LA MISÉRICORDE DE DIEU
‘Le charlatan, étendu sans mouvements sur son lit, éprouve d’atroces souffrances. Ma.
dame Lepage, oubliant ses chagrins et le crime du malade, faisant taire le eri vengeur de ln nature. pour n'écouter que la voix miséricordieuse de la charité, comble de soins empressés l’indigne malfaiteur. Un médecin est appelé. Secouant la tête d’un air désespéré, le disciple d'Esculape, après avoir examiné le patient, déclare la science impuissante. 1l se trompe. Mais il n’est ni le premier ni le derdernier à qui les faits donnent un formel démenti. Cependant le docteur au sirop de la vie éternelle doit porter, le reste de sa vie, la peine de son crime.
L'enlèvement avait eu lieu pendant la nuit du mercredi, et c'était le vendredi soir, deux jours après, que la folle, guidée par un instinct merveilleux, avait retrouvé l'enfant, pour
wo POLE
202 LE PÈLERIN DE SAÏNTE ANNE, hélas ! la perdre aussitôt. Le fils d’Anselme Bureau que M. Lepage avait dépêché pour surveiller (reneriève et la ramener à la maison, revenait tout joyeux, le samedi matin, avec la
re rompre Sant à phentermine me
Que
k s petite Marie-Louise. A la vue de l'enfant, ce : 14 fut, dans l’honnète famille, ‘une explosion de es joie et des transports de reconnaissance envers LH Diet Uné légère rongeur se peignit sur la
#4 face blëme du malade.’ M. Lepagé' retourna |
tt: lui-même à Québec pour chercher Geneviève
et informer les officiers de la police de ce qni 8
s'était passé chez lui deux jours auparavant. S
Il ne put retrouver Geneviève. La police b
promit de s'occuper de l'affaire. b
Le pèlerin voit luire de loin, au pied des à
4 côtes élevées qui bordent le fleuve, l’'humble “
flèche de la petite église de Sainte Anne. Ses la
yeux se reposent avec espérance sur la croix n
de fer. Une douce émotion agite son âme. eh
En wärchant il tient son chapelet : maïs sa FA
bouche muette ne peut répéter la prière de son #
cœur. Î[ls’exite au regret de ses fautes, et fi
demande miséricorde. À mesure qu’il ap- ris
proche son trouble augmente. Les gens'qui le ù
voient passer disent :e’est un pèlerin? c’est .
un jéune homme qui a fait an vœu, et il le
nselme é pour maison, avec la ant, ce sion de e enve’s sit sur la retourna enetiève je ce qni paravanti.
La police
pied des À l'humble nne. Ses ir la croix son àme.
. mais sa jère de son fautes, et qu Al ap ù ens ‘qui le erin{ c'est su, et il le
saluent avec respect. Car les habitants de Sainte Anne ont beaucoup d'égards pour ceux qui témoignent leur confiance et entretiennent un culte envers leur illustre patronne.
Il'arrive. Son estomac vide demande quel-
ques aliments, et ses lèvres altérées se dessèchent. Mais ilne veut ni manger, ni boire avant de s'être prosterné devant le Saint des Saints, avant de s'être agenouillé, anxieux et tremblant, au pied de l’image de la bonne sainte. En passant dans l’étroite allée, il laisse sur le plancher des taches de sang, cer la blessure de son pied s'est rouverte. Il y a beaucoup de monde daus l’église. Elles sont si nombreuses les âmes souffrantes qui veulent être consolées ! Elles sont si douces les consolations de la foi ! ! Ceux qui le voient marquer son passage par ! une trace de sang, se sentent humiliés devant tant de courage et Ÿ amour, et font monter pour lui d'ardentes prières vers le Seigneur. 11 s'agenotille sur le balustte et reste dé longues heures, immobile comme la statue de la prière, les yeux attachés sûr l'antél du Christ ou sur l'image de Sainte Anne. ‘Il
se confesse, répondant pee ris signes aux questions du prêtre. . "4"
: Le soir venu, quand le! bedeau prit les! elofs pour fermer l'église, il sortit. Le curé l'attendait à la porte pour l'emmener au presbytère, 1l était dans là confusion; il voulut refuser ; mais le:prêtre:insista.
