‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 56 · ES · texte numérisé non relu

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Un sanglot, parti de la chambre voisine, répondit à ce cri d'amour du fidèle garçon.

— Ecoutez, répond la mère, et dites, si vous l'osez, qu'elle ne vous aime plus !

— Pourquoi me fuit-elle ?

Une pensée douloureuse traversa le cerveau de l’ex-élève. Ileut un soupçon horrible il devint blème, et ses yeux étonnés interrogèrent la mère de son amie. La femme comprit ce qui se passait dans l'âme de Paul Hamel et elle se hâta d'ajouter :

—Emmélie n’est pas coupable, non! Dieu le sait qu’elle nest pas coupable !.…

— Mais de quel crime l’accuse-t-on ?...Je n'ai entendu parler de rien.

—On ne l’accuse pas; on ne peut pas l’accuser; c'est l'innocence même ! Elle serait morte plutôt ! Oui! nous serionsmortes toutes

deux, plutôt que de céder devant les menaces |

de ces misérables !.…

Et elle se mit à pleurer. L’'ex-élève s’assit et, se cachant le visage dans ses maïns, attendit que cet excès de douleur fut passé. Dans la chambre voisine, Emmélie sanglote toujours et ses soupirs arrivent aux oreilles de son

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ami, comme de temps en temps arrivent, à une fenêtre grillée, les soupirs de la brise.

—Je ne partirai pas, répond enfin l’ex-élève, sans connaître la canse de votre peine.

—Mon Dieu! si vous saviez 2.

— Vous me mettez à la torture! parlez! Madame, je vous en prie |...

—Les monstres !.....ils étaient deux !.. ..nous étions sans défiance, un SOiT

—L'ex-élève se dresse : le feu roulait dans ses orbites, ses poings se crispaient :

—Qui ? où sont-ils ?

Et la femme continua.

—Ïls nous auraient tuées... Emmélie a voulu se jeter par la fenêtre..…..Ils l'ont saisie, ils l'ont écrasée sur le plancher.…..deux hommes sont plus forts que deux femmes......deux hommes armés !...…..

L’Ex-élève bondissait de surprise et de colère.

—Où sont-ils ? leurs noms ? dites ! parlez !'que

je les tue comme des vers de terre, les monstres! les maudits !

—Ïl ne faut pas, cependant, les confondre dans la même réprobation, car l’un se serait

laissé toucher par les pleurs de l'innocence. et il nous aurait sauvées après avoir voulu nous perdre, si l’autre ne l’eut poussé au mal, Leurs noms, je ne les sais point. Il y avait un un vieillard et un jeune homme. Celui-ci est grand et maigre. Îl porte un sobriquet, car j'ai entendu ses amis l'appeler Picounoc..……. —Hicounoc! répète l’ex-élève, Picounoc ! estce possible ?......Oh ! il en est bien capable...

—C'est lui voulait écouter les supplications de ma fille, comme je viens de vous le dire.

—Et personne n’était là pour vous défendre ?

—Nous avons crié. Des pas ont retenti sur le trottoir, des coups ont été frappés dans la porte....mais nous n'avons rien vu. Les scélérats ont en peur et se sont enfuis..…. C'est le bon Dieu sans doute qui nous a prises en pitié et nous a protégées.

Cette déclaration rend le calme à l’ex-élève en le délivrant d’un outrageant soupçon. Il entre dans la chambre où s’est réfugiée la jeune fille; il l’aperçoit à genoux, la fa e le ht:

—Emmélie, dit-il, Emmélie, je t'aime !..

Vrai comme il y a un crucifix sur le mur, je

cence… r voulu au mal.

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lications dire.

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mur, Je

t'aimerai toujours... Emmélie, tu seras ma femme! veux-tu ?......le veux-tu ?

La blonde enfant, toute en larmes, les cheveux comme un voile de pudeur sur ses épaules, se relève et tombe dans les bras du noble garçon qui la serre contre sa poitrine dans une étreinte d’une infinie douceur.

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