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—Heureusement que j'ai encore deux fioles de son sirop!-dit, les larmes aux. yeux, une bonne femme du voisinage |
—Lui? c'est étonnant! disait-on d'un côté.
D'autre part on observait : ue connaît pas le monde. |
Le muct ramassa l'une des rames et fit le geste de quelqu’ un qui frappé un | grand coup... |
—C'est vous qui l'avez "ue ? demande-t-on avec étonnement.
Il fait signe que oui.
Vous n'êtes donc pas'de la bande ?
—Non, répond-il d'un mouvement de tête.
— Il faut toujours bien avoir pitié de ce cadavre, dit Lepage : les morts sont sacrés.
Et les habitants soulèvent le charlatan pour l'emporter à la maison. Une plainte se fait entendre. |
—1l n’est pas mort ! s’écrie-t on.
—Tant mieux ! reprend une femme, il pourra faire son acte de contrition.
Le :charlatan:fut apporté à la maison et déposé sur un lit...
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Au même moment passait, revenant de la ville, le postillon de la côte Beatpré.
—Savez-vous la nouvelle ? deitiande-til à M. Lepage, ét il arrête soû choval à la porte de la maison remplie lé monde.
—Non ! qu'y at-il?
Le jeune homme muet qui devait aller au pénitencier pour cinq ans, a été mis en liberté. .—Vraiment ? mais pourquoi ?
—Son innocence a été reconnue... 1lest la victime d'une bande de voleurs.
—Le brave habitaut ne.revenait point de, sa surprise. Le postillon raconte ce qu'il connaît de l'enquête nouvelle et comment le peuple a forcé les portes de la prison. A son tour Lepage rapporte les événements de la nuit.
Il dit que lé muet est soupçonné, êt qu'il va être gardé à vüe jusqu'à ce qu'il soit livré aux autorités.
— Vous avéz affaire à: la même bdhde de scéléräts, rién'de plas sûr, répond le postillon ; vous pouvez laisser lé muüët s'en aller en totite liberté. : Le charlatan et, ui n'appartiennent pas à la même société, puisque l’un a tué l’autre
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ou à peu près. Au reste il sera toujours facile de l'arrêter, avec une langue on va loin, mais...
Le postillon n’acheva pas sa juste observation, fouetta son cheval et partit.
Les habitants, satisfaits des renseignements ét des conseils du postillon, permirent sn pèlerin de s'éloigner,
Il partit et se dirigea, bénissant Dieu, vers le sanctuaire de la bonne Sainte Anne.
‘Voyant que le bruit qu'il faisait dans sa chambre au grenier était inutile, et ne servait qu’à mécontenter M. Lepage, le muet avait pris un autre moyen de déranger Îles projets des voleurs. Au reste il s'était dit: Jé ne ferai, par ce moyen, qge retarder l'exécution de leur infâme dessein, et ils reviendront plus-tard. Il pensa que s'il pouvait les surprendre,:les attaquer et en blesser quelqu’uu, la justice, guidée par des iudices certains, étendrait son bras sur tous les coupables. Alors il ouvrit la petite fenêtre du grenier. Cette fenêtre donnait sur le jardin. 41 n’y avait point de passage de os côté, Il prit ses draps de toile, les nous l'an à l’autre par les coins, et les attacha à la sablière, au-dessous de la fenêtre. Il se
glissa le long de ce domi nouveau et descendit, :::.
Tout autour les pars fruitiers méblsiont leurs rameaux touts... Îl,se blottit sous les pruniers en attendant l'arrivée des brigands. Il'‘était ‘là depuis uhe déri-heure quand il enténdit 16 bruit de leurs ‘pas! Ils arrivèrent. Le muet, regardant dans l'obscurité, à ‘travers des: perches de la clôture, les:vit s'arrêter un instant à la porte.” 11 les vit repartir bientôt et franchir la clôture du jardin. Il avait peur d'être découvert, et ne bougeait pas. Le calme était profond autour de lui. Les voleurs en apercevant les draps blencs qui flottaient au vent dirent:
— Voilà une drôle de façcoë de faire sécher le linge !
lis croyaient que c’étaient des couvertures nouvellément lavées, que la blanchisseuse avait ainsi accrochées pnur faire sécher au vent. La porte de la maison S'ouvrit et Charlot vint chercher ses complices qui se tenaient tout prêts, debout au coin de la maison. ‘Ils entrèrent: : Alors le muet ‘courüt à’ la’ chaloupe, * enléva' ‘rames ‘et : voiles, comme ‘il l'avait prémédité,/ et, ‘debout au
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bord de la talle d'aunes, il attendit, une rame à la main. Comme: on l'a vu, il n’attendit pas en vain.
M. Lepage avait envoÿé quelqu'un pour suivre l’infortunée Geneviève et la ramener dès qu'elle consentirait à revenir. Elle se rendit à Québec, s’arrêtant souvent: pour demander la petite Marie-Louise aux habitants étonnés de son étrange folie. Elle erra dans les: rués, arrêtant tous les passants et leur demandant à tous, l'enfant qu'elle avait perdue. Les gens se détournaient en souriant de La nuit arriva. Elle est noire dans la plupart -des rues de Québec, quand la lune ne prête pas aux habitants sa bienfaisante lumière, , Cette nuit-là, la lune ne vagabondait point. Elle s'était couchée de -bonne heure.
Geneviève ne voulut entrer nulle part., Non gardien la suivait toujours, et toujours la suppliait de revenir chez M. Lapage. La pauvre folle marchait toujours :
—Attends! attends, disait-elle, je m'en re.
tourne dans une minute: il faut qu: j'aille voir là,- dans cette rue:..….
Elle entrait dans la ruë Saint Joseph. ‘Elle
| se rendit à la porte de mademoiselle Racette,
regarda par la fenêtre et vit l’infâme maître d'école menacer, de son couteau, l’innocente enfant endormie sur sa chaise. Elle entra doucement, doucement..……et de ses doigts perçauts, saisit, comme Von sait, 1e gorge du brigand…
Pendant Sutblte poursuit le maitre d'école, celui qui est chargé de veiller sur elle reconnaît le petite Marie-Louise, entre, la prend daus ses bras, et s’en retourne triomphant. Il veut retrouver la malheureuse Geneviève :
il ségare. Désespérant de la rejoindre durant la nuit; il reprend le chemin du Château.
Richer, emmenant, joyeux, l'enfant mystérieusement sauvée. Il se promettait de revenir dans le cours de la journée prochaïne, chercher de force on de gré la pauvre folle. Le lendemain, Greneviève s’acheminait, désespérée, vers Lotbinière. Et toujours en marchant elle appelait sa jeune amie, et les gens se Æ
détournaient pour la voir.
Deux jours plus tard, elle arrivait à ai braie.
rie du ruisseau de Gagné, où nous l'avons vue faire des menaces à Asselin, où nous l'avons entendne chanter son refrain douloureux.
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