Le muet passa dans la méditation de la jus-
tice et de la miséricorde du Sauveur, une grande partie de Ia nuit. Le lendemain de bonne heure. il se rendit à l'église, : 11 pensait dans son humilité:
"—S'il plaît à Dieu de ne pas m'exaucer, que son saint nom soit béni! j'aurai du moins accompli la promesse que j'ai faite à Sainté Anne, de venir, à son sanctuaire, la remercier de m'avoir sauvé la vie.
I! entendit la messe avec une édifiante piété. Il fit la communion. Un émoi mystérieux serrait son cœur. Son âme implorait la sainte dont l’intercession est si puissante auprès de Dieu. Il espérait que sa langue longtemps liée se débarrasserait tout-à-coup de ses chaînes invisibles, et que le châtiment de Dieu serait suspendu. Son espoir. fut vain. |
La foule des gens: pieux qui était venus à la messe s'écoula sans bruit.
38! clofs l'attensbytère.
refuser ;
Le la jusur, une main de À pensait
ucer, que moins ACnte Anne, ércier de
, nte piété.
1 ystérieux it La sainte ‘auprès de longtemps ses chaines Dieu serait
1 resta dans l'humiliation; pleurant; mais soumis à: là justice diviuei! :Fout le jour il fut en prière. Le prêtre l’encourageait et priait avec lui... Le. lendemain, c'était. le:samedi, il reçut encore la sainte communion. Sa confiance augmentait et sa foi, brillait. de plus en
plus. : Dans toute la, paroisse on parlait de cé :
pèlerin nouveau. Plusieurs venaient à l'église pourle voir, et dans l’espoir d’être témoins d'un miracle. . Parfois cependant un nuage passait sur le.front du jeune homme, et le doute amer se glissait dans son esprit inculis, Il n'osait plus espérer. (
Le dimanche, les voitures dt dd fidèles arrivèrent de toutes les parties de la paroisse. Dausnos heuréuses campagnes, et dans nos villes aussi, la foi ne s'éteint pas au souffle vénéne 1x du scepticisme, et les églises se remplissent de croyants. Nousne:comprenons pas
encore qu'il soit mieux d'aller au cabaret où à
la promenade que de s'agenouiller ensemble, comme des-frères, sous le toit béni du temple, pour! se reeneilhr:et prier:, Les esprits ‘forts qui affectent de: rire de: tout, parcequ'ils ne compremient rien, et ne songent, point à: la mort, sont pour nous de tristes curiosités.
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Nous aimons notre religion plus encore que notre patrie, et malheur à ceux qui voudraient nous la ravir,
La cloche sonna gaïement le dernier coup de la messe, et les tintements sacrés de l’airain, s'envolant au-dessus des collines pittoresques des alentours, annoncèrent aux habitants dis. persés sur la route, que le sacrifice du calvaire allait commencér. Tons se hatèrent d'arriver,
Le prêtre, suivi du clerc qui portait le bénitier, fait le tour de l’église en bénissant les fidèles. Il passé près du pèlerin qui s'est mêlé aux hommes dans une allée, en avant; et lui donne l’eau sainte en demandant à Dieu de le regarder d’un œil favorable. Tovt le: monde sait où se trouve le muet et l’observe avec une curiosité bien ‘excusable, : Lui, il demeure, pendant la: plus grande ‘partie de la messe, à genoux, les mains jointes, les yeux levés:sur l'image de Sainte Anne. Il: ne paraîtpoint s’apercevoir de l'intérêt qu'il :excite antour de lui. : Par moment on le croirait dansune:extase sublime. De:temps:én:temps ïl:se: frappe la poitrine, et des larmes s'échappant de sés:paupières, coulent-le long deses joues. :: Sa pensée, par fois aussi, monte: vers sa mère regrettée. Il
re. que iraient
er coup l'airain, resques ints discalvaire l'arriver.
Je béniissant les s'est mêlé nt, et lui ieu de le e::monde avec une demeure, a messe, à levés:sur raît point autour de anne extase frappe la e:séB pau:
Sa pensée,
grettée. Îl
lui démande pardon. 'Il'essaie de redire l’ Ave, Maria; qu'il avait promis de réciter tous les jours de sa vie, et qu'en effet, il avait presque fidèlement dit, mais. sa, langue est toujours ençhaïnée.
