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Le lendemain, le maître d'école lui-même annonça, dans le village, l’heureuse nouvelle du miracle de Sainte Anne, et l’arrivée prochaine du pèlerin. 1l avoua s'être défié de ce garçon qu'il ne pouvait reconnaitre, et,
pour prévenir l'opinion publique, il dit qu'il
avait voulu rendre la petite Marie-Louise à ses. tutenrs et à sa famille, en allant au Château Richer, la ravir à ses parents adoptifs ; que la rumeur avait fait, de ce tour innocent
et permis, une action infâme, un forfait épou-
vantable. Il ajoutait : Vous jugerez par vousmêmes : l'enfant reviendra et vous verrez si elle ne m'aime pas encore, et si elle.a quelque raison de se plaindre de moi.
On trouva toute naturelle la tentative de l'enlèvement ; et la conduite du maître d'école parut justifiable. (Comment se défier d'un homme qui se cache sous le masque de l'honnêteté ? L’hypocrisie fait plus de dupes que tous les autres vices ensemble.
Racette s’enquit des terres à‘Wéndre, et dit qu'un bourgeoïs de la ville, désireux de se retirer à la campagne, était venu avec lui, dans l'intention d’acheter une propriété dans le voisinage de l’église. On lui dit qu'une veuve
lui-même nouvelle rivée pro- » défié de naître, et, il dit qu'il Louise à allant au ts adoptifs ; r innocent rfait épou- ; Dar VOoUss verrez si a quelque
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en avait acheté une dernièrement et qu elle la revendrait peut-être.
Saint Pierre ne sortit guère le lendemaïn de son arrivée à Lotbinière. Pendant qu’Asselin vaquait à ses travaux du dehors, il s'entendit avec madame Asselin au sujet du pupille. Il ne lui dit pas, le vieux rusé, comme il craignait les révélations du'jeune homme,et voulait le mettre dans l'impossibilité de rien prouver; mais il luijura qu'ilne ferait que | par galanterie et dévouement pour elle ce qu'elle désiraitt Madame Ensèbe fut doublement heureuse.
Il y avait sur la terre du pupille, à une vingtaine d'arpents du chemin de front, sur le bord seblonneux d’un ruisseau, une vieille cave à patates. Dès que le pupille serait arrivé dans de paroisse, Saint Pierre devait disparaitre. Racette lui-même le conduirait vers le soir, avec la vaiture de son beau-frère, à une certaine distance. Ils reviendraient tous deux pendant la u #t. Le vieillard se rendrait alors dans la cave sur le bord du ruisseau, et là, armé d’un bon fusil, le fusil d'Asselin, muni de liqueurs et de provisions de bouche, il at-
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tendrait qu’un hasard heureux fit passer à sa portée le dangereux pèlerin. Madame Eusèbe s'obligeait à aider le hasard, afin que le bandit ne languit pas trop longtemps dans sa noire et triste cachette.
Le soir arrivé, le chef des voleurs et son adepte nouveau, chacun portant une bêche sur son épaule, sortirent furtivement de la maison d’Asselin et prirent à travers les champs. L’obscurité était épaisse. Mais, bientôt, la lune parut grande et sereine audessus des bois, et sa lueur était pareille à l'éclat d’un incendie lointain. Elle monta lentement dans le ciel, et les étoiles jalouses se cachèrent sur son passage. Les deux brigands arrivèrent au ruisssau. Sur bord de la côte, la cave s'élevait noire au xmilieu du sable jaune. L'eau dormait dans les échancrures nombreuses. De place en place, ün arbre tombé en travers, des branches, des souches entassées formaient de petites digues qui retenaient l'onde fraiche, ou des ponts capricieux que défaisaient, pour les refaire plus loin, les orages de l'automne. En avant de ces barrages, le ruisseau paraissait désséché. Du côté sud .da berge accore était ombragée de beaux
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érables. C'était la sucrerie. La lune éparpilla dans les flaques d'eau paisible ses paillettes étincelantes. Les brigands descendirent dans le ruisseau. Courbés sur leurs bêches il se mirent à creuser en silence. Les pelles rejetaient le sable par un mouvement sinistre et
régulier. Le trou béant prit l’aspect d'une fosse. | |
—£Est elle assez profonde? des:ande le maitre d'école. |
—Creusonis encore ; il vaut mieux creuser trop que pas assez. Et les deux bandits se remirent à l’œuvre avec ure ardeur nouvelle, et la sueur inondait leurs fronts.
—Îl sera facile, dit, sans interrompre son tra-
vail, le vieux Saint Pierre, il sera facile de faire passer ici l’eau du ruisseau.
Nous entasserons les arrachis de l’autre côté, répondit le maître d'école.
Alors un léger craquement de branches se fait entendre dans l’érablière. Les deux vauriens lèvent les yeux. À travers la sombre co- Jonnade formée par les troncs des érables, ils voient passer une forme légère, blanche et fantastique. Surpris ils se taisent et se blottissent
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contre le barrage de souches.et. de branches. L'apparition s approche toujours, paraissant et
. disparaissant tour à tour, comme, une | voile
blanche qi glisse derrière un rideau de peupliers.. Ses bras, pour écarter les, broussailles, s'étendaient comme les bras des nageurs. Elle s'arrête vis-à-vis la fosse mystérieuse et se penche sur la berge.
Les brigands sont inquiets et contrariés.
Tout-ä-coup le blanc fantôme écarte ses mains pâles et s écrie :
—L'avez-voustuée ?..Creusez-voussa tombe?
Ah ! rendez-moi son cadavre que je le couvre de baisers et de pleurs !.....Pourquoi, l’enterrez-vous ici? Cette terre n’est pas bénite, et personne ne viendra prier ici pour l'enfant martyre! Ici l'on enterre les chiens et les maudits ! | :
Le vieux Saint Pierre eut voulu.ne pas ouir cette parole quile glaça, malgré lui, d’une crainte vague et superstitieuse. Le fantôme continue,
—J'ai promis à sa mère de la sauver! J'étais perdu alors….…je tombais! je tombais! je tombais !.... Sa mère m'a dit de la porter au pied
nches.
sant et e. voile de, peussailles, rs. | Elle se pen-
atrariés.