : Monsieur Djos, surnommé le muet, vous êtes con.
dämné à subir la peine capitale, c'est-à-dire, à être péndu, assommé, poignardé, noyé, étouffe, fusillé, écartelé, etc., etc., par tous el chacun de nous, à savoir par moi le chef, le docteur, le canotier, le marchand de bois et le maître d'école, dès que se présentera une occasion favorable de vous rendre ce service, ct jusqu'à ce que mort s’en suive... ..Et que le diable ait pitié de votre âme !...….
Eusèbe Asselin descendit à Québec aussitôt qu il apprit l'élargissement du muet, Son triomphe avait été court, et le désappointe.
ment promettait de durer. Il épancha toutes ses craintes dans le cœur de son beau-frère, le maître d'école. Le beau-frère ne voulut pas ré
és! dit temps!
d'école ?
Charité ne | nt: Monêtes con- -à-dire, à 6, étoufie, ot chacun
a docteur, !
le maitre + occasion et jusqu à le diable
sc aussitôt et, Son sappointe:
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véler les secrets de sa nouvelle profession, et le sort réservé au muet. Mais il invita le tuteur coupable à ne pas désespérer, lui faisant remarquer avec raison, qu'un nouveau hazard pouvait encore d'un moment à l’autre, changer le cours des événements, relever ceux qui sont à terre et renverser ceux qui sont debout,
Racette avait d’abord pensé aussi lui que le muet pouvait être le voleur, et ce n'était que par mesure de prudence, —comme il appelait sa criminelle action—et pour rendre la justilication de ce jeune homme impossible, qu’il lui avait glissé quelques piastres dans la ceinture de son pantalon. Quelques jours plus tard, quand on lui donna sa part d’une somme dont il ne connaissait ni le montant ni la provenance, il eut un soupçon de la vérité. [Il comprit les trois jours d'absence du charlatan, de Robert et de Charlot; mais il ne comprit point pourquoi on lui avait caché leur expédition.
— Ils sont toujours bien honnêtes ces compagnons, pensa-t-il, puisqu'ils ne m'ont pas oublié dans le partage.
Cependant l'amour de l'or lui fit méprisor la
voix du sang ; et s’il plaignit son beau-frère, il ne se donna nul trouble pour lui retrouver son argent.
. Asselin se souvint des paroles imprudentes qu’il avait dites, dans l'auberge de l'Oiseau de proie, un jour qu’il s'était grisé en compagnie du docteur au sirop de la vie éternelle, et de quelques autres individus dont il ne se rappelait pas les noms. 1l parla de cette imprudence à Racette, Celui-ci répliqua que ces paroles avaient pu être recueillies par les oreilles indiscrètes des fläneurs, qui passent d'une auberge à l’autre, pour espionner les honnêtes gens et se faire payer un verre. Il promit de s'occuper de l'affaire et de retrouver tous ceux qui étaient à l'auberge en ce moment-là. 11 était sincère, Mais le motif de son honnêteté n'était pas ce que croyait Asselin. Le maître d'école venait de vendre sa liberté, et sa vie peut-être, à la bande dont il faisait désormais partie. Un pareil sacrifice valait quelque chose ; et il songeait à le faire payer un peu sans plus de délai. Il se dit qu’il avait le droit de parler haut maintenant dans les assemblées, de défendre ses propres intérêts et de faire triompher ses idées
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s'il le pouvait. Il se sentit pris d’une grande ambition et se demanda pourquoi, lui un maître d'école, ne deviendrait pas le chef d’une troupe d'ignorants! Il avait de riches dispositions à la scélératesse. Le premier pas seul coûte un peu dans le bien comme dans le mal, et l'énergie mène loin dans le bon comme dans le mauvais chemin. Racette affecte de savoir ce qu’il ne fait que soupçonner, et reproche rudement aux voleurs de ne pas respecter les parents de leurs associés. Ce coup de massue inattendue et soudain déconcerte tout le monde. On veut nier; mais on le fait gauchement. Le maître d'école, voyant
le succès de sa ruse, paie d’audace, et simule une grande colère :
—Non seulement vous dépouillez mes parents, reprend-il, mais vous manquez de franchise en niant votre faute. Ce n’est pas ainsi que vous vous attacherez des hommes de cœur et de dévouement ! Si nous avons des secrets les unsfpour les autres, nous ne sommes plus de
vrais amis, et si nous ne sommes pas de vrais
amis, nous nous perdrons.
Le chef, pris au piége, lui réplique que
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