RESTES
—Ma bénédiction, dit-il, pauvre ehfant, je te la donne de tout mon cœur, et, puisse-t-elle te rendre heureux et bon chrétien. Mon bien, je l'ai donné à ta sœur. ü
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— Alors, repris-je, vous pouvez garder votre bénédiction. Portez-vous bien !
—Arrête, mon fils! murmure mon père d'une voix mourante....…..
J'arrête.
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—J'ai donné à'tes enfants ma ‘térre du troisième rang.
—-A mes enfants? Voilà qui est drôle...
Est-ce que j'ai des enfants, moi? Ma femme est-elle revenue ?
--Läche! dit mon père.
Je sens le rouge me monter à la figure.
—Misérable ! continue-t-il, abandonner ainsi une jeune femme, seule et sans soutien, dans un pays étranger |...
—Je ne suis pas venu pour écouter vos sermons | m'écriai-je; des sermons, il y a longtemps que je n’en prends plus.
—Tu m’entendras, car c’est pour la dernière fois. Vois et songe à ta vie! Tu as négligé tes devoirs de chrétien dès ta jeunesse; tu n'as écouté ni mes conseils, ni les lecons de ton confesseur !
— Vous m'ennuyez !
—AÀs-tu été heureux dans le crime ? poursuit mon père,
—C'est mon affaire !
—-Songe que tu mourras un jour.
—Mourez donc de suite, vous, et laissezmoi tranquille !....,
Mon père, saisi d'horreur et de colère, se dresse sur son lit......Ses yeux sont ardents..…… son visage, terrible à voir : Je te maudis ! s’écrie-t-il......et il tombe épuisé sur sa couche mortelle,
1 Je sors: la tête me bourdonne. A deux ï pas de la maison, je rencontre ma mère qui pleure et conduit, par la main, deux jeunes enfants, un petit garçon et une petite fille :
Pierre, Enoch, dit-elle, tes enfants !......tes jumeaux ! ï
li —Mes enfants ?......je leur transmets la ma- | 4 lédiction que je viens de recevoir. Salut !.
Je m'éloigne de ma paroisse pour n'y ren- À trer plus jamais. Il serait trop long de vous | raconter ce soir le reste de ma vie. Je vous confierai cela une autre fois.
Racette n'était pas gai du tout, et, la tête basse, il réfléchissait.
— Allons ! dit le docteur, avez-vous des remords ?
Des remords ? ma conscience est blanche comme la neige,
—- Canaille, va, tu iras loin!
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.tes jus la maut !.
n'y ren-
Les trois compagnons À M leurs verres et burent à la santé du dernier venu.
—Il y a une santé qu'il ne faut pas oublier, observa le vieux, c’est la santé des absents.
—Oui, poursuit le charlatan, la santé de Charlot et de Robert,
-Où sont-ils ceux-là ? demanda le maître d'école.
—Ils sont allés au CapRouge.
Pourquoi ?
Pour voler du bois carré.
Cela doit être difficile ?
——Pas beaucoup pour des hommes qui ont
la vocation. Au reste ils sont habiles et rusés. Vous allez les voir arriver bientôt avec un radeau superbe derrière leur canot.
Je parie que c’est ce canot que nous avons rencontré vis-à-vis l’Anses-des-Mères.
— Deux hommes ?
—Deux hommes !
— Deux chapeaux de paille ?
— Deux chapeaux de paille !
— C’est cela.
+— ls dent 6 bien ; ils sont passés à deux pas de notre bateau.
Les trois vauriens parlaient ainsi quand le muet vint frapper à la porte de l'auberge, et leur causer cette alarme dont ils s'amusèrent plus tard.