Quand le son argentin de la petite sonnette de cuivre annonce Lee Dei, il se sent pris d’ un transport inconn Un, souffle puissant se, réveille au fond de soû être. Un désir ardent de s'unir à son Diet le tourmente soudain. Comme un Homme endormi dans un rêve pénible, fait un suprèmé effort pour
s'évéiller et se soustraire aux angoisses qui l'oppriment, il veut ! secouer le sommeil de son âme. Il lui semble que son esprit va prendre des ailes et laisser la terre. En s'approchant de la sainte“lablé, il lève, vers l’illustré patronne de l'église, un régard suppliant, doux et plein de larmes. 1l croit voir sourire la bonne sainte, et touté sa personne ‘s'agite dans un transport inéxprimable. Il croit entendre des chants angéliques au-dessus de sa tête et dans labside où flottent des nuages d'encens. : Il lui semble que des: flots de Inmière: enveloppént l'autel: auguste. : 1l est plongé: dans une adoration profonde. Il est
enivré d’une paix ineffablo. | Ses yeux hümni: des attachés sur Béttél ne voient Apt que le Ciel.
Au dernier évaiile ‘qüand toat W' mornide se tient debout, il reste agenouillé, car il n’a plas Connaissanée de ce dd es sé passe autour de doi.
La mésse est finie. Les cierges he brûlent plus sur les chandeliers d'argent ciselé. Le prêtre est à genoux sur les degrés de l'autel. Mais la foule ne paraît pes s'être écoulée.
Partout, dans les bancs, dans les allées, les fidèles prient avec une extrême ferveur. On dirait que les âmes veulent faire au Seigneur une pate iolènce.
Tout à érup, dans le dilenpe A l’on entend. une voix forte et tremblante. œmurmurer lentement: Ave, Maria; gratia plena ; Dominus tecum. Et au même instaut le pèlerin se dresse, lève las mains an ciel et retombe à genoux.en. s’écriant : Je parle! je parte! mon Dieu! Sainte Anne, soyez bénis !…
Un cri d'admiration ‘spontané, HV olahiairés fait tiémbler l'humble voûte de la petite église. Le prêtre:ému publie la puissance:et'la bonté
hawique le
monde vil na > autour
brûlent selé. Le e l'autel.
écoulée.
illées, les eur. On Seigneur
fond, l'on nte., @uTia lena ; le pèlerin retombe à arte ! mon
olontaire.
tite éghise.
+:1a bonté
LÉ 'PÈLERIN DB BAÎNTS ANNS. 209
du Seigneur ét de la bonne Sainte Anne. Un Te Deum solennel ést chanté. La foi se raffermit dans les cœurs. Et les habitants s’enretournent à leurs maisons ‘en bénissant la miséricorde de Dieu.
Lo pèlerin passa le reste de la journée en actions de grâces, Et: Féglise fut, jusqu'au soir, inondée par ls foule qui vint joindre ses hommages à ceux de ce jeune homme vraiment fortuné.
Le lendemain Djus reprit, glorienx,le chemin
qu'ilavait parcouru dans l'humiliatian quelques
jours auparavant. Et il racontait à tous ceux qu'il voyait les hautes faveurs dont il avait été , l'objet, et, il publiait la puissance dela Bonne Sainte Anne de Beaupré. Il entra chez M.
Lepage en disant :
Remerciez Dieu. avec moi ! je parle ! je suis guéri... |
La stupéfaction fut grande dhné la maison, et pourtant l'on savait déjà le miracle qui avait eu lieu la veille, Le pèlerin aperçut la petite Marie-Louise .…. 11 s'élança vers elle.
Retrouvée ! dit-il! retrouvée!
