‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 56 · LE PÉLERIN A LOTBINIÈRE · texte numérisé non relu

LE PÉLERIN A LOTBINIÈRE

Le chef des voleurs s’en retournait pensif chez Asselin, lorsqu'il vit venir deux personnes qui causaient et gesticulaient avec animation. 11 prêta l'oreille à leur disconrs. L'une disait :

I] va débarquer à la vieille église. Sa petite sœur est avec lui; et le bateau de Paton est chargé de monde. Tout les passagers de

Mathurin ont. couis s'enrevenir avec le mue.

Methurin est arrivé presque seul.

Le ‘chéf interrogea ces personnes: ët. leur demanda si ges: parlaient, du :muet gnéri miraculeusement à Sainte Anne. !

:+Oni, réponñdirent-élles. : Il: va arriver, dans ane demi-heure au, plus : vous vôyéz:la borge sur la batture, vis-à-vis l'ilet.. Elle ne monte pas, vite, la brise est faible. avrtit |

—{Ce qu'il y'a de plus étonnant, néguit l'autre, c’est que sa petite sœur est avec ini.

— Merci ! dit le brigand qui partit d’un pas plus rapide. Il annonça la nouvelle à madame Eusèbe, qui fit prévenir aussitôt son mari par l’aînée de ses petites filles, Asselin travaillait au champ, mais assez près de la maison. Il entra de suite, se rechangea, mit un cheval à la voiture et partit.

—Tu vas au devant de lui ? demanda la femme sans cœur, ce n’est pas moi qui me dérangerais pour cela

La nouvelle de l’arrivée des pupilles 8e répandit promptement ; et quand la petite berge amena savoileet entra dans le rigolet, il y avait sur -la grève, un grand nombre :de curieux.

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d'un pas , madame mari par ravaillait aison. Il n cheval

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cürieux.

Un immense hourra s'éleva du, bateau: le peuple y répoñdit dela rive. Djos débarque le premier, tenant par ld main sa petite-sœur, rieuse et ravie de cequi se passait autour d'elle. M. Lepage snivait les pupilles et veillait sur son enfant adoptive. Plusieurs de ceux-qui étaient sur le rivage vinrent serrer da inain:au pèlerin et embrasser Marie-Louise.

—Rendons-nous à l'église, ditle jeune homme, allons d’abord rendre grâce au bon Dieu.

Et toute la foule suivit les déux orphelins qui marchäiént se tenatit toujours par la main. Et cette foule formait üne longue procession qui allait s’allongeant toujours à mesure qu'elle avançait. Le curé vint au devant du jeune homme 'et le félicita d’avoir été l’objet d’une si haute faveur de la part de Dieu. Il l'invita à la reconnaissance, Et prenant l’enfant dans ses bras: D'où viens-tu donc anssi toi pauvre petite ? c’est ton ange gardien qui te ramène !..

Un bruit confus de voix montait du millieu de la foule. Chacun faisait les commentaires que lui suggérait l'événement. Les uns rap-

pelant les jours d’énfance du muet, et les trai-

téments inhumains qu'il avait reçus de son

tutetr, n'étaient pas! fachés de le'voir revenir

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triomphant, comprenant qu’en effet le triomphe de la victime fait la honte du bourreau. Les autres avaient hâte de voir la contenance de madame Asselin, et d'entendre raconter à la petite Marie-Louise comment.elle s'était égarée dans le bois du domaine, en allant aux framboises avec sa tante, et comment elle s'était

* trouvé transportée, comme soudainement, dans

une paroisse éloignée. La surprise causée par l’arrivée de l'enfant, n’était pas moins grande que l’admiration du miracle de la bonne Sainte Anne! Quelques bonnes femmes disaient :

C'est la défunte Jean, c’est sûr, qui a veillé, du haut du ciel, sur ses enfants,

—Je le crois bien,ré pondaïent les autres. Car ceux qui sont au ciel peuvent voir et connaitre ce qui se passe dans I monde.

— Et ceux qui sont dans l'enfer aussi.

—Je n’en sais rien, répondaient celles qui voulaient. restreindre autant que possible la liberté des damnés.

Cela doit être, puisque les esprits immatériels, insaisissables, échappent nécessairement à l’étrainte et ne peuvent être enfermés. Ils volent rapides comme la pensée, passant à tra-

riomphe u. Les ance de ater à la it égarée ux framle s'était nent, dans ausée par ns grande ne Sainte disaient :

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vers les corps opaques comme la lumière dans le cristal, et vont de mondes en mondes, portant partout en eux-mêmes la peine et les tourments, ou la gloire et l'ivresse de l'éternité.

La foule entra dans l’église. Les orphelins, passant par la grande allée, vinrent s’agenouiller sur les degrés du balustre. Le prêtre:

entonna d’une voix émue un cantique solennel : Dieu va déployer sa puissance ......… et tout le monde chanta, dans un transport d'amour et de reconnaiszance, avec le lévite pieux, les louanges du Seigneur, Et dans la voûte du temple éclatant de blancheur, l’on eut dit qu’une troupe d’anges, invisibles répétait, en les rendant plus suaves et plus doux, ces cantiques joyeux. Au sortir de l’église, quelques habitants invitèrent le pèlerin et sa sœur à venir prendre une tasse de lait ou de thé, car le soir arrivait et les orphelins n'avaient peut-être pas fait un copieux diner à bord du bateau de Paton. Le curé dit: Qu'ils viennent tous deux au presbytère, avec le monsieur qui les accompagne : la servante trouvera bien quelque chose à mettre sur la table ; et s'ils désirent se rendre ailleurs en-suite, ma voiture sera à leur disposition.

SERRE RO AQR PRE DPI

Personne n’osa s'opposer aû désir du curé, et, par respect, nul n'insista.

Au moment où les orphelins et M. Lepage, cédant à l'invitation du bon curé, prennent le chemin, du: presbytère, Asselin arrive en calèche:à la porte de l’église, sante: de la voiture, attache son cheval :et rejoint le: petit groupe quis'en va lentement.

Ala vue d'Asselin, tous les gens s'arrêtent curieux et se retournent pour voir lé résultat dé éon entrevue avec ses pupilles. Plusieurs paraissent étonnés dé cette démarche de sa part. D’autres, sachant qu'il était. plus mé-

chant que sot, affirment qu'ils s’attendaient à le voir arrivéex ainsi. Les uns penseñt qu'il dissimule ; les autres reconnaissent qu'il ne peut pas agir autrement, sans S'exposer au blôme et au mépris de toutes les honnêétés gens. |

Eusèbe salue le curé d’abord, ensuite l’étranger, puis ses pupilles.

Eh bien !: mon Eusèbe, lui dit le prêtre, le bon: Dieu te rend les orphelins qu'il t’avait confiés déjà ; cette fois; il faut que tu les gardes avec soin.

r du curé ,

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