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maitrr; 1e voix La voix
maître
de rose à dire.
odomir
—Ce n'est pas vrai! réplique hardiment Ferron. Il est venu se jeter sur moi, il s’est barré les jambes, vlan ! ..…. Et le menteur fait avec ses mains le geste qui signifie la culbute. Les écoliers rient tout haut. Ferron continue : Demandez-leur, (il montre ses camarades) demandez-leur si ce n’est pas vrai.
Le maître avait trop grande envie de battre Joseph pour donter un moment.
—Tend la main ! commande:t:il à l’orphelin.
Joseph ouvre une main tremblante, ses yeux se lèvent suppliants vers son bourreau, et de grosses larmes roulent sur ses joues pâles. Le premier coup tombe comme un charbon ardent sur les doigts de la pauvre victime.
—L'autre main! dit le maître.
—Ce n'est pas ma fautc ! crie l'enfant, ce n’est pas ma faute !
—kRaiïisonneur! tu recevras deux coups de plus!
Et la règle de bois franc s’abst avec un
bruit sec sur les mains rouges et enflées du pauvre enfant,
La tête cachée dans son livre ouvert, une
Re 2
petite fille pleurait. C’était la meilleure et la plus mignonne des écolières. Un petit garçon, le plus effronté de tous, regardait ses camarades d’un air triomphant,.
Chaque classe vient à son tour se mettre en rang, debout, pour lire. Dans la première il n'y a que deux écoliers. Ces deux-là lisent dans le Télémaque. 1ls se passent et repassent tour à tour, pour un mot mal prononcé, pour une s ou un { mal liés au mot suivant. Une autre catégorie d’écoliers défile. La neuvaine est son champ d’exploits. Ensuite viennent les commençants, ceux qui n'ont pas encore dépassé les limites de l’A-b-c, qui défrichent avec peine la Bi, bo, bu, et les plus savants qui lisent dans les lettres fines. Joseph est parmi ces derniers. Le maître lui ordonne de se lever et de prendre sa place. Il a les yeux tellement mouillés, il est si craintif qu'il ne voit rien. Son livre lui paraît tout embrouillé, et les lettres dansent sur les pages humides de larmes, comme l'ombre des feuilles tremblantes sur un sable ensoleillé. Un voisin lui dit la
page et, du doigt, lui montre le paragraphe. !
Soins inutiles ! Le malheureux orphelin bégaie quelques mots qui ne sont pas dans son livre,
e et la arçon, cama-
tre en nière il À lisent passent é, pour k, Une euvaine jiennent s encore frichent ants qui t parmi e de se es yeux qu'il ne ouillé,et hides de blantes ni dit la
graphe. !
bégaie on livre,
provoque le rire de ses compagnons et la colère du maitre qui lui tire rudement l'oreille, et le conduit à la queue de la classe, comme on traine à la porte un chien désobéissant.
Les écoliers récitent ensuite, par cœur, quelques phrases du petit catéchisme, sans avoir l'air d'en comprendre un mot, On apprenait alors, hélas! il nous faut bien l'avouer, à la façon des perroquets ; on apprenait la lettre du livre sans s'occuper d'en comprendre le sens. Le raisonnement et l'exercice du jugement étaient inconnus. Aussi que d’ignorance et de pauvreté d'idée chez les grands élèves qui laissaient, pour cause d'âge, les bancs de l’école, Les maîtres étaient bien les plus blâmables, après les commissaires d’école qui trop souvent, ne savaient pas lire, et n'avaient pas assez de délicatesse ou d’humilité pour décliner une charge qui ne peut être bien remplie que par des gens instruits et intelligents. Plus digne de blâme encore le peuple aveugle qui choisissait l'ignorance pour surveiller la science et noter ses progrès ! Plus encore, la loi qui permettait au peuple jaloux une pareille
aberration !
L'école finie, les écoliers se jettent à genoux
avec un bruit assourdissant : le maître récite le “ Sub tuum comme il aurait dit ” Allez vous promener ! et la salle se vide en un clin d'wil.
Le petit Joseph ne se hâtait pas d'arriver à là maison. 1l savait qu'un nouveau châtiment l'y attendait. Hélas! être puni une fois pour une faute, c'est déjà bien pénible. Etre puni deux fois, c’est injuste, Mais être puni deux fois pour une faute que l’on n’a pas commise, c'est révoltant. Joseph ne se révolta pas encore. Son tuteur, sombre et bourru, parceque la pluie de la veille l’avait empêché de serrer du foin, le repoussa d’une main rade loïn de la
table où fumait, dans une large terrine, la soupe au lard.
—Tute passeras de diner pour t’'apprendre à être plus propre, lui dit-il de sa voix menacante.
L'orphelin sort. Ilva se coucher dans le foin, au bord de la prairie, et s'endort en pleurant. Alors il fait un songe et goûte un instant de bonheur. Il rêve qÜ\’il revient de l’école coquettement revêtu d’un gilet neuf et chaussé de souliers luisants Il a su ses leçons et gagné la première place. Le maître l’a gra-
récite | VOUS d'æil.