Il la couvrit de baisers.
ere
210 LB RËLARIN DE 8AINTE. ANNB.
: = O'est ma sœur !....ma petite sœur! prpheline. comme; moi. de «“)0est ma, petite. ‘sœur Marie-Louiseili 01 3 vos 20! ouxh tu Votre ‘sœur duotéet: votre: !sœur '{:: disait tout le monde dans l’étonnemient, : {1021221 13 On comprit albrstlarfaçon: d'agir: paru et inexplicable-duinuët à l'égard de l'enfant, ‘dans lesrencontres précédentes. 6:
!Djos s'approch#’idu” lit où se FORTE — le charlatan :
L'événement n' a pas tourné: comme vous ” lespériez ‘lui ditil! Si'vous revenéz à k vie, revenez à l'honnéteté.. $ (P
e charlatan se ‘délourha Ja tété: sur son
oreiller fiévreux, et son régard eut unelex-
pression farouche. Le pélérin raconta comment il avait surpris le projet des brigands et ‘commeñt il l'avait déjoué.' Il révéla tout ce qu'il connaissait de ces misérables: Cédant aux instances de Lepage :et de sa: femme, il passa quelques ex avec sa sœur:dans ones maison hospitalière: | soi Les hébitanté Mb de. loin’ pour: le voir et lui entendre raconter: sa vie malhiedreuse et sa miraculeuse guérisom! 29 ;:7500 81 |
Lprphete. sœur «sb du ro | 5:30 Daulère , l'enfant,
(tou
vait cloué
mine Vous 2 à la vie, ggur soi t une ex onta com:
rigands et sa tout ce édant aux he, il passa tte malson par: le voir
aihedireuse
FO Bi de
Désireax: de airs ce ra se) 5 pétinit à la demeure de M: Lepage, et cé qu'était devent son fidèle camarade de’charlatan, Saint Pierre se rendit au, Château-Richer.. Ceux. qui. le connaissaient ne le reconnurent point., Son
âne dénudé se perdait dans une riche cherelure noire, une longue moustache en brosse tombait comme un voilé devant ses lèvres, et des lunettes en verres enfumés dérobaient les reflets fauves de ses yeux. Il s'arrêta à la porte voisine de chez Lepage, demanda de l'eau pour son cheval, et lia conversation, de l'air le plus indifférent du monde, avec le garcon de la ferme. Il apprit, en peu d'instants, plus de nouvelles qu'il n’espérait ên recuoillir. :: Le garçon: loquace éprouväait.-un véritable plaisir:à raconter les événements qui avaient, depuis quelques jours, tant agité; la
F DRE er. ÆÉ EI * 2 a F2 L de ds
212 LB PÈLERMN DS BAINTE ANNS.
paroisse. Il n’omit aucun détail. Le vieux Saint Pierre avait besoin de ses lunettes pour cacher l’étonnement que trahissait son regard. Il mordait sa fausse moustache. I] remercia poliment le garçon bienveillant et babillard ; monta dans la calèche, tira sur les
guides, fit virer le qheyal, et reprit au grand |
trot le chemin de le ville. Le garçon pensa:
Voilà un drole! I vient ici:pour faire boire un cheval qui n'a pas soif, et s'en retourne sans plus de facon.
Le vieux Saint Piérré est songeur :
—L'horizon s'assombrit, pense-t-il : la foudre nous Menace. Il n'y a plus à reculer. Le plus tôt sera le mieux.
1 arrive de bonne heure à Québec, et retrouve ses compagnons réunis chez Mademoiselle; Paméla. La néunion est silencieuse.
L'inquiétude se lit sur toutes les figures.
:: Eh bien ! quelles nouvelles ? demandent à la fois les brigands en gris entrer leur chef, Mauvaises, répond: le vieux Saint Pierre en ôtant ses lunettes, sa perruque et ea mous tache. : b:.4
æ vieux tes pour sait son ache. Il eillant et ra sur Les au grand | on pensa :
pour faire
t sen Te
|: la foudre ,culer. Le
bec, et re , Mademoï silencieuse.
pures.
demandent entrer leur
Saint Pierre et ea mous
inatnnnatt
—Manvaises ?.….;. Il est mort ?
—Non ! .…. il peut en revenir.
—L'enfant est retrouvée ? demande le maître d'école.
—Oui...mais ce n’est rien cela.
—Qu'y at-il donc alors ? parlez !
—Nous sommes découverts !
—Découverts ?
—Oui.
—Et par qui? Le Aectanr at-il dé? ? mous t-il trahis ?
