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fantastique. Il s’aperçut que le lit du ruisseau avait été creusé depuis peu sur un esp" e de quelques pied : Est-ce là, pensa-t-il, ce qu’elle appelle la tombe?
11 descendit. La largeur et la longeur de ce trou le faisaient, en effet, ressembler à la fosse que l’on creuse dans le cimetière. L'orphelin se perdit en conjectures. Il ne put deviner l'objet de ce travail nouveau. Ses rèves gracieux s'étaient envoléscomme un essaim timide. Un sentiment de tristesse douce et vague s’emparait de ses esprits. L'écroulement de la cave où il aurait pu trouver la mort, les paroles extravagante de la fille infortunée, le silence des bois, l’aspect de cette fosse béante, tout le portait à la mélancolie, et jetait le trouble dans son âme. Pourtant il ne savait pas à quel danger terrible il venait d'échapper en se jetant à genoux. Il revint à la maison de son tuteur.
Plusieurs voisins, pour se reposer des fatigues de la journée, fumaient leur pipe avec Asselin tout en jasant de mille choses. Le pèlerin, raconta qu'il venait de faire un tour sur le haut de la terre. Madame Eusèbe tressaillit, mais personne ne s'en aperçut. Il dit qu'il avait vu la folle, et répéta ses étranges phrases ; que
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d'y entrer en passant. Madame Asselin ne put réprimer uu cri. Le pèlerin pensa que sa tante s'apitoyait sur le danger qu'il avait couru.
—Ne craignez rien, ma tante, lui dit-il en souriant, vous voyez que je suis sain et sauf.
Eusèbe, prenant la paro!e, avoua que cela ne le surprenait nullement, vu que la charpente de cette cave était toute pourrie,et que le poteau qui la soutenait au milieu, pliait depuis longtemps sous le poids de la terre. Joseph regarda sa tante avec étonnement. Elle était blanche comme la chaux des cloisons, Un amer soupçon traversa son esprit; il le chassa comme une mauvaise pensée. Après un moment il demanda à son oncle pourquoi l'on avait creusé, dans le lit du ruisseau, un trou de Ja forme et de la grandeur d’une fosse.
— Je ne sais pas ce que tu veux dire, répondit l'oncle surpris.
—(C'est sans doute la tombe du ruissean dont parle toujours la folle, reprit le pèlerin.
—La:tombe dn ruisseau ?:répétèrent les fur moeurs en;;:soufflint uns. bouffée . d'odorante famée, il.faudra,voircela,,.….
Saint Pierre, l'œil fixé sur: sa. vhs tout entier à la; vengeance et plein de la pensée du meurtre ; le maître d'école, accroupi sous: la voûte humide et basse, tremblant comme un poltron, et. s’effrayant des snites de, ce crime épouvantable qu'il a préparé de gaieté de cœur, n'ont vu, ni l’un, ni l’autre, la toiture de la cave se coùrber lentement comme une vague que le vent creuse. Un instañt l’affaissement s'arrête: lés étais paraissent résister, et la vèere Un de Dieu est suspendue. Mais l'explosion
de la pondre dans l'arme meurtrière, le choc imprimé à la masse hésitante par le déplacement violent de l’air, font ployer, comme des genoux d'ésclave, les supports cos : ét’ la voûte de'terté reprend, en grohduñt, sa chûte lente mais/ terrible, implacable comme la fatalité. Lés deux brigands poussént une clameur qui retombe sur eux, comme le sang du Christ retomiba,sur les:juifs maudits : 118: s'élancent vers la trappe fermée, au-dessus de leurs têtes. La trappe ne s'ouvre points! Iislèvent) par instinct; deurs bras meurtriers: vers de:toit:qui
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LE PÈLRRIN DE SAÏNTE ANNE, 291
s'incline, comme pour lé reténir et se préserver de son poids énorme. Le toit pesant n'est pas
. ralenti par leurs éfforts déséspérés, mais il
s'abaisse- ‘toujours, lentement, lénitement, et les pièces se cassent et se broient ‘les unes contre. las autres,
=Malédiction ! vocifère le chef des voleurs ! Seigner mon Dieu, décris le maître d'école, ayez pitié” de moi!
Prière sans amour, cri de penr. d'une âme coupable, toujours inutiles, jamais entendus de celui qui sonde les cœurs et les reins !.. ‘
. La masse pèse sur la tète des asmawins, et ils se courbent, malgré eux, comme les roseaux
que l'ouragan couche sur le rivage. La chute
s'accélère. Une sueur froide coule sur leurs corps repliés. Le maître d'école, désespéré, se laisse tombér au fond de la cave, le long des pièces ébranlées. Le chéf lutte encore et jette à Dieu qui le damne un blasphème épouvantäble, Il tombe, ou plutôt ‘se fait écraser par la masse alourdie qui descend toujours. Le maître d'école pousse un cri affreux. Un morceau ‘de'bois vient de lui hbroyer le pied. |
Le chef, ramassé sur, lui-même, les bras tordus, sent sur ses épaules un fardeau insupportable. Il croit, que cédant à ce fardeau, il va tomber plus bas et s’enfoncer davantage : mais il ne bouge plus.
Le poids est de plus en plus lourd sur sa tête et sur ses reins. Il essaie de se, soulever et ne peut faire un mouvement. Une fatigue inexprimable se glisse dans tous ses membres, et la douleur lui fait: sentir ses aiguillons perçants.
—Ce n'est pas possible que je meure ici, pense-t-il...On va venir...On va m'ôter toute cette terre de dessus le dos... Etre enseveli vivant, oh! ce serait affreux !......Comme on souffre dans la terre !.. :Malédiction ! has
Et, ramassant tontes ses forces, il veut encore essayer de secouer le poids qui l’accable; le sable lourd, entassé sur la vieille cave, reste, immobile. | |
—Si j'avais un peu d'air ! pense-t-il,
Et sa poitrine râle serrée comme dans les mâchoires. d'un étau, entre le sol qui forme le plancher et celui qui forme le toit. La tête lui bourdonne comme si l’on battait le
es bras 1 insupau, il va >; mais
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tambour à ses oreilles. Le sang lui sort des yeux.
—Est-ce que je brûle ? se dit-il.
! Seuls ses doigts crispés peuvent mordre la terre qui les enveloppe. Le sommeil le
gagne.
—1Il ne faut pas que je m'endorme, je pourrais mourir! ne plus me réveiller !...…
Ses dents saisissent un morceau de terre et : le broient de rage. Le poids qui l'écrase lui semble de plus en plus pesant.
—C'est le pèlerin qui monte et piétine sur moi.....pense-t-il encore.
C’est la justice de Dieu qui l'atteint; c'est le poids de la colère du Seigneur qui pèse sur sa tête. Quelques grains de sable glissent le long de ses joues. Il croit que ce sont les vers de la tombe qui commencent leur travail, et une angoisse indicible le fait frémir dans son linceul épais. Un-engourdissement extraordinaire paralyse ses membres, et il simagine n'avoir plus de pieds, plus de mains, plus de corps. Il s’imagine qu'il n'est plus qu'une tête horrible
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séparée, par un' accident mortel, dé soft tronc sanglant.
—$i j'avais une main, pense-t:il,je pourrais reculer cette masse qui m'éerase.…..Si j'avais un piod,.…...Je me sauverais.!..…..Je ro.
je rêve .…...je m'effraie de rien !...….
Et il essaie de rire, Et sa, bonche se contracte horriblement ! Et ses dents gripcent une dernière fois.
Je vais dormir, pense-t-il encore, et quand je m'évéillerai je serai mieux !....…
Il s'endormit * en effet; mais quand il s'évéilla ilétait devant Diéu ! |