iver à iment s pour e puni i deux nmise, )as énrceque serrer n de la ine, la
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tifié d'une image au bord en dentelle, en lui
‘disant Tu regarderas cette image et tu liras
la pet, s”rière qui est au revers, avant de te mettre au lit, ce soir. En entrant au foyer il voit son père souriant lui tendre les bras et l'embrasser. Une femme dont la démarche et le port sont bien de sa mère, mais qu'un long voile noir recouvre de ses plis de deuil, étend une nappe de toile blanche sur la table, et sert daus un plat de faïence aux fleurs bleues, une soupe exquise. Ensuite elle apporte, sur une assiette, nn morceau de lard bien cuit, flanquée depon sde terre dorées ; puis des pâtés, puis des conu.ures aux prunes. La femme voilée prend l'enfant par la main, le conduit à la table et lui fait une large part de tous ces mets succulents. Le malheureux orphelin marge avec un appétit que rien ne peut apaiser. Toujours 1l mange et toujours il a faim. Le père sourit en le voyant faire un si bon diner, L'enfant raconte ses succès à l’école, sans perdre une bouchée à la table. Il prend le livre où se trouve son image en dentelle, l’ouvre, enlève l’image avec transport, et la montre à son père, la regardant luimême d’un œil avide. Il lit au bas le nom de
Ve.
ni
eg
te F:
CET er
la sainte, car c’est une image de sainte, [1 lit: Sainte Julie. La figure de la sainte est voilée comme celle de la femme qui sert la table.
Il en éprouve du chagrin. Mais le voile se lève peu à peu de lui-même, et l’orphelin reconnaît sa mère. Alors il embrasse l’image précieuse, Le père ne sourit plus, il pleure. L'enfant retourne l'image pour voir la prière. Il épelle: Ave, Maria, gratia plena ; Dominus lecum..... Alors une angoisse amère lui serre le cœur; il pousse un cri et s’éveille. Le rêve suare s'envole, la triste réalité accable le petit martyr.
Joseph se leva de son lit de foin et se mit à marcher au bazard dans ia prairie, Il se sou-
vint de la promesse qu'il avait faite à sa mère ; mourante, et, tombant à genoux auprès de la d
clôture en cèdre, il récita dévotement l’Ave,
Maria.
di
de le ur PREMIER ET DERNIER BAN. n' Il ÿ eut bien des sourires et des chuchotte- ments dans l’église, le jour des Rois de l'an ét:
lit :
ilée ble.
se | reage ure.
ière.
nus serre
Le ‘able
it à souère e la Ave,
1838, quand on entendit publier, premier et dernier ban, Eusèbe Asselin et Caroline Racette, la sœur du maître d'école. Après la messe ce fut, parmi les jeunes gens sur le coteau, un feu roulant de quolibets et de mots drôles à l'adresse des promis; ce fut un éclat de malice parmi les femmes assises autour du poêle, dans la maison publique.
—C'est elle qui va faire une femme d’habitant ! disait Catiche Blais. Elle n’a jamais mis le pied dans une étable pour traire une vache.
— Elle n’est seulement pas capable de couper une gerbe d'avoine! reprenait la Lique.
— Je vous demande où il a eu les yeux ?
observait une autre, Une autre répondait:
Après tout, elle le vaut bien: il n’est pas si drôle.
— Ah! tu dis cela parcequ’il n'a pas voulu de ta nièce,
— Quand mème il l'aurait demandée, il ne l'aurait pas eue. Elle n’est pas pour prendre un marabout comme ça. La mère des garçons n'est.pas morte !
- —Mais la langue la plus méchante de toutes, était celle de demoiselle Josepte Racourci, la
ta ee
fille aigre, maigre et surannéé qui avait passé les plus beaux jours de sa vie au service de lingrat Asselin. Josepte n'avait pu supporter le coup, et s'était éloignée de la maison de son maître en.apprenant son mariage.
— Vous-vous mariez ? lui dit-elle; vous faites cette folie? Je ne peux pas le croire. Ne trouvez-vous pas que je tiens votre ménage assez bien ? Ne suis-je pas assez travaillante ? assez économé ? Est-ce que je ne sais pas couper à la faucille et faire le beurre mieux que personne ? Est-ce que ........
— Oui, tout ce que vous me dites est vrai, répondit Eusèbe, et je ne vous renvoie point de mon service. Restez avec moi ; restez avec nous, Vous avez votre place.
—Avec vous, oui! avec elle ?....par exemple ! ….. Je ne suis pas accoutumée à servir les dames, ni à....dorloter les enfants!
Elle avait tie atitré expression sut les lèvres. Elle fit son paquet et s’en alla, vers le soir, cacher son dépit chez une de ses cotisinés, au Portage. (Ce fut Joseph qui la conduisit aÿec son coffré plein de linge, dans la petite har-
rette aux ressorts de frêne,
passé ce de Jorter le son
faites . Ne énage lante ?
1S pas mieux
st vral, à point z avec
mple !
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Lorsque Eusèbe Asselin se maria, il y avait environ huit mois qu'il était tuteur des enfants de son beau-frère. Il fit produire abondamment la terre de ses pupilles, empocha passablement d'argent et maltraita les innocentes victimes que le sort avait jetées entre ses mains.
Cependant la petite Marie-Louise était jolie malgré sa pâleur et son air souffreteux. Joseph commençait à s'endurcir à la douleur et à chercher, par de petites malices, à se venger de son oncle.
[I fit sa première communion. Il n’en fut ni meilleur, ni plus mauvais. Eusèbe eut une progéniture. Sa haine des enfants de son beau-frère augmenta en proportion de l’amour qu'il avait pour les siens. Madame Eusèba surtout, se montrait implacable. Les femmes sont plus ingénieuses que nous à faire le mal comme à faire le bien. Elle aimait sa race, lèchait et caressait ses petits, comme une tigresse, en montrant les dents aux autres.
Jamais un baiser, jamais une douce parole pour l'orpheline! L'orpheline! elle couche comme son petit frère sur la paille froide, dans une chambre sans feu, recouverte d’un seul drap de toile, en plein cœur d'hiver, pendant que
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