Non! | gl { Le muet!'je gage que c'est le muet, dit Charlot:: I était chez Lepage cette trattslèy comme vous le savez.
—C'est lui! s'écrient les autres.
—Que parlez vous de muet? répond le chef:
il n’y en a plus de muet!
Un cri de joie retentit :
—]l est mort ? Vous l'avez tué ?
—Non | al
[ se fait un moment desilence. Le vieux eon:
LA
MI ait!
4 | AE Le | :e fl Où N En 48) il
Rs her a =;
+ ARE Ps EL rh ue EE 5 . “TT = ge eme
tinue d’un air morose ét À de ‘Le muet a parlé ! | (: PA
—Le muet a parlé: ? Que vonlez- vous dire ? ? —Il a été guéri miraculeusement par Sainte Anne, hier, pendant la messe.
— Vous vous moquez de nous ?
—Hélas! vous verrez.
Oùestil?. 2172700099 SnmOr 807
— Chez Lepage. al |
—L'avez-vous vu ?
Non! je n'ai pas osé entrer dans cette maison. Je me suis arrêté chez le voisin, et là j'ai tout appris.
—Le muet parlel!:Le muet parle !......murmurent, dans leur stupeur, les scélérats.
— C'est lui, ajoute le chef, qui s’est embarqué dans un canot pour nous sauver. pendant l'orage. Il est venu sur l'ilet où nous étions et il a surpris nos dessins,
Charlot, se levant furieux : ..Si vous m'aviez écouté quand j'ai voulu le tuer, la nuit du vol, à Lotbinière, tout cela ne serait pas arrivé... et nous serions tranquilles, à l'abri des ‘soup: cons et des récherches. boz !
Le muet ous dire? $ ar Sainte
dans cette voisin, et R
e!......murérats.
st embarqué
pendant l'ous étions et
nuit du vol Lg ATTIVE
ri des ‘SOU
On peut le tuer. Il en est sue encore !
fut-il répondu.
— Il doit aller à Lotbinière cette semaine.
Un éclair illumine soudain la face diabolique du maître d’école,
—Ï1 y a, sur la terre du pupille, une cachette magnifique, et le pupille passera nécessairement auprès, s’écrie-t-il.
—Ensuite ?
— Ensuite ! vous ne devinez pas ?..…… Un murmure approbateur s'élève.
—Chef, vous n'êtes pas connu chez nous, contnue Racette, vous allez venir avec moi sous prétexte d'acheter üne terre.
—Voilà qui est singulier, répond pire Pierre, cette même pensée d’aller acheter une terre m'est venue à lesprit, tout à d'l'Reure” en remontant du Château.
—Soyez fermes et sans pitié, cette fois, dit Ch ilot. Notre vie est au jeu, s'il échappe, nous n 'échapperohs pas, nous.
Le lendemain, le chef et le maître d'école partirent pour Lotbinière.
Vers la fin de la, semaine, Je charlatan: fat
mis sur un lit de plutñe et transporté dans une voiture aux ressorts pliants, à auberge de l’ Oiseau de proie. Il poussa bien; le long de la route, quelques cris de douleur, malgré toute l'attention dont il fut entouré, malgré l'allure calme et lente du cheval qui le menait.
‘Lepage avait bien fait sa part de sacrifices et de charité. Le pelerin lui avait dit que la demeure ordinaire du charlatan était à la taverne de la mère Labourique.
—Que madame Labourique le soigne à son tour, avait répondu Lepage, en attendant qu'il soit livré à la Justice.
Mais la vieille hôtelière éprouva de la répagnançe à recevoir, le malade. Elie dut le garder, cependant, car on le lui laissa.
Le pèlerin s'était rendu la veille à. Québec. Sa première visite avait été pour l'humble église de la basse ville. C'était dans ce sanc. tuaire vénéré que, six mois auparayant,ehviron, il avait versé les premières larmes du repentir et ressenti les ineffables délices de l'amour divin. Il revit avec bonheur le bon prêtre qui avait donné à la petite Marie Louise et à Geneviève, un refuge qu'un dessein de Dieu devait’ seul
dans une erge de oùg de la gré toute é l'allure ait.
gacrifices dit que la tait à la
igne à son adant qu'il
de la répu: