‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 3)Chapitre 39 sur 69 · L: vous ? un maudit · texte numérisé non relu

L: vous ? un maudit

LE —Eh bien ! le diable vous emportera voilà

LH: tout.

LE Le vieillard se dresse soudain et fixe sur

î Racette un regard effrayant. On dirait qué des

LH 4 flammes pétillent au fond de ses orbites

L creuses. Ses cheveux se hérissent sur sa

ï tète, et ses dents claquent dans sa bouche :

M 1 je suis un maudit, te dis-je... un maudit !......

C’est mon père qui m'a maudit, et moi j'ai

maudit mes enfants. Î

—Racette est épouvanté ; le charlatan sou. ;

à rit.....Le vieillard continue : J’aimais le plaisir Île dans ma jeunesse ; j'allais aux veillées: je le | dansais avec les jeunes filles ; je pressais le se à mains blanches avec volupté ; je m’enivrai e A brûülants désirs. Le curé prêchaïit contre les à:

réunions de jeunes gens, contre les jeux et la

le chef.

je n'ai pouvez

ntendezera voilà

fixe sur it qué des s orbites at sur Sa bouche :

dit !.....… moi jai

atan soule plaisir lées; 1° sais le

nivrai ontre les eux et la

ie

danse. Je me moquais du curé ; je me moquais des jeunes gens qui écoutaient ses conseilss Je savais bien que je faisais du mal chaque fois que je dansais ; je savais bien que d'autres n’en faisaient point. Il y en a qui ne voient rien au delà du délassement et de la gaité, dans les veillées ; rien qu'une distraction de l'esprit, «dans les jeux; et rien qu'un exercice bienfaisant dans les danses : ils sont naïfs ceux-là, ou ils sont bien sots. Moi je me sentais remuer jusqu'au fond des entrailles, et je n’essayais pas de combattre ces émotions délicieuses. Je négligeai mes devoirs religieux; car les plaisirs des sens tteignent les ardeurs pleuses comme l'eau éteint le feu. Jedevins paresseux ; car la volupté n'aime point le travail, et les labeurs fatigants la tuent. Mon père me fit des remontrances. Je l’écoutai d’abord, et ne lui répliquai rien. Mais bientôt, je lui répondis lnroment ; et il en ressentit une grande douleur. J'aimais les chevaux et je les faisais cour r, Les courses, c'était le grand amusement de notre temps. Je négligeais les travaux de la ferme pour les courses. Je fis crever plusieurs excellents chevaux. Mon père me menaça de la porte si je continuais. Je le

menaçai du feu. Il n’acheta plus que des rosses : je fis crever les rosses plus vite que les bonnes bêtes. J'aimais une jeune fille: elle s'appelait... Arrêtez ! tord-flêche ! j'ai oublié son nom:..... Félonise, je crois,..…....oui ! Félonise Morin. Ses parents ne voulurent pas me la donner; je l’enlevai. Nous allâmes aux d Etats-Unis. Un ministre protestant nous unit É pour la vie. Le lendemain, ou le surlende- | main, je ne sais pas au juste, le lien de lhymen était rompu. Ça ne tient pas plus qu'un fil.

| Je revins dans ma famille quelques années | après. Mon père était malade ; le chagrin “ avait abrégé ses jours. Je l’embrasse avec bonheur; je lui demande sa bénédiction et son bien.

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